‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 80 sur 374 · I. Seignobos, Hist. poî. de l'Europe çfintemporainet p. 3i · texte numérisé non relu

I. Seignobos, Hist. poî. de l'Europe çfintemporainet p. 3i

3. Les Etats de TËglise comprenaient trois parties : le Patrimoine de Saint- Pierre, les Marches et les Légations. L'art. io3 de l'acte du 9 juin i8i5 était ainsi conçu : « Les Marches, avec Gamerino et leurs dépendances, ainsi que le duché de Bénévent et la principauté de Ponte-Corvo, sont rendus au Saint-Sio^c. îi rentre en possession des Légations de Ravenne, de Bologne et de Ferrare, à l'exception de la partie de Ferrare située sur la rive gauche du Pô. » Cf. Fa.rgbs, le Pouvoir temporel au début du pontificat de Grégoire XVI^ dans \d. Revue hist., XLII, 1890^ p. 817 et s.

3. Sur le droit d'exclusive, voir Hist. gén. de l' Eglise f t. VI, p. 4 17*4 18,

GRÉGOIRE XVI ET LES ETATS PO!*TIFICAUX l65

tants, mais très appréciés de ceux qui en avaient été les témoins,

recommandaient à ses collègues. Pacca, plus connu du monde

diplomatique, eût été facilement accepté par les couronnes. Cappellari

était le candidat préféré des Zelanti. Pendant près de deux semaines,

les deux partis se balancèrent, l'écart des voix entre les deux candi

dats étant à peine de quatre ou cinq voix. Pour en finir, Albani,

dont les relations avec les couronnes étaient connues de tous, se

rangea au parti des Zêlanti. La plupart des cardinaux qui avaient

suivi ses inspirations, l'imitèrent ; et, le i février i83i, jour de la

Purification de la Sainte Vierge, le cardinal Maur Cappellari fut élu Election de

t L • T' ui' -1 j ' • . • 4 Grégoire XVI

pape par trente et une voix. L assemblée avait dure cinquante jours ^ (a février

Le nouveau pape, en souvenir du couvent de Saint-Grégoire du i83ik Cœlius, dont il avait été le supérieur, et du grand saint qui l'avait babité, prit le nom de Grégoire XVL Cette élection fut accueillie, dans le monde entier, par des témoignages de satisfaction. Dans la presse indifférente ou hostile au catholicisme, k National et le Temps firent l'éloge du nouvel élu. « Je n'ai pas besoin de vous assurer, écrivait le prince de Metternich au comte de Lûtzow, ambassadeur d'Autriche près du Saint Siège, qu'aucun choix qu'eût pu faire le Sacré-Collège n'aurait été plus agréable à notre auguste maître, que celui qui vient d'avoir lieu*. » Et, dans V Avenir ^ l'abbé de La Mennais saluait en ces termes le nouveau pontife : « Le cardinal Cappellari a fait, dans ses fonctions de préfet de la Propagande, une expérience anticipée et comme un magnifique apprentissage de la papauté... Sa bénédiction Urhi et Orbi, en se répandant du haut de la basilique de Saint-Pierre, rencontrera aux bornes du monde des vestiges de ses bienfaits... C'est du sein de celte charité universelle qu'il a monté les marches du trône réservé au suprême défenseur de la vérité et de la justice. »

Le caractère du nouveau pape, l'heureux «uccès des ceuviea auxquelles il s'était employé jusqu'alors, la solidité de sa science théologique, dont il avait déjà donné des preuves, justifiaient cetla salisfaclion générale.

