‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 81 sur 374 · I. Voir, plus iiaut, p io4-io · texte numérisé non relu

I. Voir, plus iiaut, p io4-io

a. Gard. ZuRLA, Mtmorie inlomo alla vita ed agli studii dd Padre don Lodovico iVac/ii, abate camaldolese .

3. Los camaldulcs du Mon^Gœlius possèdent encore les manuscrits de plusieurs des thèses aiors enseignées par Dom Maur Gappellari.

4. Get ouvrage, traduit en français par l'abbé Jammes, se trouve au tome XVI des Di'inonstrations évangéliques de Migivb.

5. Gf. MoRONi, Di:ionario di eriidizione^ t. XXXII, p. 3i3 et s. Moroui, familier de Grégoire XVÎ, C5l un témoin exactement informé des événements de son pontificat. Le tome XXXII, p. 3i3-328, donne une chronologie assez détaillée de ces événements.

iC8

La situation

polrtique ée l'Burope

en face • ««©tesrévo- «tionnaires en i83i.

problèmes intellectuels soulevés par les contemporains, qui manquaient au nouveau pape. Il ne tarda pas à avoir besoin de faire appel à l'une et à l'autre.

La question politique fut la première qu'il eut à aborder. La gravité de l'insurrection qui venait d'établir son centre à Bologne, n'avait échappé à aucune des grandes puissances. Celles ci ne pouvaient douter que le coup porté au Saint-Siège n'émanât des sectes révolutionnaires, et ne menaçât indirectement, à ce titre, leur propre autorité. Mais aucune d'elles ne s'empressait de réprimer le mouvement. Les unes, telles que la France de Louis-Philippe et l'Angleterre, ne voyaient pas sans une certaine satisfaction les institutions d'ancien régime battues en brèche dans l'Italie pontificale et rem- • placées par un régime constitutionnel. Les autres, TAutriche en tête, dont Metternich se faisait hardiment l'interprète, avaient pris, tout d'abord, une attitude menaçante ; mais, soit qu'elles voulussent ménager les sociétés secrètes, dont elles redoutaient la puissance, soit qu'elles ne fussent point fâchées de voir « Tultramontanisme » ébranlé, et qu'elles attendissent l'heure d'intervenir en faveur du Saint-Siège pour lui imposer leur protection, montraient peu de zèle à entraver l'insurrection. En somme, ni les Etats qui faisaient sonner bien haut le principe de 1' « intervention », comme l'Autriche par U voix de Metternich, ni ceux qui se retranchaient dans le système de la « non-intervention », comme la France par l'organe de Casimir Périer, ne donnaient pleine satisfaction au souverain pontife. Les premiers, suspects de se laisser guider moins par un respect généreux du droit que par une politique d'égoïsme national, subissaient trop les inspirations du joséphisme ou du gallicanisme ; et les autres, par leur application du « laissez-faire, laissez-passer » dans les rapports internationaux, ne faisaient autre chose que transporter dans l'ordre des relations diplomatiques la pure doctrine du libéralisme et de l'indifférentisme.

mou- j^g souverain pontife ne pouvait se faire illusion sur la portée des

vcMicnt rcvo- '^ '^ ^ *^

iutionnaire menées révolutionnaires. Quelques jours après l'élection de Grépeneire oroire XVI, l 'insurrection envahissait le patrimoine de saint Pierre,

c'uis Rome. , , . ' ^

pénétrait dans les rues de Rome, et y marchait drapeaux dé-

ployés. Il n'était plus temps de recourir à des mesures préventives. La papauté était acculée à un corps à corps avec l'émeute. Grégoire XVT fit appel au dévouement d'un homme dont il connaissait la fermeté, l'expérience des affaires et la fidélité au Saint-Siège, le cardinal Bornetti.

