l'hit! , p. 7a/j
[\. Au moment du concile, Odo Russel, secrétaire de légation à la cour de Naples, avait été envoyé à Rome pour y remplir une mission temporaire auprès du S atican. 11 y était resté après le concile, et avait été remplacé plus tard par un autr« diplomate. C'est cette situation de fait que le Parlement régularisa en 1873.
5 iZHK^Tf^Ei^, Annales ecclésiastiques ^ p. 767-771.
GtS
mSTOTRr (Î^NéRAT.E DE i/i6r,LrsE
Pie IX fait publiquement
des vœux
pour le retour
de
l'Angleterre
au catholicisme.
Il rétablit
la hiérarchie
catholique
en Ecosse
(a8 janvier
Mort dePielX.
iioisme, en seplembie 1674, du marquis de Ripon, l'un des membres les plus écoutés du Parlement anglais, eut une grande influence sur le mouvement catholique en Angleterre * . Pie IX se réjouissait grandement de ces progrès. « Je respecte ce peuple anglais, disaitil, en janvier 1872, au prince de Galles, parce qu'il est plus réellement religieux dans le cœur et dans la conduite que beaucoup qui se disent catholiques. Lorsque, quelque jour, il reviendra au bercail^ avec quelle joie nous souhaiterons la bienvenue à ce troupeau, qui est égaré, mais non perdu * I » Pie IX avait inauguré son pontificat en rétablissant la hiérarchie catholique en Angleterre ; il voulut, en l'année 1878, qui fut la dernière de son règne, rendre les mêmes honneurs au royaume d'Ecosse. Il signa, le 28 janvier, un décret de la Congrégation de la Propagande, rétablissant les deux anciens archevêchés de Glasgow et d'Edimbourg et les quatre évêchés d'Aberdeen, de Dunkeld, de Galloway et d'Argyll. Mais la mort empêcha Pie IX de consacrer et de proclamer ces créations. Cette tâche était réservée à son successeur, Léon Xïll, qui s'en acquitta le 28 mars suivant 3.
Pie IX avait quitté ce monde le 7 février. Très affaibli par l'âge, il avait encore tenu un consistoire le 28 décembre ; puis il s'était alité. Depuis, la maladie n'avait fait qu'empirer. Ses dernières paroles furent celles-ci : « In domiun Domini ibimiis : Nous irons dans la maison du Seigneur ». Il était entré dans sa quatre-vingt-sixième année, et avait occupé la chaire de saint Pierre trente et un ans. Successeur du prince des apôtres, il avait « dépassé les années de Pierre », et son pontificat n'avait pas été seulement le plus long do l'histoire ; par les grands événements qui l'avaieikt rempli, il en avait été l'un des plus mémorables.
I, Ghaîjtrel, Annales ecclésiastiques, p. ao5. a. Ibid.y p. 608.
3, Ibid.^ p. 715.
CIIVPÏTRE XV
LES U^bVHi^S ET LES MISSIO?CS CATHOLIQUES SOUS LE PONTIFICAT DE PIE IX,
de charité
et de zèle sou«
le pontificat
de Pie IX.
En racontant, dans leur ordre chronoloi<ique, les principaux évé- ^**® générale
,. . . SOT les œuvres
nements religieux qui se sont accomplis sous le pontificat de Pie IX, de piété,
nous avons été amenés à parler plus d'une fois des œuvres que l'ao-
tivitc du clergé et des fidèles suscita pendant cette période. Il nous
reste à donner une vue d'ensemble de ces œuvres. La charité, la
piété et le zèle furent des traits dominants dans la physionomie de ce
pape, qui inaugura son règne par tant d'institutions de bieiifaisance,
qui travailla avec tant d'ardeur à promouvoir la dévotion à la Vierge
Immaculée, qui se préoccupa avec tant de vigilance de la diffusion
et de la pureté de la foi catholique. Terminer l'histoire de son long
pontificat par le tableau des œuvres de piété, de charité et de zèle
apostolique qui fleurirent dans l'Eglise, de i8/i6 à 1878, c'est donner
à ce pontificat comme son couronnement naturel, sa radieuse
auréoL.
La plupart des œuvres de pit'té que le pontificat de Pie IX vit éclore, peuvent se ranger autour de trois grandes dévotions : la dévotion au Saint-Sacrement, la dévotion au Sacré-Cœur et la dévotion à la Sainte Vierge.
