‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 51 sur 374 · Ami de la reliyion, t. LIX, p · texte numérisé non relu

Ami de la reliyion, t. LIX, p

PIE VIU

vicomle de Chateaubriand, donna la note libérale : « Le christianisme, qui renouvela la face du monde, dit-il, a vu, depuis, se transformer les sociétés auxquelles il avait donné la vie. Au moment où je parle, le genre humain est arrivé à l'uue de ces époques caractéristiques de sou existence ^ » Bref, l'auteur du Gé/iie du Christianisme demandait, au nom de la France, « un chef qui, puissant par la doctrine et par l'autorité du passé, n'en connût pas moins les besoins du présent et de l'avenir ^ ».

Les deux tendances qui se manifestaient ainsi étaient celles-là mêmes donl le violent conflit allait, un an plus tard, renverser plusieurs trônes de l'Europe et les ébranler tous. L'opinion publique ne s'y trompa point. La presse discuta bruyamment les discours prononcés par les diplomates devant le Sacré-Collège 3. Les questions a'âtées prenaient une ampleur plus grande encore qu'au précédent conclave qui avait élu Léon XIl.

Les cardinaux, sans échapper absolument aux influences du dehors, ne se laissèrent point dominer par elles. On remarqua que le cardinal Casiiglioni, chargé de répondre à l'ambassadeur de France, se borna à lui déclarer, sur un ton de ûère indépendance, que « le Sacré -Collège connaissait les difficultés des temps * ». Le cardinal Castiglioni était celui-là même que Pie VII, près de mourir, avait indiqué au choix des cardinaux pour lui succéder. L'ancien captif de Fontainebleau lui répétait, dit-on, avec familiarité : « Votre Sainteté Pic VIII fera mieux que nous après nous. » De tous les éliuibies, le cardinal Castiglioni était le plus en vue. Il ne fut cependant élu qu'après plusieurs scrutins. Un certain nombre de voix se tixcrcnt d'abord sur le cardinal di Gregorio, qu'on savait désiré par la cour d'Espagne et bien vu de la cour d'Autriche. D'autres voix, plus indépendantes, se portèrent sur le cardinal Pacca, si connu par son zèle à défendre les droits du Saint-Siège pendant sa nonciature de Cologne et, plus récemment, sous l'empereur Napoléon, qui l'avait fait emprisonner à Féncshelle. Finalement, la majorité des voix se réunit sur le nom de Castiglioni, dont l'attitude, moins tranchée que celle des deux autres candidats, offrait les mêmes garanties de poli-

Discours

du vicomte de Chaleau-

hriand,

ambassadeur

de I rance.

La tendance

conservatrice

et la teudancc

libérale.

Discours du cardinal Castiglioni.

Il affirme l'indépendance

du Sacré-Collège.

Diverses candidatures

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