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Ireland and thç Irish, by O'Gonsbli

Il fonde

de multiples

sociétés.

association nationale. 11 commença par assembler les métiers. « Je suis homme de métier, disait-il ; mon métier à moi, c'est l'agitation. » Une proclamation ne tarda pas à paraître, qui prononçait la dissolution de la société des métiers. O'Connell obéit ; mais comme la proclamation avait dissous nominativement la « société des métiers », il en organisa une autre sous le nom « d'association pour empêcher les réunions illégales ». Une nouvelle proclamation interdit encore cette association. Alors O'Connell proposa la « société des déjeuners politiques )>, et il convoqua ses partisans non à un meeting, mais à un déjeuner. Nouvelle proclamation pour empêcher le déjeuner. O'Connell essaya plusieurs autres combinaisons, qu'à chaque fois une proclamation venait détruire. Enfin le lord-lieutenant, falio-n/Ç ,1o f»e genre de guerre, interdit « toute autre association de même natuic ».

« Il fallut plier devant ces inexorables exigences du pouvoir, el placer la lutte sur un nouveau terrain. On vit d'abord O'Connell prendre, en signe de deuil, un crêpe^ qu'il jura de garder tant que la loi contre les associations ne serait pas abolie. Puis il attaqua ses ennemis par le côté lé plus sensible, en établissant en Irlande un système de non-importation, qui fermait le débouché des produits du sonaristocrati commerce anglais. Il donna l'exemple, en refusant de recevoir dans financière. sa maison du thé, du café et autres produits qui venaient en Irlande par l'Angleterre. Il imagina un autre stratagème, qai atteignit i msolente aristocratie financière, chez laquelle il rencontrait une persistante opposition. Les banques avaient en circulation une grande quantité de « bank-notes » ou billets de banque. O'Connell résolut de discréditer ces papiers. Il invita tous les porteurs de billets à se présenter, un jour donne, pour e'xiger le remboursement immédiat et intégral de ces valeurs. Cette invitation d'O'Connell fat reçue comme un ordre, et aussitôt exécutée. La panique devint générale. Les caisses furent bientôt épuisées. Les banqueroutes se multiplièrent Les opérations commerciales furent suspendues. Dix jours s'écoulèrent sans qu'il fût fait aucune affaire. Le drame ne fut pas sanglant, mais il fut ruineux. Il apprit à l'Angleterre de quelle iafluencc disposait l'homme que les Irlandais avaient choisi pou;. chef.- »

n menace l'Angleterre

dans son commerce et

1. Jules GoNuoN, l'Agitation irlandaise depuis 1S29, un vol. in-i2, Paris, iS^â, P- 7^-7:)-

a. A. de la /?., t. LXIV, p. 5ai-523.

Mil

llisl. sén. de l'Kgliïe.

Le gouvernement

anglais se

montre moins

rigoureux

l'y pplica lion

des lois

concernant

l'Irlande.

La sittiatlon

du

catholicisme

en Ecosse.

Appel

à'^a générosité

des

catholiques

français.

Personnages émlnenls

parmi le clergé d'Irlande

«t d'Ecosse.

Pour apaiser les catholiques, le gouvernement s'était un peu départi de sa rigueur dans l'application des lois qui concernaient les affaires ecclésiastiques. Les évoques d'Irlande, dans une Lettre pastorale collective qu'ils adressèrent aux fidèles le 9 février i83o, ne firent pas difficulté de reconnaître « que l'état de la religion s'était un peu amélioré », et ils en exprimèrent leur reconnaissance au roi, aux ministres et au parlement; mais, en même temps, ils suppliaient les catholiques « de ne pas se laisser affaiblir par l'adversité ni entraîner par la séduction ».

Le courage des catholiques d'Irlande- était un exemple pour ceux d'Ecosse. La présence en Ecosse de nombreux émigrés français pendant la Révolution, la vue de leurs vertus, y avait déterminé un grand nombre de conversions à l'Eglise romaine. Le chiffre de la population catholique pouvait être fixé approximativement, au mois de mars i83o, à cent dix mille ^. Mais cette population, extrêmement pauvre, ne pouvait subvenir à l'entretien de nombreux établissements qu'il avait été nécessaire de fonder pendant les dernières années. Une dette de près de 280.000 francs pesait sur la chapelle d'Edimbourg et sur la maison occupée par l'évêque et ses missionnaires. Cette chapelle était, du reste, insuffisante, ne pouvant contenir plus de i.5oo personnes, tandis que la ville comptait à peu près i5.ooo fidèles 2. Le 19 juin 1829, Mgr Paterson avait fait un chaleureux appel aux catholiques français ^. Cet appel, appuyé ,par Mgr de Quélen, archevè:|ue de Paris, fut entendu par les catholiques de France, qui se montrèrent généreux, et le souverain pontife vint au secours des catholiques écossais dans la mesure de ses moyens.

Le clergé catholique d'Irlande et d'Ecosse ne se distinguait pas seulement par son courage et par son zèle ; il comptait plusieurs hommes éminents par le savoir. De ce nombre étaient le docteur Gurtis, archevêque d'Armagh, autrefois professeur à Salamanque ; le docteur Murray, archevêque de Dubhn, très estimé pour l'éloquence de sa parole et pour la solidité de sa doctrine ; le docteur Doyle, évêque de Kildard, ancien professeur au collège ecclésiastique de Carlow, et le docteur Jean Lanigan, jadis professeur d'hébreu et de théologie

i. A. de laR.r t. LXIII, p. 182. Sur l'état de l'Eglise d'Irlande vers i83o, voir A. de la /?.. t. LXII, p. i-5. Sur le clergé anglican et catholique en Angleterre, cf. A. de la /?., LXI, 278, LXII, ^9, LXUI, 55, 129.

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