I. Voir Hist. gén. de l'Eglise, t. VII, p
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cane du parlement anglais. En 1797, les Irlandais, à bout de patience, ^l^'J^I-^J^l s'organisèrent en bandes armées. Pitt, en 1800, entreprit de réduire jes Irlandais, l'opposition irlandaise, en enlevant à l'Irlande son parlement, et en promettant d'abroger les lois qui frap[)aient les catholiques d'inca- ^.^^ j''iî^',ao;i pacité civile. L'île redevint tranquille, en ce sens que la tyrannie des riches sur les pauvres, des protestants sur les catholiques, y fut affermie ; et l'ont put prévoir avec certitude que les promesses faites par le gouvernement ne seraient pas tenues.
Les catholiques irlandais renoncèrent, dès lors, dans leur ensemble, Lf«
à recourir à l'Insurrection ; mais leur mécontentement se manilesta organisent par une opposition légale, obstinée, irréductible, à leurs maîtres ''"^ J'PJ^j^'^^*'" protestants. Le jour même où les cloches de Saint-Patrice, à Dublin, gt pacifique, annoncèrent le bill d'Union imposé par Pitt et l'abolition du parlement irlandais, un jeune avocat de 26 ans, Daniel O'Connell, prononça, devant une assemblée de catholiques réunie à la Bourse, un discours de protestation. « Dès le matin de ce jour-là, disait-il plus tard, j'avais fait serment que le déshonneur ne durerait pas, s'il dépendait de moi d'y mettre un terme. » Daniel O'Connell était né n'r''"^^\i en 1775, dans le comté de Kerry, d'une ancienne famille dévouée de (17-^5.1847). tout temps au catholicisme et à l'Irlande. Cet homme qui, sans être jamais, comme l'a dit Lacordaire, « ni prince, ni capitaine, ni fon- (latonr d'empire », devait, en restant « simple citoyen, plus gouverner que les rois, plus gagner de batailles que les conquéranis, plus faire que tous ceux qui ont reçu d'ordinaire la mission de détruire ou d'édifier* », avait reçu le tempérament à^Y agitateur . C'est la qualification qu'il devait se donner lui-même. On a dit d'O'Connell qu'il '^°'* caracièr©. y avait en lui trois hommes : dans l'intérieur de la maison, un homme doux, pacifique, d'humeur joyeuse, semblant n'avoir d'autre horizon que celui des joies de la famille et d*e l'étude silencieuse ; au barreau, un avocat affairé, expert à fouiller dans l'énorme arsenal des lois britanniques, toujours suivi par une foule d'avoués et de clients ; dans les meetings populaires qu'il présidait, un incomparable tribun, maître de son auditoire comme nul ne le fut jamais, sachant faire vibrer tour a tour les fibres les plus intimes de l'indignation, de l'ironie, de la joie, de l'enthousiasme. Mais ce qui per- ?*,(°*
.. f ^^ z»-. catholique,
sistait sous toutes ces formes diverses, ce qui en faisait 1 unité, c était
1. LAConoAiRE, Eloge funèbre d'O'Connell, dans les Œuvres de Lacordaire, cdil, Poussielgue, t. VIII, p. 16a.
Son éloquence.
H réorganise
T Association
catholique.
Le [)rogramme lie ses revendications :
le caractère incorruptible du chrétien sincère, faisant passer avant tout, dans sa vie publique comme dans sa vie privée, l'obéissance aux lois de Dieu et de l'Eglise S c'était la loyauté du citoyen, se refusant à transgresser la moindre des lois de son pays. « Ne pas faire verser une goutte de sang, et respecter toutes les lois de l'Angleterre » : telle fut sa constante devise. D'une incroyable activité, on le voyait, dans une même journée, prendre la parole en des villes et des bourgs très éloignés les uns des autres. Il recrutait des adhésions et des souscriptions, organisait des assemblées, soulevait les masses, et s'agenouillait devant la reine si elle se trouvait sur son passage. Mais c'est surtout dans les grandes réunions populaires, qu'il présidait en plein air, que son action se développait dans toute sa puissance. « L'éloquence d'O'Gonnell, écrit un de ses contemporains, est alors une éloquence sans nom, prodigieuse, saisissante, impréparée, et que n'entendirent jamais ni les anciens ni les modernes. C'est le grand O'Connell, debout sur le sol de la patrie, ayant les cieux pour dôme, la vaste plaine pour tribune, un peuple immense pour auditoire, et pour écho les acclamations universelles de la multitude... Il s'identifie alors avec son peuple, il vit de sa vie, il rit de ses joies, il saigne de ses plaies, il crie de ses douleurs... Mais il s'enferme et se mure dans la légalité, comme dans une forteresse inexpugnable. Il est hardi, mais il est peut-être encore plus adroit que hardi. Pointilleux, retors, madré, fin procureur, il ravit par la ruse ce qu'il ne peut arracher parla force. Où d'autres se perdraient, il se sauve. Sa science le défend de son ardeur ^. »
Une « Association catholique » s'était formée en Irlande, en 1810, sous la direction d'un ouvrier en soie, John Keogh. O'Connell la réorganisa. Elle eut ses magistrats, son trésor, ses journaux. Elle scruta tous les actes du gouvernement britannique. Le Parlement vota une loi interdisant ces sortes de sociétés. L'Association catholique se déclara dissoute, et se reforma aussitôt en changeant ses statuts. Sa ha';diesse s'accrut. Elle ne demanda plus seulement l'émanci, ation des catholiques, mais le « rappel de l'union ». Elle répartit les afl^aires entre trois comités particuliers, perçut des con-
I. En i8i5, il avait eu le malheur d'accepter un duel et de tuer son adversaire. Dans sa douleur, il fit le vœu de ne jamais plus donner ni accepter un défi, et il resta fidèle à ce vœu, malgré les vives polémiques auxquelles il fut mêlé pendant le reste de sa vie.
a. Timon (L, dk Gormenin), le Livre des orateurs.