De 18^5 à 1878, un religieux caime d'ori-;ine allemande, le P. Hermann, un prêtre français, le P. Eymard, deux prélats, Mgr de la Bouillerie et Mgr de Ségur, deux oratoriens anglais, le P. Faber et le P. Dalgairns, une jeune postulante du Garmel, ïhcodetinde Dubouché, sont les ouvriers providentiels d'une rénovation du culte du Saint-Sacrement. « Un jeune juif de Hambourg, âgé de
Œuvre»
de piété.
La dévotion au Saint- Sacrement.
HTSTOIRF. GÉNÉRALE DE l'ÉGLISE
Le
P. Hermann
Cohen.
Le P. Eymard.
M^r de Ségur
et Mgr de la
Bouillerie.
Théodelinde Dubouché
Mère Marie- Thérèse).
26 ans, Hermann Cohen, merveilleux artiste, après avoir parcouru l'Europe par un chemin de gloire, de liberté et de volupté, entre, un jour, à Paris, dans une église. « Le prêtre était à l'autel, racontet-il lui-même. Il élevait dans ses mains une forme blanche. Je regarde. J'entends une voix qui me semble sortir de l'Hostie: Ego sum via, veritas et vita I » Le voilà terrassé, converti, livré à Jésus- Hostie pour sa vie lout entière. Le juif se fait catholique, le catholique se fait carme ; le carme va faire retentir les plus grandes chaires de l'Europe de ses cris d'enthousiasme pour le Ghrist-Eucharislie; l'artiste chante les mélodies mystiques les plus pénétrantes, les plus embrasées qu'aient entendues notre âge ; et, en iS-Ji, il se fait, lui aussi, victime pour ses frères : il expire à Spandau, en Prusse, au service des prisonniers français *. » Vers i84o, un religieux mariste, le P. Eymard, se sent appelé de Dieu à faire honorer Notre- Scigneur dans le plus grand de ses mystères. Ses supérieurs le comprennent. Pie IX l'encourage. En i856, il fonde à Paris, dans une pauvre maison de la rue d'Enfer, la Société des Prêtres du Saint- Sacrement. Deux ans plus tard, il institue la congrégation des Servantes du Saint-Sacrement. Bientôt des milliers de prctres-adorateurs se grouperont autour des religieux fondés par le P. Eymard, et propageront dans le monde entier la dévotion à l'Eucharistie 2. En même temps, Mgr Gaston de Ségur, par son apostolat auprès des jeunes gens, par ses brochures alertes et vivantes ^, Mgr de la Bouillerie, p«r ses discours ardents, par ses touchantes poésies, les Pères Faber et Dalgairns, par leurs œuvres dogmatiques et mystiques, orientent les âmes vers le tabernacle. Sous l'influence de leurs écrits, de leurs paroles et de leurs œuvres, la pratique de la communion fréquente se généralise ; tandis que celle de l'adoration perpétuelle, sous l'knpulsion de l'épiscopat, s'établit dans la plupart des églises et des chapelles. Vers 1878, à la mort de Pie IX, dans un grand nombre de diocèses, le Saint-Sacrement, solennellement exposé, est adoré tour à tour, dans le cours de l'année, par chacune des paroisses ou communautés En i848, durant les-journées de juin, au bruit du canon de l'émeute sanglante, Théodelinde Dubouché a l'inspiration
1. Baunard, Utl siècle de V Eglise de France^ un vol. in-S"*, Paris, 3e édition, 190a, p 312. Voir abbé Ch. Stlvao, Vie du P. Hermann, un vol. in 8», Paris,
2. Beatif. et canon, servi Dei Pelri Juliani Eymard, un vol. in-4*', Rome, 1899.
3. M. DB Ségur, Mgr de Ségur, Souvenirs et récits d^an frère, un vol. in 8», Paris, i89'>.
d'une œuvre, puis d'une congrégaliou religieuse, qui unira dans son double bul l'adoration du Saint-Sacrement au culte du Sacré-Cœur. L'institut des religieuses de l'Adoration réparatrice, fondé par elle, a, en efl'el, pour mission de réparer les outrages faits au Cœ*ur sacré de Jésus, par une adoration ininterrompue, de jour et de nuit, du Très- Saint-Sacrcment exposé sur l'autel *.
