id., p. i4- A Ibid., p ig-aS
niSTOTRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLTSE
f.ds missions d« Palestine.
L'œuvre
des Religieux
et des
Religieuses
de Notre Dame
de Sion.
Le P. Marie- Alphonse Ratisbonne (i8i4-i884).
la réalisation de ses vœux ne pouvait se produire qu'à longue échéance ; mais les diverses missions organisées, encouragées et soutenues par lui en Palestine, en Syrie, en Chaldée et en Arménie, avaient pour but de hâter le retour de nos frères séparés ; et il semble que ce but ait été atteint dans une large mesure.
Les franciscains avaient en Palestine, depuis leur fondation, une place importante, qu'ils conservèrent, même après Télection d'im patriarche résidant à Jérusalem ^. La France y exerçait d'ailleurs, de temps immémorial, un protectorat religieux, officiellement reconnu par les conventions conclues, de i535 à 1740, sous le nom de u capitulations » ^, protectorat que le traité de Berlin, eu 1878, devait reconnaître et ratifier. De 18^7 à 187^, Mgr Valerga et Mgr Bracco fondèrent de nombreuses œuvres catholiques en Palestine. Aidés par l'œuvre de la Propagation de la foi et par Y Association du Saint- Sépulcre, fondée à Cologne, ils créèrent de nouvelles paroisses, appelèrent en Palestine un grand nombre de congrégations religieuses, et, avec leur concours, fondèrent des écoles, des orphelinats et des hospices. Ces fondations contrebalancèrent autant que possible l'influence des schismatiques russes et des protestants allemands, qui, (disposant de sommes considérables, multipliaient leurs efforts pour consolider et agrandir leurs positions en Terre Sainte.
Une des œuvres les plus intéressantes de Palestine, sous le pontificat de Pie IX, fut celle du R. P. Marie- Alphonse Ratisbonne. Né en i8i4, à Strasbourg, d'une famille israélite, élevé en dehors de toute idée religieuse, adonné à la vie mondaine et aux plaisirs dans sa jeunesse, il avait été subitement converti à Rome, au cours d'un voyage d'agrément, par une apparition miraculeuse de la Vierge Marie, le 20 janvier 1842 ^. Entré dans la Compagnie de Jésus au mois de juin delà même année, il s'était senti attiré par une force croissante vers l'apostolat de ses frères d'Israël et vers l'œuvre que son frère Marie-Théodore, converti au catholicisme quelques années avant lui, avait fondée sous le vocable de Notre-Dame de Sion. En décembre 1862^ il se joignit à son frère, n'ayant pas de désir plus*
1. CivEZZA, Histoire universelle des missions franciscaines, trad. française, 3 vol. in-8°, Paris, 1898, t. III, 2» partie, p. 198 et s.
2. E. Lamt, la France du Levant, un vol. in-S», Paris, 1900. p. 57-62, i64 336.
3. Voir le récit détaillé de ces faits dans la vie de son frère, le R, P. Marie" Théodore Ratisbonne, 2 vol. in-8°, Paris, 1906, t. I, p. 186 246,
ardent que d'aller à Jérusalem, travailler, f« pleurer et souffrir avec Jésus sur le Calvaire pour la rédemption d'Israël ». Au mois d'août i855, il lui fut dorme de mettre le pied sur cette terre sainte où lui était réservé un apostolat de plus de trente années. Il y fut rejoint, l'année suivante, par une petite colonie de Religieuses, appartenant à la Congrégation de Notre-Dame de Sion, que le R. P. Marie-Théodore avait fondée à Paris ^ et qui, dans la pensée des deux frères, devait assumer une double tâche: Tune d'expiation, par une prière incessante, l'autre de régénération, par l'éducation gratuite des enfants de la Palestine. Les fondations du sanctuaire et du grand orphelinat de l'Ecce-IIomo, de la Maison de Saint-Jean dxl Désert et de l'institut Saint-Pierre de Jérusalem, réalisèrent les vœux des deux saints prêtres. D'autres religieux, carmes, trappistes, dominicains, assomptionnistes, établirent aussi des écoles, où les élèves aflluèrent. Ces derniers préludaient à leurs célèbres pèlerinages de Terre Sainte. En 1878, Mgr Lavigerie installa, à son tour, les Pères Blancs au monastère de Sainte- Anne de Jérusalem, misa sa disposition par le gouvernement français ^. La propagande catholique proprement dite restait toujours impossible ; mais, ainsi que le remarque un grave et perspicace historien, la charité, le dévouement des missionnaires et des religieuses amenaient la diminution du fanatisme. « Les Turcs élevés dans les écoles chrétiennes, et qui, de plus en plus nombreux, occupaient les charges de l'armée et de la politique, échappaient aux instincts de la férocité musulmane ^. » Les jeunes filles, formées dans des pensionnats chrétiens, avaient eu une vision : la dignité de la femme, de l'épouse, de la mère leur était apparue. « C'est sur la dégradation de la femme que l'Islam a été fondé... Le jour où la femme, dans la dignité du foyer rétabli, aura transmis sa conscience aux fils élevés par elle, la femme aura vaincu l'Islam *. »
Au-dessus du Jourdain, dans les montagnes du Liban, en Syrie, ce n'était pas seulement la religion de Mahomet, c'était le schisme grec, c'était l'hérésie jacobite, c'était l'étrange et farouche religion
Les Pèrat Blancs.
Les écoles chrétienne»
en Orient.
Leur importance.
Les missions de Syrie.
I. Sur la fondation des Religieuses de Notre-Dame de Sion et des Pères de Sion, ayant pour but de « travailler avec ardeur à ramener le» brebis perdues d'Israël à la véritable Eglise ••, voir Vie du P. Th. Ralisbonne, t. I, p. 817 307, £407 et s., 546 et s.
a. Bauîja.rd, le Cardinal Lavigerie^ t. II, ch. iv,