‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 349 sur 374 · Annales, t. XXI, p. 28- ag · texte numérisé non relu

Annales, t. XXI, p. 28- ag

^ Hue. Souvenirs d'un voyage dans la Tartarie, le Thibet et la Chine, 2 vol. in 80, Paris, i85o.

Persécufcians

sous

l'empereur

Hien-Fong.

Expédition franco-anglaise

Traité dei858.

les jésuites introduisaient en Chine les carmélites et les Religieuses auxiliatrices des âmes du purgatoire, pénétraient eux-mêmes dans le Kiang-Nan, et fondaient dans l'Empire Céleste le célèbre observatoire de Zi-Ka-Wei. En i8/t8, les Annales de la Propagation de la foi estimaient à 3i5.ooo le nombre des chrétiens en Chine, lesquels se répartissaient en seize diocèses, évangélisés par 84 missionnaires européens (lazaristes, Prêtres des Missions étrangères, jésuites, dominicains, franciscains) et i35 prêtres indigènes *.

Une perséution sourde ne tarda pas à se produire. En i85i, le jeune empereur Hien-Fong, qui avait d'abord montré des dispositions favorables aux chrétiens, se laissa dominer par un confident sectaire, le lettré Tcheou-tien-tsio. Sans dénoncer ouvertement les traités de i842 et i844, ce qui eût été un casas belli, il communiqua aux mandarins des édits secrets révoquant toutes les concessions faites et faisant revivre toutes les anciennes lois contre les chrétiens. Ceux-ci finirent par se procurer le texte des fameux édits, car, écrivait le P. Delaplace, missionnaire lazariste, « en Chine, il n'est pas dévoile si épais qui ne devienne transparent au reflet des sapèques » 2. Les mandarins recoururent alors à des détours. Renonçant à poursuivre directement les chrétiens, ils se contentèrent de laisser à des bandes de brigands toute liberté de les piller et de les massacrer. Les Annales delà Propagation de la foi de i852 sont pleins de récits d'attentats de ce genre. Bref, d'une manière ou d'une autre, les traités de 1842 et de i844 étaient, pour les Chinois, lettre morte. Cette violation du droit des gens provoqua l'expédition anglo-française de 1867, qui aboutit au traité de Tien-tsin, signé en juin i858. L'article 12 du traité stipulait que « les propriétés appartenant aux Français et aux Anglais seraient inviolables », et l'article i3, que « les lois portées contre le christianisme seraient considérées comme abrogées ^ ». Mgr Desflèches, évêque du Su-Tchuen, se faisant l'interprète de la joie des missionnaires, écrivait en 1860, dans un mouvement d'enthousiasme : « L'avenir est à nous ». L'avenir détrompa ces espérances prématurées. Les missionnaires avaient compté sans

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