ArT.VLD, II, 2l)2-30ci
3. /J., II, 2o4-aia ; CȃJiKEA.c-JoLY, op. ci7., 1. 11, p. i64-iC5.
102 HISTOIRE GÉ>fÉRALE DE LÉGLISK
chie que par instinct batailleur, rancune contre les classes élevôcs, bourgeois, nobles, lettrés, qu'un roi absolu dominerait, qu'une inquisition puissante frapperait sans pitié, « démagogie de forme particulière, moins bideuse qu'ailleurs, parce que le peuple avait plus de foi, un plus baut sentiment de dignité et d'honneur national, et que 1 action de la religion comprimait, ennoblissait en partie ses penchants » ^ Ces masses joignirent leurs clameurs bruyantes aux acclamations par lesquelles la noblesse de cour, le clergé presque entier et nombre de hauts dignitaires de l'armée et de la magistrature, Le roi accueillirent, en i8i4, le retour du roi Ferdinand VÏI. Celui ci, *^Vn*" grisé par ces manifestations enthousiastes, rétablit aussitôt le pouvoir absolu, et en fit un imprudent usage. Des inégalités arbitraires, des privilèges injustifiés furent rétablis ou institués. Les exils, le» emprisonnements, les déportations se multiplièrent. Le gouverne- Il f^t ment de Ferdinand VII n'eut rien, par ailleurs, de cette continuité \isaffe ^^ ^® cette unité dans la direction des affaires, par lesquelles ios de son j)ouvoir monarchies arbitraires se font pardonner leur despotisme. Les intérêts généraux de l'Etat ne furent pas moins sacrifiés que les intérêts particuliers. Les ports de mer étaient désertés, les arsenaux vides. Quand il voulut faire un effort pour réprimer l'insurrection des colonies espagnoles d'Amérique, qui venaient de profiter des troubles de la mère patrie pour se déclarer indépendantes, Ferdinand fut réduit à acheter à la Russie cinq vaisseaux et trois frégates ; et quand cette escadre arriva à Cadix, on s'aperçut qu'un vaisseau et une frégate seulement étaient en état de naviguer. Le corps expédi-
Sa politique tionnaire ne put s'embarquer. Le dévouement à l'Eglise, que le roi '^Vnsoire^ professait si haut, était lui-même sujet à caution. Il suspendit la
-^es traditions nomination des prélats, afin d'employer à l'extinction de la dette les
t^oséobistes ^evenus des sièges vacants ; et l'Inquisition sembla devenir, entre ses mains, un rouage de l'administration royale.
Une réaction était inévitable. Elle éclata, injuste, violente, révolutionnaire, s'attaquantau roi, au clergé, à l'ordre social tout entier.
Insurrection Le i" janvier 1820, deux jeunes officiers soulevèrent les troupes du corps expéditionnaire, qui attendait vainement, à Cadix, l'ordre de partir pour l'Amérique. Le mouvement se propagea Le général O'Donnell, chargé de combattre l'insurrection, fit cause commune avec elle. Les sociétés secrètes en prirent la direction. Ferdinand,
I. L. de Carné, Vues sur l'Histoire contemporaine, Paris, i833, t. I, p. 3i6-3i7.
«i-joséphistes.
de i8ao.
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assailli dans sa capitale, se décida à jurer la constitution de 1812 et à promettre des institutions libérales. Il était trop tard. La Révolution le maintint prisonnier dans son palais, tandis qu'elle confisquait les biens d'Eglise, pour combler le déficit et garantir des emprunts.
Les puissances alliées s'.émurent, non sans raison. Les représentants de la France, de la Russie, de l'Autriche, de l'Angleterre et de la Prusse, réunis à Vérone, le 20 octobre 1822, se préoccupèrent d'un mouvement qui leur parut « menacer les bases du système européen ». « Le désordre qui a bouleversé l'Espagne, écrivait Metlernich, est du genre de ceux qui empoisonnent et attaquent le L'expédition principe de vie ^. » La France, engagée à fond par ses deux plénipo- cnT^^p'^ie tentiaires, Montmorency et Chateaubriand, se chargea seule de l'ex- (iS^a^. pédition. Au désir de défendre l'ordre social et religieux menacé par la Révolution, se mêlait une préoccupation d'intérêt dynastique. Chateaubriand avait su communiquer au roi Louis XVIII son grand rêve. « La légitimité, dit-il, allait pour la première fois brûler de la poudre sous le drapeau blanc, enjamber d'un pas les Espagnes, réussir sur le même sol où naguère les armées d'un conquérant avaient eu des revers, faire en six mois ce gii'il n'avait pu faire en sept ans -. » Ce rêve se réalisa. Le gouvernement espagnol, désorganisé, manquant à la fois de soldats et d'argent, ne put opposer aux Français une résistance efficace. Le duc d'Angoulême, chargé du commandement de l'expédition, se couvrit de gloire à la prise du fort du Trocadéro, clé de la défense de Cadix, où le gouvernemcit s'était réfugié. Un des buts de l'expédition était atteint : la France venait de montrer à l'Europe qu'elle avait retrouvé une armée. Mais le second but, la pacification de l'Espagne, partant de l'Europe, ne fut pas réalisé. Ferdinand VII, en reprenant le pouvoir, dédaigna les conseils de modération que lui donnait le duc d'Angoulême, sévit contre les vaincus avec une impitoyable rigueur, et prépara par là de violentes représailles, qui troublèrent le reste de son règne. D'autre part, les colonies espagnoles d'Amérique, continuant à profiler des embarras de la métropole, s'en étaient définitivement séparées.
]jQ. pape Léon XII avait suivi avec anxiété tous ces événements. Atiituda L'échec des sectes révolutionnaires ne pouvait que le rassurer. Aussi, Léoa iii à la première nouvelle de la victoire française, iavita-t-il le corps