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Dépêche du 17 septembre

GRÉGOIKE XVI ET LES ÉTATS PONTIFICAUX l63

Modène, Giro Menolti, peisonnage habile et intrigant, nmembre '^-»

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miluent de la Haute-Vente italienne, avait organise 1 émeute. Lais- de Modène sant entendre au vieux duc, son maître, dont il cultivait avec soin (décembre

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les rêves ambitieux, qu il s agissait uniquement de conquenr 1 inde- i83ii.

pendance politique de la péninsule et d'affermir cette œuvre en plaçant sur la tête du prince la couronne constitutionnelle de l'Italie ^^^^ Menotti. unifiée, il avait «u ses coudées franches pour se recruter des affidés dans les diverses villes des Etats pontificaux et à Rome même. La haute approbation de François IV, dont il se prévalait à l'occasion comme d'un gage de succès, lui avait valu de précieux adhérents *. S'il faut en croire le conspirateur, on aurait compté parmi ceux-ci plusieuri personnages haut placés du gouvernement français -. Yl Ses afiQliéi. avait, à coup sûr, dans sa main, les deux fils de Louis-Napoléon ^. Mais le duc avait a temps ouvert les yeux. Comprenant enfin que Tentreprise de Menotti ne tendait à rien de moins qu'à déchaîner une révolution sociale, dont le Saint-Père et les souverains de l'Europe seraient les principales victimes, il prévint le mouvement insurrec^ tionnel ; et, au moment où Menotti préparait l'invasion du palais ducal, il le fit arrêter comme parjure et révolté.

Ces mesures venaient malheureusement trop tard pour empêcher L'Insurrection

if , .. ,, 1 ,.1 . r T-< ^ i Bologne

1 exécution d un complot solidement organise. En même temps que ^janvier-

Menotti essayait de révolutionner Modène, ses afliliés, fidèles au février i«3i). mot' d'ordre, se soulevaient à Bologne. Peu de temps après, le mouvement gagnait toutes les autres villes delà Romagne, l'Ombrie, les Marches, toutes les Légations. Les conjurés formèrent partout des gardes nationales, puis établirent des gouvernements provisoires, formés de nobles, de médecins, d'avocats. Bologne fut lei*r quartiergénéral. Le pro-légat, Mgr Glarelli, dut, pour éviter de plus grands maux, consentir à la création d'une « commission gouvernementale », ayant sous ses ordres uue « garde provinciale » ; puis, sentant son autorité débordée par le pouvoir nouveau, H quitta la ville, pour se rendre à Rome*. Dès lors, les insurgés ne cachèrent plus leur but.

X. Lei întric;ues de Menotti, leur but antireligieux et le» altacbes du meneur avec les société» secrètes, ne peuvent faire de doute, après la publication des documents donnés par Loxiis Blanc, à <{m U correspondance secrète de Meuotli avait été communiquée. Voir Louis Bla:tc, Hist. de dix ans, 5* édition, t. Il, p. 292 et s.

a. Menotti, Lettre du 19 juillet i.S.'^r, citée par Louis Hlvnc, op. cit., ibid.

3. Desch4mps, op. cit., t. II, p. 260-262 ; Louis Bla>«c, t. II, p. 296, 817, 3i8.

^. SïtiVikii*, Grégoire XVI et son poiUiJicat, un vol. in-8% Paris, 1889, p. Sô'

Elle s'étend

dans

les Marches

et dans

les Légations.

Elle tente de gagner

le patrimoine de

•aint Pierre.

Elle est

momentiané-

ment étoufiee

à Rome.

Tenue

du conclave

(i4 décembre

i83o-a février i83i).

Après le départ du pro-Iégat, la commission déclara, sans discussion, <( l'affranchissement complet de la domination temporelle du pape en un seul gouvernement ». Enfin, elle publia un manifeste contre l'administration du pape, et organisa un gouvernement central, formé d'un président et de sept ministres*. Tous ces événements se passaient dans l'interrègne, habilement choisi, qui sépara la mort de Pie VIII de l'élection de son successeur. Maîtres des Légations et des Marches, les conjurés avaient jusque-là respecté le patrimoine de saint Pierre* ; mais il était visible que les événements qui venaient de se précipiter n'étaient que le prélude d'une invasion de Rome. Le gouverneur de la ville ne négligea rien pour surprendre le secret de la conjuration. Averti que des complots se tramaient dans l'ombre, il fit, le ii décembi^ i83o, arrêter les plus suspects des agitateurs et contraignit les autres à quitter Rome. Parmi les personnes arrêtées, se trouvaient un avocat, réfugié de Modène, Joseph Cannonieri, et le maître de chambre du prince Charles Bonaparte, Guy Fedeli de Recanati. Grâce à ces mesures énergiques, le conclave put se réunir, le i3 décembre, dans une sécurité relative. -

' Quarante-cinq cardinaux prirent paît aux divers scrutins. Dès le premier jour, le cardinal Pacca, doyen du Sacré Collège, le ©ardinal Cappellari, préfet de la Propagande, et le cardinal Giustiniani, ancien nonce à Madrid, recueillirent les plus nombreux suffrages ;. mais le gouvernement espagnol, usant du droit d* « exclusive », qir'\ine coutume tolérée par le Saint-Siège accordait aux puissances catholiques 3, opposa son veto à l'élection du cardinal Giustiniani. On suppose que la part prise par Giustiniani à la nomination des évêques d'Amérique, sous le pontificat de Léon XII, fot la caase de cette «Lclusion. Restaient Pacca, que de longs services dans les nonciatures avaient mis en évidence, en révélant son dévouement éclairé aux intérêts de l'Eglise, et Cappellari, que des travaux moins écla-

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