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circonscription. C'était la fin virtuelle du schisme. Aussi les progrès de révangélisation catholique furent-ils rapides à partir de cette époque. Le nouvel archevêque de Goa, Mgr d'Amoiin-Pessoa, frappa de suspense, en 1862, les schismatiques qui résistaient encore. Mais, à chaque difficulté qui se produisait entre les autorités supérieures d'une part, le clergé et le peuple de l'autre, le schisme, assuré de la protection du gouvernement, renaissait. Le cabinet portugais, inféodé à la franc-maçonnerie, s'opposait à l'envoi de missionnaires religieux, contestait la valeur ou le sens des lettres apostoliques ou des décrets des congrégations romaines. Ces obstacles, s'ajoutant à ceux que faisait naître l'esprit de caste des Indiens, leuis préjugés idolâtriques etle prosélytisme protestant, rendirent très méritoires les efforts des missionnaires. Le nombre des catholiques des Indes orientales, qui s'élevait, en i864, à 990.000, atteignait, en 1875, le chiffre de i. 210. 000.

La rapide extension des missions catholiques aux Indes est due -^«f Boiin»u4. principalement à la valeur exceptionnelle d'un missionnaire, Mgr Bonnaud. Missionnaire aux Indes dès 182/i, nommé coadjuteur de l'évêque de Pondichéry en i833, puis élevé aux fonctions de vicaire apostolique des Indes en i836, Mgr Bonnaud eut toutes les qualités de l'apôtre et de l'administrateur *. 11 publia d'abord plusieurs ouvrages d'exposition et d'apologie de la foi. Le principal fut le Veda-poura-telteimaroutel, exposé et histoire du catholicisme sous forme d'une histoire de l'humanité. L'ouvrage, fort bien écrit, vivant, résumait l'Ancien Testament, les récits évangéliques, les annales de l'Eglise, notant soigneusement et réfutant au passage les diverses héiésies, particulièrement le protestantisme et les objections contemporaines contre la vraie religion. Cet ouvrage produisit, dans le monde des lettrés, une profonde impression -. Par la formation d'un clergé indigène dans des petits et grands séminaires, par la réunion de plusieurs synodes, où les questions les plus importantes du culte et de la discipline furent réglées, par l'éducation de la jeunesse du pays dans de nombreuses écoles, Mgr Bonnaud donna une Sei œuvres vive impulsion au mouvement catholique. Une de ses plus utiles a*po«tolatcréations fut celle de collèges de jeunes filles. Grâce à ces institutions bientôt très prospères, le vieux préjugé indien, interdisant à la

I. Lal'nay, Hisloire de la Société des Missions élrauyères^ t. 111, p. 8, içj. a. Ibid., p. i4i.

femme honnête toute culture intellectuelle ^ fut battu en brèche et vaincu. La condition de la femme fut relevée, et son influence augmentée.

Mgr Bonnaud mou-rut en 1860, au cours d'une visite de l'Inde entière, que le souverain pontife lui avait demandé de faire. Cette visite fut achevée par Mgr Gharbonneaux.

Les résultats de cette revue des forces catholiques dans l'Inde, qui dura quatre ans, de i858 à 1862, furent incalculables. C'est en se fondant sur ces résultats que Léon XIII put établir aux Indes, en 1886, la hiérarchie catholique.

