‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 65 sur 374 · ibid., p · texte numérisé non relu

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PIE VUl

pn se rendre compte de l'étendue des malheurs ^. Dans une lettre confidentielle destinée à ses curés et desservants, l'évêque d'Orléans leur indiquait les mesures de prudence qu'ils devaient prendre pour sauvegarder le respect des sanctuaires, pour le cas où les maires voudraient, comme il avait été fait quelquefois, assembler la garde nationale dans les églises 2. « Ne prenez aucune part, mes frères, aux discussions publiques, écrivait l'archevêque de Tours. Le ministre de Dieu ne doit ouvrir la bouche que pour porter à tous des paroles de consolation ^. » Les évoques d'Angers, de Troyes, de Blois, de Carcassonne, avaient un langage semblable S et nulle note discordante ne se mêlait à leurs voix. ^

Le clergé suivait ces conseils ; mais l'obéissance qu'il devait au pouvoir étc«bli ne l'empêchait pas de lutter courageusement dès que le bie«(des âmes était enjeu. Le 6 juillet i83o, les neuf aumôniers des collèges royaux de Paris, exposant, dans un mémoire, le triste état moral et religieux des maisons confiées à leurs soins, émettaient un vœu pour Témancipation de l'enseignement, et l'un d'eux, l'abbé Lacordaire, aumônier adjoint au collège Henri-IV, expliquait le sens de ce mémoire dans une éloquente lettre adressée au Correspondant. Les rédacteurs de cette revue et de Y Ami de la religion ne laissaient passer aucun attentat, aucune menace contre les droits de l'Eglise sans protester avec énergie. Les populations catholiques, après un premier moment de stupeur, s'étaient ressaisies, et, groupées autour de leurs curés, encouragées par eux, faisaient reculer les profanateurs. Une lettre d'un voyageur qui venait de parcourir plusieurs contrées de l'Ouest et du Midi, constate, en octobre j83o, que, dans beaucoup de lieux, « on voit des hommes monter la garde la nuit pour empêcher les profanations de croix, et des femmes veiller pendant le jour pour empêcher de semblables désordres». En Bretagne, sous la pression de 1 opinion publique, un préfet, loin 'd'abattre les croix, a recommandé au contraire de les respecter ; et, à Bordeaux, il a fallu arrêter le zèle de quelques personnes pieuses qui voulaient en ériger de nouvelles sur les chemins publics.

L épiscopat, sous la haute inspiration du souverain pontife, veillait à maintenir l'action des fidèles dans les limites d'une stiicte

Le

mouvement irréligieux

parmi

la jeunesse

de la capitale.

Protestations

dans le clergé

parisien.

Le

mouvemen

irréligieux

en province.

Protestations

du clergé et des fldèleà.

I. Ami de la religion, t. LXV, p. 98-99. a. Ibid.^ p, 359-260.

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