Ibid., t. LXI, p
Alliance
des
catholiques
belges
tvec le parti
libéral.
Leur manifeste.
L'insurrection
à Bruxelles
(35 août
Extension flu mouvement insurrectionnel à toutes les provinces bel^'cs.
étaient destitues pour « avoir manifesté de l'aversion contre le système de gouvernement * )).
La mesure semblait comble. En février i83o, les catholiques belges firent alliance avec le parti libéral. Une opposition constitutionnelle se forma, se plaçant sur le terrain de la liberté, réclamant la liberté de la religion, la liberté de l'enseignement, la liberté de la presse. Le 22 février i83o, les catholiques de Belgique publièrent un manifeste, où Ton lisait : « En face du terrible péril de voir l'instruction de leurs enfants, et même, par des lois sur la presse, l'instruction de tous les âges livrée au bon plaisir de l'homme, les catholiques ont dû chercher des garanties. Au siècle où nous sommes, il était impossible d'en trouver d'autres que la liberté... Les libéraux, sans que leur but soit le même que le nôtre, demandent les mêmes libertés... Nous marcherons avec eux de conserve. Mais que Ton n'imagine point que rien dans le monde nous engage jamais au plus léger sacrifice de nos principes... Nous serons libres, parce que c'est notre volonté arrêtée. C'est notre droit. Nous serons libres, et beaucoup de nations des deux mondes le seront aussi. Malheur à celle» qui resteront sous le joug de Thomme ! » L'abbé de La Mennais, en reproduisant ce manifeste dans la Revue catholique du i5 mars, acclamait « ce magnifique mouvement de tout un peuple, se levant comme un seul homme, et marchant, au nom de tout ce qu'il y a de sacré sur la terre, à la conquête de ses droits les plus précieux ^ ».
Ce fut la révolution française de Juillet qui donna l'idée d'une révolte. Le 26 août i83o, au théâtre de Bruxelles, pendant la représentation de la Muette de Portici, les appels à la liberté, qui se rencontrent dans cet opéra, excitèrent le public. On cria . « Faisons comme les Français 1 » La foule se précipita vers les bureaux du National, journal ministériel, et vers la maison du ministre hollandais Van Maanen, qui furent livrés aux flammes. Il ne s'agissait encore là que d'une émeute locale. Mais, le 27 août, le drapeau brabançon fut arboré. Ce fut une révolte du Brabant. Une armée de 10.000 hommes, envoyée pour arrêter la révolution, fut repoussée, sous les murs de Bruxelles, par les bourgeois en armes. Le mouvement insurrectionnel gagna toutes les provinces belges. Sur la demande du roi Guillaume, les puissances signataires des traités de 181 5