I. A. de la R., t. LXVII. p. loi. Cf. p. 86, ii8, aoti. a. Metternich, Mémoires, i. V, leltre du la février i83i.'

HISTOIRE GÉNÉRALE DE î/ÉGLISE

Portrait D une haute stature, la démarche ferme et la taille droite, mal-

du nouveau , . . . ' i r^ r . v^tt . •

pape. gre ses soixante-cinq ans révolus, Grégoire XVI n avait point, dans

les traits de son visage, cette fine distinction que respiraient les physionomies de Léon XII et de Pie VÏII ; et la malice de ses ennemis chercha, plus d'une fois, à caricaturer les lignes fortement accentuées de son visage, ses lèvres légèrement proéminentes, ses grands yeux noirs, ses sourcils largement arques. Mais, au dire de tous ceux qui l'approchèrent, l'expression de son âme le transfigurait, aussitôt qu'il avait à remplir une fonction religieuse ou qu'il entrait en conversation. La majesté recueillie qu'il apportait dans les cérémonies du culte, la spirituelle honhomie qu'il savait mettre dans ses entretiens, le ton simple, animé, affectueux par lequel il mettait à l'aise le plus humble de ses visiteurs, touchèrent lame de plus d'un hérétique. On remarquait toutefois qu'en présence d'une injustice flagrante, son visage prenait rapidement un air sévère, presque terrible ; mais cette expression cédait bientôt à son air habituel de bonté, et il était facile de deviner que le pontife n'avait fait violence à sa bienveillante nature que pour obéir à un impérieux devoir de sa conscience * .

Tel il apparaissait à qui l'abordait de près, tel il avait été dans sa vie passée, tel il devait être dans tout son pontificat : d'une bontô paternelle envers les hommes, d'une inflexibilité rigide envers les erreurs. La constance parfaite de l'attitude et des idées, fut un des traks les plus caractéristiques de la carrière du pape Grégoire XVI. Sef origines. Barthélémy-Albert Cappellari était né, le i8 septembre 1766, dans la vieille et pittoresque ville de Bellune, en Yénétie, d'une famille de petite noblesse, recommandable par lés traditions de vertu qui s'y étaient perpétuées d'âge en âge. En revêtant, en 1788, l'habit blanc du camaldule, au couvent de Saint-Michel de Venise, le jeune moine prit, en souvenir d'un des plus chers disciples de saint Benoît, le nom de Maur. Dans les emplois successifs qu'il eut à remplir en divers monastères de Venise, de Rome et de Padoue, dom Maur Cappellari contracta ces habitudes de vie simple, recueillie et laborieuse^ qu'il devait garder sur le trône pontifical 2»

Sa vie religieuse.

I. Sur la personne et le caractère de Grégoire XVI, voir les témoignages dei historiens qui l'ont personnellement connu, tels que Wisemaw, les Quatre derniers papes, p, 388-097, 471-^76 ; Grétineau-Joly, l'Eglise romaine en face de la Révolution, t. lî, p, 189 190 ; Mgr Gaume, les Trois Rome, 4^ édition, t. 11, p. i5o

a. Ou raconte qu'après son élection au souverain uontificat, il répondit à son

Ses diverse»

missioiis.

D'autre pari, les délicates fonctions qu'il eu* à exercer, soit comme visiteur cks collèges et universités, soit comme correcteur des livres des Eglises orientales, soit comme préfet de la Propagande, avaient mis en lumière cet art de manier avec souplesse les hommes et les choses, que beaucoup d'historiens ont gratuitement dénié à Grégoire XVI, mais que l'clude impartiale de sa vie montre avec évidence. C'est lui qiii, sous Léon Xll, fit prévaloir, comme préfet de la Propagande, contre l'habile diplomatie du comte de Labrador, la déchéance des droits que l'Espagne s'arrogeait sur la nomination des évêques dans les pays du nouveau monde qui s'étaient soustraits à son empire ^ 11 est vrai que, chei ce négociateur avisé, l'intelligence des situations concrètes et des solutions qu'elles commandaient ne fit jamais oublier l'inviolabilité des principes qui orientaient ses démarches. Dès sa première jeunesse, le futur auteur de l'encyclique Mirari vos n'avait eu rien de plus à cœur que de défendre les droits de l'Eglise et de la papauté contre les erreurs contempo- Sc^ ouvragei faines. En 1786, l'année même de m profession religieuse, H soutenait, en présence du patriarche de Venise, une thèse publique sur rioé'aiHibilité du pape^. Dès l'année suivante, en qualité de professeur de théologie, il choisissait de préférence, comme objets de ses cours, les questions agitées par les philosophes du jour 3. En 1799, il synthétisait et comf)létait toutes ses idées précédemment exposées, dans son ouvrage : Triomphe du Saint-Siège et de l'Eglise contre les assauts des novateurs^ repoussée et combalius par leurs propres armes*. Quelques années plus tard, Maur Gappellari était un des principaux promoteurs de l'Académie de la religion catholique, et lisait, dans ses réunions, plusieurs dissertations contre les erreurs des temps présents*.

Ce n'étaient donc ni l'habitude des affaires ni la connaissance des

domestique, qui venait prendre ses ordres pour sa table : c Grois-lu que mon •blomac suit changé parce que je suis pape ? »

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