Ami de la religion, t. LXV, p
Attitude menante du
nouveau
gouvernenaent
à l'égard de
l'Eglise catholique.
Attitude ferme
et digne de l'épiscopat.
le Conslitulionnel, le Courrier français, le Nalional, le Journal des Débats, la Révolution, pesaient sur un gouvernement qu'ils pioclamaicnt leur œuvre.
Celui-ci ne cessait de leur donner des gages. Dans un rapport sur la situation du royaume, lu à la séance delà Chambre, le 1 3 septembre i83o, le ministre de l'Intérieur prenait, à l'égard des catholiques, un ton menaçant. « Le gouvernement du roi, disait-il, n'ignore pas les menées ourdies à l'aide d'associations ou de congrégations que repoussent nos lois. Il sait jusqu'où s'étendent les droits de la puissance publique ^. » Quelques jours après, le 21 septembre i83o, le même ministre laissait une manifcslaiion publique dérouler son cortège en plein Paris et réhabiliter la mémoire des quatre sergents de la Rochelle exécutés en 1822 comme conspirateurs ; et le scandale était si grand, que le Journal des Débats lui-même écrivait : « Qu'on y prenne garde. C'est un jury qui a fai; tomber les têtes de Bories et de ses amis... Glorifier ces condamnés, c'est les célébrer pour avoir pris l'initiative de la destruction de l'ordre ^. » Presque en même temps, des députés demandaient à la Chambre le rétablissement du divorce 3. Le i*' octobre, une ordonnance royale supprimait les demi-bourses accordées jusque-là aux petits séminaires*. Le 16 octobre, une nouvelle ordonnance royale modifiait la composition des comités d'instruction primaire, enlevant la présidence au curé pour la donner au maire et supprimant les deux notables choisis par l'évêque ^ ; et les catholiques voyaient dans ces mesures un acheminement à peine dissimulé vers la laïcisation complète de l'instruction^.
Dans de si pénibles circonstances, l'attitude de l'épiscopat et du clergé en général fut calme et digne. Respectueux de l'ordre établi, il n'abandonna pas la défense des droits de l'Eglise. Dans une circulaire adressée à ses prêtres, pour les inviter à faire célébrer un service à l'intention des victimes des journées sanglantes, l'archevêque de Paris rappelait, avec une émotion discrète, que « dans l'asile que les pauvres lui avaient ofierl pendant la tempête », il avait