Le successeur de Mgr Bonnaud, Mgr Laouënan, recueillit les fruits de ces œuvres. Son épiscopat, qui devait se prolonger jusqu'en 1900, fut, au dire des missionnaires, la période la plus brillante et la plus consolante de l'histoire du catholicisme aux Indes depuis saint François Xavier. Le fait principal de cette période est l'évangélisa- Le P. Ligeon. tion des parias par un saint missionnaire, le P. Ligeon. Usant d'un auprès procédé d'évangélisation qui rappelle celui du P. de Nobili auprès des des parias. brahmes 2, le P. Ligeon se présente un jour, accompagné d'un serviteur, à un chef de village, a Je fuis le monde pervers, lui dit-il. Je cherche une solitude pour y prier. » Le chef lui indique un terrain vague, où le Père, à la manière des « saints » du pays, se fait un abri de branchages, ne prenant ni boisson fermentée ni nourriture animale. On le vénère. Le chef dit : « Cet homme est un saint. Les dieux sont bons, puisqu'ils permettent que cet homme vienne sanctifier le pays. » Au. bout d'un mois, les habitants se hasardent à lui adresser la parole. Le solitaire leur répond par la parole de saint Jean -Baptiste : « Faites pénitence de vos péchés ». Puis il leur enseigne comment il faut adorer, aimer et servir Dieu, le Maître du monde. Il baptise ceux qui veulent accepter - la doctrine qu'il prêche. Les baptêmes se multiplient. Après les villages, les villes sont évangélisées par lui. De 1878 à 1880^ il compte 76.000 conversions. Ce mouvement de conversion des classes pauvres coïncide, d'ailleurs, avec un mouvement conver- ' gent des classes lettrées. Le catholicisme comptera bientôt un

I. Dubois, Mœurs, institalions et cérémonies des peuples de l'Inde, p. 476. Dans cette œuvre, Mgr Bonnaud fut secondé par le zèle d'un excellent missionnaire, le P. Dupuis,

a. Voir Histoire générale de l'Eglise, t. VI, p. 187-189.

de ses membres dans le Conseil royal du Maïmour, M. Tambu-

chelti^

Tandis qu'aux Indes, la propagation du catholicisme rencontrait surtout des obstacles d'ordre social et religieux, dans l'organisation des castes et l'attachement des populations à une religion très antique, elle se trouvait, en Chine, en présence de difficultés plutôt inhérentes à l'ordre national et familial : on ne voulait pas d'une religion d'étrangers, d'une religion qui n'acceptait pas, tel qu'on le pratiquait dans les familles du pays, le culte des ancêtres.

Les traités conclus en i8/i2 et i8/iA, entre la Chine d'une part, l'Angleterre, les Etats-Unis et la France de l'autre, ouvraient l'Empire Céleste aux libres communications de ces trois Etats. M. Guizot, président du conseil des ministres, obtint même de l'empereur, par l'intermédiaire du consul de France, M. de Lagrené, un cdit du 20 février iS\6, qui restituait aux chrétiens leurs anciennes églises et leur permettait d'en élever a suivant leur bon plaisir » 2. Les missioimaires avaient lieu de se réjouir de ces résultats. Toutefois l'èrg des périls (les missionnaires ne se firent pas d'illusion sur ce point) n'était point close. Il était facile de prévoir que le Chinois» habile jusqu'à l'astuce lorsqu'il est malveillant, trouverait le moyen de tourner la lettre des traités ; de plus, la liberté laissée à toute religion chrétienne de pénétrer eu Chine allait mettre les missionnaires catholiques en présence de la redoutable concurrence des missionnaires protestants, soutenus par l'Angleterre et l'Amérique.

Les conséquences immédiates des traités furent excellentes. En 18/17, ^D^ ^^ Bési, faisant sa visite officielle au grand mandarin de Chang-hai, était accueilli par des salves d'artillerie ^. Les bonnes dispositions de l'empereur Tuo Koang se maintinrent au début du règne de. son successeur, qui monta sur le trône en i85i , et à qui une gouvernante chrétietme avait inspiré une certaine vénération pour le christianisme. Ce fut pendant cette période de paix que les lazaristes Hue et Gabet firent le voyage en Tartarie et au Thibet dont le P. Uuc adonné une relation fort intéressante *. Dans le même temps,

Les missions de Chine,

Portée

des traités

de

i84a et 1844

au point

de vue

religieux.

Progrès

du

catholiciâm*.

I. R. l^. Piolet, les Missions françaises au XI X'^ siècle, t. Il, p. 2Ô\. On trouvera des épisodes pleins d'intérêt de ce mouvement de conversion dans les Annales de la propagation de la foi de 187a, t. XLV, p. 194-198.

a. Noir Annales de la propagation de la foi, t XXI, p. aS, a4, 23.

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