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[rib< liions dans chaque paroisse par l'inlermédiaire des curés, soiis l'emancipatiott
la surveillance des évoques, et concentra les plaintes elles vœux des cailioiiques
Irlandais pour les faire parvenir jusqu'au trône. ^} ^f, "PF^
. . . w 1 . • -, 1 de l union.
Cette agitation, toujours légale, niais toujours croissante, de six millions d'opprimés, obéissant aux ordres d'un clief profondément respecté, effraya un bon nombre d'hommes d'Etat. Les whigs Attitude
, ,,, ,. ,, , c 11 ^''s homme-
se montrèrent généralement disposes a voter des mesures favorables j Etat de
à la cause irlandaise. Les tories se divisèrent. En 1827, Canning, l'Angleterre membre du parti des tories parlementaires, et f:ivorabie aux catholiques, devint premier ministre. Mais sa mort, survenue bientôt après, fut l'occasion d'une dislocation du ministère. L'émancipation des catholiques fut repoussée. O'ConncU fit alors une expérience, pour convaincre le oouvernement de la nécessité de céder.
En juillet 1828, il se pi'ésenta aux élections du comté de Clara L'élection
Il ' ' ,y i. I • '• 1 1 • de Clare
«'onlre un membre du niinislcre, et, bien qu mconnu dans la cir- ',8a8L
conscription, bien que légalement incapable de siéger au parlement en tant que catholique, il fut élu avec de telles démonstrations populaires, qu'au soir de l'élection le grand agitateur s'écria : (( Mainl(jiia[it, l'Irlande est libre ! » Il voulait dire que sa cause était désormais moralement gagnée devant l'opinion publique.
A la rentrée des Chambres, Robert Peel et Wellington, au nom du ministère, se décidèrent à demander l'émancipation des catlio- Le roî liques. Le roi Georges IV consentit, puis refusa. Peel offrit sa démis- hésite sion. Mais le roi ne trouva personne qui voulût se charger du ministère. La voix d'O'Connell se faisait plus redoutable. Il prétendait hautement, malgré sa qualité de catholique, siéger à la Chambre des Communes. S'i' refusait de reconnaître la suprématie prolestante, il offrait de prêter à la reine le serment d'allégeance. Comme les anciens triomphateurs, il prétendait entrer dans la place par une brèche. Les ministères, effrayés de son audace, des manifestations lormidables qui 1 appuyaient en Irlande et des sympathies qu'il gagnait de plus en plus en Angleterre auprès des libéraux, se décidèrent, le i3 avril 1829, à faire voter le bill d'émancipation des Le bîli catholiques. Il fut accepté par 3/|8 voix contre 160. Tout catholique ^ "^"^^^^'^ '^''~ qui jurerait fidélité au roi serait déclaré électeur et éhgible. Tout l3av^il^8.'^^) catholique serait déclaré admissible aux emplois civils et mililaires, à l'exception de quelques hautes fonctions ^
1 Sur les négociations qui précédèrent le vole du bill, voir ARfAtu, Uhl.de Léon XJI, t. 11, n. 286-290, 335-34a, 39^899, 4n-4iO.
Hisi. aeii. (lo l'E^lise^ — Mil n
'd'^m^anci !à'-^' O'Connell n'avait pas seulement libéré les catholiques d'Irlande, tionetde L'acte d'émancipation embrassait, dans la plénitude de ses termes
la campagne lont l'empire britannique, non seulement l'Irlande, mais l'Ecosse'
la Orrande-Brelagne et ses colonies. Plus de cent millions d'hommes,
sur des rivages baignés par vingt mers, pouvaient désormais se dire
catholiques sans être traités comme un troupeau d'esclaves.
Tous les partis Le bill d'émancipation des catholiques fut salué comme un bienfait I accueillent ,,. ^, ,, . . ...
avec ^ immense portée par 1 opinion publique et par les cours de l'Europe,
enthousiasme, par les représentants les plus avérés du libéralisme en France et en Allemagne et parles porte-voix les plus autorisés des vieilles dynasties. Tandis que les disciples de La Mennais et de Gœrres y voyaient « une préparation, pour les siècles à venir, de l'affranchissement des peuples chrétiens opprimés par la main de fer du despotisme ^ », !e prince de Metternich écrivait, le 19 avril 1829, au nom de l'empereur dViutriche, à l'ambassadeur Esterhazy : « Nous voyons dans cet événement (l'émancipation des catholiques), non seulement le triomphe d'une cause, mais également la consohdation d'une admi- - iiistraiion sur laquelle reposent nos dernières espérances de sal ut universel... L'empereur désire que Votre Altesse exprime de sa paît à Zd Majesté Britannique ses sincères félicitations sur l'issue d.'une Affaire qui ajoutera un nouveau fleuron à la gloire de son règne ^, »
Le La désapprobation du bill d'émancipation, ou, du moins, v.\ e
mouvement , . . , . . ^ , , •! i i
d'Oxford certaine anxiete au sujet des conséquences possibles de cet acte législatif, se rencontra pourtant chez plusieurs membres éminents et sincèrement religieux du clergé anglican. Nous avons vu qu'à l'époque même où O'Connell menait sa vigoureuse campagne en faveur de ses compatriotes catholiques, quelques esprits graves et pieux, frappés de la décadence de l'Eglise anglicane, avaient rêvé de lui communiquer une nouvelle vie- en la retrempant à ses sources anciennes. De ce nombre était John New^man. Cette liberté accordée à un culte élrauger, admis presque sur le même pied que le culte établi, leur