En i856. Pie IX avait inséré au calendrier liturgique la fête du Sacré-Cœur. En i864, un décret de béatiûcation plaça sur les autels l'humble religieuse visitandine de Paray-le-Monial, Marguerite-Marie Alacoque, à qui le Sauveur avait demandé l'institution d un culte envers le symbole divin de son amour. La dévotion des fidèles répondit à cet acte du Saint-Siège par la consécration du mois de juin au Sacré-Cœur et par la pieuse coutume de la communion du premier vendredi du mois en son honneur. Des paroisses, des diocèses se consacrent au Cœur de Jésus. Les événements de 1870 favorisent ce mouvement, tin étendard sur lequel les religieuses de Paray-le-Monial ont brodé le divin emblème, est porté sur les champs de bataille par les zouaves pontificaux, organisés en cor[)s de troupe, sous le nom de Volontaires de l'Ouest. Le 29 juin 1878, cinquante députés français se rendent eu pèlerinage àParay,et « déclarent, dans la mesure qui leur appartient, consacrer la France au Sacré-Cœur » -. Au mois d'avril 1876, le P. Ramière, directeur de u l'Apostolat de la prière», présente au pape une pétition souscrite par 525 évéques, suppliant le Saint-Père de vouloir bien consacrer au Cœur de Jésus la Ville éternelle et le monde, Urbem et orbem. Le pontife ne croit pas que le moment soit venu de faire cette consécration solennelle, mais il donne quelque satisfaction à ce pieux désir, eu chargeant la Congrégation des Rites de proposer aux évéques du monde entier une formule de consécration. Le 16 juin 1875, second centenaire de l'apparition de iNotre-Seigneur à Paray, cette formule est adopléepar un grand nombre de diocèses, de paroisses et de comujunaulés. La consécration officielle de toutes les nations du globe au Sacré Cœur ne sera faite qu'à la fin du xix'^ siècle, par le pape Léon XIII, à la suite d'une révélation du Sauveur à une sainte religieuse du Bon
La dévotion
au Sacré-Cœur,
Conséciation
du
mois de juin
à cette
dévotion.
La bannière
du Sacré Cœur à la bataille de Loignj.
1. Abbé d'Hulst, Vie de la Mère Marie -Thérèse (ïhéodelinde Dubouché), un vol. iu 12, Paris, 1882,
2. Lêcanuet, l'Eglise de France sous la troisième République^ t. I, p. 206-207. — Nous avons parlé plus haut, p. 5(j2, de l'crçcliou de la basilique du Sacré-Cœur à Monlniarlrc.
La dévotion
à la
Sainte-Vierge.
L'apparition
de la Salette
(19 septembre
L'apparition
de Lourdes
(février-mars
Pasteur, Sœur Marie du Diviu Cœur, née Oroste zu Vischering *.
Parallèlement à la dévotion au Cœur de Jésus, la dévotion à la ""Vierge Marie se développe dans des proportions merveilleuses. Trois apparitions de la Mère de Dieu, à la Salette, à Lourdes et à Pontmain, stimulent cette dévotion.
En l'année même de l'élection de Pie IX, le 19 septembre 18/16, deux enfants, Maximin Giraud, âgé de onze ans, et Mélanie Mathieu- Calvat, âgée de quatorze ans, voient, dans les montagnes de la Salette, près de Grenoble, une Dame rayonnante de clarté : c'est la Vierge elle-même, qui leur parle^ en pleurant, des péchés de son peuple, du blasphème, de la violation du dimanche, de l'oubli des saintes lois de l'Eglise, et qui leur recommande la prière 2. A partir de ce moment, des pèlerinages s'organisent au lieu de l'apparition, et la plupart des pèlerins en reviennent pénétrés de l'esprit de pénitence. Plusieurs y puisent cet esprit de victime qui associe intimement les âmes au sacrifice du Sauveur ^. La définition de l'Immaculée Conception en i854 donne un nouvel élan à la dévotion à Marie. Trois ans environ plus tard, dans une petite ville des Pyré^ nées, à Lourdes, au pied des roches Massabielle, la Sainte Vierge apparaît de nouveau à une enfant du peuple, BernadeHe Soubirous, et lui recommande de nouveau la pénitence. Mais son regard est si doux, son sourire est si bon, que l'humble enfant en est ravie et réconfortée. « Je suis, dit-elle, l'Immaculée Conception. » C'est la réponse du ciel à la définition de la terre *. Avec une nouvelle ardeur, les foules se précipitent à Lourdes. Le 4 mars i858, plus de vingt mille personnes se pressent au pied des roches Massabielle. Le 4 avril 1864, on y compte soixante mille pèlerins ; en juillet 1876, à l'occasion du couronnement de la Madone, plus de cent mille. Bientôt le nombre de pèlerins ou visiteurs venus à Lourdes au courant d'une année se chiffrera par plus d'un million. Jamais, au cours des siècles, la dévotion n'a mis en marche, vers un sanctuaire, plus d'hommes de toutes nations. On y vient, de toutes les parties du
1. Voir GuA.sLB, Sœur Marie du Divin Cœur^ un vol. in-S», Paris, igoS. Cf. NiLLES, De rationibus festorum SS. Cordis Jesu^ 2 vol. in S», Innsbruck, i885, et Bainybl, la Dévotion au Sacré-Cœur de Jésus ^ un vol, in-ia, Paris, 1916.