Thomas Bernetti, né à Fermo, le 29 décembre 1779, doit être Le caHinal

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place, non loin de Consalvi, son maître, au premier rang des ^^^ nommé hommes d'Etat qui ont servi l'Eglise au xix* siècle. Après avoir ter- [ro ^orrétaire miné ses études littéraires et son cours de droit dans sa ville natale, il était venu k Rome, et s'y était formé à la pratique des affaires sous la direction du célèbre Bartolucci. On le vit apparaître pour la Notice première fois sur la scène politique au moment de la captivité de gu ^fcTarcHnai Pie VII. Il s'agissait de transmettre, à l'insu de l'empereur Napoléon, Bernetti. dont il fallait déjouer à tout prix la police et braver au besoin la colère, un message secret du pape à l'empereur d'Autriche. Bernetti se charge de la délicate et périlleuse mission. Il est assez heureux pour faire parvenir la lettre à son destinataire, et, par la réussite de son entreprise, il rend à l'Eglise un service des plus signalés. Grâce à lui, les plénipotentiaires des puissances alliées, réunis en congrès, donnent au pape une réponse favorable à la restitution des Etats du Saint-Siège*. Après de si glorieux débuts, Thomas Bernetti devint le bras droit de Gonsalvi, qui lui confia le soin de rétablir, en qualité de délégat, le gouvernement pontifical dans la province de Fcrrare. Les qualités qu'il déploya dans cette charge le firent appeler aux fonctions d'assesseur du comité des armées dans Rome, puis à celles de gouverneur de Rome. Sous Léon XII et Pie YIII, la situation de Bernetti grandit encore, et ses talents d'homme d'Etat brillèrent d'un tel éclat, qu'ils lui attirèrent l'estime des plus tenaces adversaires de l'Eglise. « Pour moi, écrivait Stendhal en parlant du conclave de 1829, je désire voir sur le trône de saint Pierre le cardinal le plus raisonnable, et mes vœux sont pour Bernetti^. » Le jour môme de son élection, Grégoire XVI, pressentant la gravité du mouvement révolutionnaire qui venait d'éclater dans la légation de Bologne, confirma Bernetti dans le gouvernement de cette province, que lui avait confiée Pie VHP. Peu de jours après, quand la Révo-

1. A. de la /?., t. GLVII, p. iai-i3a. a. Stbndiul, Promenades dans Rome, a"* série, p. 336.

3. M. Matnard, Jacques Crétineau-Joly, sa vie politique, religieuse et littéraire, p. 343.

Politique

générale

de Bernetti.

Grégoire XVI,

pour

ciômentir

les calomnies

de «es ennemis,

promet et réalise des

réformes favorables au

bien de ses sujois.

En mênae

te i lins, il se T.ionLre prêt à résister cner-

giquement aux complots révolutionnaires.

lulion gagna Rome, il éleva l'intrépide cardinal * à la haute charge de pro-secrétaire d'Etat, afin de sappuyer plus complètement sur lui. En ces pénibles conjonctures, disait plus tard Grégoire XVI, «je voulus avoir auprès de moi un bras de fer et un cœur d'or • je confiai à Bernetti la direction suprême du gouvernement 2. y,

Du premier coup d'oeil, Bernetti jugea la situation en véritable homme de gouverneuient, qui porte son regard au delà des difficultés présentes. A son afig, le Saint-Siège devait, en présence de l'insurrection, agir, autant que possible, par ses seules forces, et ne recourir qu'à la dernière extrémité à l'intervention des puissances étrangères. L'avenir montra combien ses appréhensions étaient justifiées .

Conformément aux vues de son conseiller, le pape adressa d'abord un paternel appel à son peuple. Répondant aux calomnies de ceux qui le représentaient comme l'ennemi de tout progrès, il prolesta du désir qu'il avait de contribuer au bien-être matériel et spirituel de ses sujets ^. Mais l'émeute s'étendait. Elle avait gagné les villes d'Imola, de Faenza, de Forli, de Ravenne. Sercognani, parcourant les Marches, à la tête d'une armée de 2.000 hommes, adressait aux Romains une proclamation pour les exciter à la révolte. Les deux fils de la reine Hortense quittaient la Toscane pour se joindre aux rebelles. Le pape, en vue de prouver à ses sujets que ses promesses de réforme n'étaient point vaines, et pour répondre à la tactique des meneurs, dont le premier acte avait été de décréter la diminution des impôts, s'empressa, dès le i3 février, de prendre des mesures analogues. Le i6, il abaissa le tarif des douanes. Le ig, il diminua l'impôt sur le sel. En même temps, il ouvrait les prisons politiques, faisant mettre en liberté soixante-dix individus condamnés pour crime d'Etat.

Il fallait montrer que ces mesures ne déguisaient pas la faiblesse et ne constituaient pas une capitulation. Pendant que le pontife essayait de désabuser son peuple des accusations portées contre le gouvernement du Saint-Siège, Bsrnetti négociait des achats d'armes à l'étranger, et, le 17 février, s'adressait aux Romains pour consti-

1. Bernetti fut créé cardinal par Léon XII le a octobre i8a6 {A. de la /?., t. CLVII, p. 133).

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