I. Ami de la religion, t. LXÎT, p
a. La. MEîiTiMS, Troisièmes Mélanaes un vol. in-8o, Paris i835, o. 6^ et s.
PÏE VIII l4l
intervinrent, mais ce fut pour reconnaître le gouvernement provisoire belge ^. Un congrès national, réuni à Bruxelles, venait, en effet, de proclamer l'indépendance de la Belgique et d'acclamer une Proclamation constitution ayant pour bases la monarchie constitutionnelle, la l'indénendance
liberté complète des cultes et de l'enseignement et les franchises de la
i Belgique,
communales. ° ^
Le pape Pie VIII, qui, dans un esprit de pacification, avait cherché Inquiétudes à ramener le roi Guillaume à des sentiments plus équitables à l'égard pj^ ^m
de ses sujets catholiques, n'avait pas été sans inquiétudes au moment de l'alliance des catholiques avec les libéraux. A la date du 8 juin i83o, le cardinal Albani, secrétaire d'Etat du Saint-Siège, écrivait au comte de Senfft : « Le Saint-Père n'est pas rassuré sur l'état des esprits en Belgique... L'union constitutionnelle aboutira-t-elle à consacrer la liberté en faveur de l'Eglise ? Les catholiques y apportent trop de bonne foi pour que les autres ne soient pas tentés d'y mêler un peu de duplicité. » Plus loin, il ajoutait ces paroles, où se ma- ges saffci nifestait la haute circonspection du Saint-Père en ces questions si conseils, délicates : « 11 nous semble, ici, qu'il y a plus de malentendus que de divergences entre les gouvernements et les peuples. Ne pourrait-on y porter remède ?... A quatre cents lieues de distance, on ne connaît ni les caractères ni les faits ; on ne peut donc conseiller qu'en généralisant. Nous pouvons bien imprimer un certain mouvement, mais c'est sur place qu'il faut agir 2. » En somme, les résultats delà révolution belge furent favorables à l'Eglise. Elle fut le point de départ d'un grand mouvement d'activité religieuse dans le développement de la vie chrétienne, des œuvres d'enseignement et d'apostolat '^.
Dans la révolution de Pologne les intérêts religieux eurent, comme L'insuirection eu Belgique, leur large part ; comme en Belgique, ils furent associés P<^onai«e. à des revendications nationales.
Par ses origines, la révolution de Pologne se rattache à des causes
,. OUI ce rc\iifcuicnl des grandes puissances, voir Thlreau-Dawgin, Hist. de la Mun. de JuUUL, t. I, p. 69-80 ; Metter.mch, Mémoires, t. V, p. Sg-^O ; Tal- LBTRARD, Mémoires, t. III, p. 871-390.
i. Cité par Créiikkal JoLT, VE<ilise romaine en face de la Ftév., t. II, p. 178-179.
6. IlEncLNuoTurn, Ilhf. de VRfjlise, trad. Bclot, t. \ II. p 4oo-^oi.
I'l2 JîTSTOIRE GEWEBAT.E DE L ir.TTSE
Se» causes anciennes et prolondes, que nous avons déjà eu l'occasion d'étudier; anciennes. . , , i ' i .• r • j t i.
mais son explosion, préparée par la révolution française de Juilli t,
fut déterminée par la révolution belge du mois d'août. De 1825 à i83o, la Pologne avait continué à s'appeler un royaume constitutionnel ; mais le tsar faisait tout pour réduire cette dénomination à un vain mot. En droit, la Pologne devait être gouvernée par le viceroi, aidé par une représentation nationale, posséder une magistrature indépendante, une armée et une administration séparées, une presse libre ; en fait, le tsar intervenait personnellement dans le pouvoir législatif, judiciaire, administratif, en se passant des institutions établies. En droit, etsuivant les termes mêmes de la constitution polonaise, « la religion catholique, professée par le plus grand nombre * », devait être l'objet de la sollicitude particulière du gouvernement, sans préjudicier à la liberté des autres cultes, et les propriétés du clergé latin ou grec-uni étaient inaliénables; en fait, !e tsar Nicolas s'arrogeait le droit d'exercer sur le clergé une inquisition tracassière, entravait les rapports des évêques avec Rome ^ et ne dissimulait pas son désir de réunir tous ses sujets en une seu.'e Eglise, soumise à sa domination.
La nouvelle de la révolution de Paris produisit une vive impression eu Pologne ; les préparatifs que fit alors le tsar d'une expédition contre la France augmentèrent l'émotion. La franc-maçonnerie, qui avait été introduite en Pologne par Dombrowski, et qui s'était déjà propagée dans l'armée et dans les universités, exploita le malaise national pour susciter des troubles. Les chefs du parti patriote résistaient à ces surexcitations, ou, du moins, attendaient le printemps de l'année suivante pour organiser un soulèvement général de la nation. Mais quand, en novembre i83o, le tsar Nicolas prétendit, en vertu de ses alliances de famille avec les Nassau et en exécution des traités de 181 5, envoyer l'armée polonaise en Belgique pour y réta- Son explosion blir l'autorité de Guillaume I'% et remplacer en Pologne les troupes novembre nationales par des troupes rasses, l'insurrection éclata. Le 29 novembre,
en
em^ i83o.
1. D'après un rapport officiel, lu à la dièle de Pologne en 1828, le royaume comptait, en 1828, 3.471.382 catholiques, répartis entre 1.917 paroisses. Les luthériens, dont le nombre était estime à 200.000, occupaient 28 paroisses ; 100.000 calvinistes avaient 9 temples ; 3/i5.000 juifs, 27^ synagogues ; les grecs non-unis, six églises, et les mahométans deux mosquées. Pour plus de détails, voir Ami de la religion^ t. LXI, p. 225-23o ; t. LXIII, p. 3i2-3i4. — Voir les articles de la constitution polonaise qui ont trait à l'Eglise catholique dans VAmi de la religion, t. LXil, p. 66, note.