a. Sur l'apparition de la Salette, voir le P. Berthier, Notre-Dame de la Salette, son apparition^ son culte.
3. P. Giraud, de V Union à Noire-Seigneur Jésus-Christ dans sa vie de victime, ua vol. in-ia, Paris, p. 364-397.
4. La définition avait été faite le 8 décembre i854 ; la première apparition eut lieu le 1 1 février i858.
ŒUVRES ET MISSIONS CATHOLIQUE» SOUS LE PONTIFICAT DE l'IE IX
inonde, demander à la Vierge la gucrison du corps et de l'âme K Les miracles s'y multiplient 2. Quelques-uns se produisent autour de la Grotte ; d'autres, plus nombreux, au passage du Saint Sacrement, comme si Dieu voulait clairement indiquer que la dévotion à la Mère de Dieu ne doit pas être séparée de celle qui est due à son divin Fils. Des congrégations nouvelles se fondent sous le vocable de l'Immaculée-Gonception. Des églises sans nombre s'élèvent en l'honneur de la Vierge. Le 12 septembre i86o, l'évcque du Puy, Mgr de Morlhon, inaugure, sur un piédestal incomparable, en mémoire de la définition de la Conception Immaculée de Marie, la statue la plus gigantesque à la fois et la plus gracieuse. Œuvre du sculpteur français Bonnassieux, faite avec le bronze des canons pris à Sébastopol, elle portera le nom de Notre-Dame de France ^.
En 1871, l'apparition de Pontmain, que nous avons racontée plus L'appariii haut, suscite un nouveau centre de pèlerinages, tandis que la vieille ^^ Pontn^ain dévotion au sanctuaire de Notre-Dame de Chartres se réveille dans ^871). es aceui5 français.
on
Les œuvres de char lié.
Comment
De ce mouvement général de piété envers l'Eucharistie, le Cœur de Jésus et la Sainte Vierge, des oeuvres pleines de miséricorde sont nées. Au cours de ses fortes études sur le régime moderne. Hippolyte Taine raconte que M. Etienne, supérieur général des Lazaristes et des Filles de la Charité, après avoir fait visitera des incroyants quelques-unes des œuvres charitables de ses deux instituts, leur ^^^^^ ^^ reliant
8i 11 X ce li V r c 3
disait : « Je vous ai fait connaître le détail de notre vie, mais je ne donîété, vous en ai pas donné le secret. Ce secret, le voici : c'est Jésus- Christ connu, aimé, servi dans l'Eucharistie *. »
Le prêtre qui est, en Italie, le principal promoteur des œuvres d'assistance corporelle et spirituelle, le fondateur de Vlnslitut de la Charité et des Sœurs de la Providence, Antonio Rosmini Serbati, se dislingue entre tous par sa dévotion à l'Eucharistie, au Sacré-Coeur
Les œuvres de charité en Italie.
I. Voir Henri Lassbrrb, Notre- Dume de Lourdes, un vol. in- 12, Paris, a. \'oir G. Bertrin, Histoire critique des événements de Lourdes, un vol. in -80, Paris.
3. DuBosG DE Pesquidoux, l' Inimaculéc-Conçcption, tiiitoirc d'au dogme, a vol, \n-8i>, Paris, 1892, t. II, p, igj, 202.