Ibid., lettre du 4 juin .i83i
3. TuuREA.u-DÀnGiN, Hist. de la mon. de Juillet, t. I, p. 444 445.
accorde une arniMstie
régnait alors entre la cour de Londres et la cour de Paris *, la communauté d'idées qui rapprochait les gouvernements de la Prusse et de la Russie de celui de l'Autriche, risquait d'incendier l'Europe, en tout cas de troubler profondément les Etats de l'Ef'Use et de soulever les L» pape,
^ . " . ^ pour conjurer
passions révolutionnaires. Grégoire XVI voulut pousser jusqu'aux le péri
dernières limites les témoignages de sa condescendance. Le 12 juillet
i83i, il accorda une amnistie générale auK insurgés qui signeraient aux insurges
un acte de soumission à son autorité ; mais il en excepta nommé- (la jj^Het
nient trente-neuf des principaux meneurs, entre autres Mamiani et
Pepoli. Trois jours après, il obtint l'évacuation immédiate de ses Trois jour»
, . . . après,
Etats par les troupes autrichiennes, mais sous la condition qu'elles il obtient reviendraient prêter main forte aux milices pontificales si la tran- 1 évacua imn
*^ *• de ses LUI»
quillilé des Etats de l'Eglise se trouvait de nouveau menacée. Ces par les troupe» mesures allaient-elles mettre fin à tout conflit 2 ? autrichiennes.
Grégoire XVI ne lespérait sans doute pas ; car, s'il avait momentanément écarté un danger imminent, les causes profondes de la crise dont souffrait l'Etat pontifical n'avaient pas disparu. D'une part le malencontreux Mémorandum, avec ses injonctions relatives à de i ersistance
J de ia cnsL'.
vagues réformes, continuait adonner aux agitateurs révolutionnaires un point d'appui et une force qui, pour n'avoir point été désirés par tous les signataires, n'en étaient pas moins considérables. D'autre part, la situation du Saint-Siège, sans véritable armée, sans moyens importants de défense, offrait aux sectes une occasion favorable de reprendre leurs complots. Le 22 décembre i83i, les prolégats et les clats-majors de la garde civique de Bologne, de Forli et de Ravenne et°Bavenne organisèrent, de leur propre initiative, une sorte de constitution se donnent un« autonome, et prétendirent s'opposer à toute intervention des troupes ^autonome? pontificales dans les légations. Sous une forme moins violente, c'était une insurrection aussi radicale que celle qui avait troublé les Etats du Saint-Siège quelques mois auparavant.
Le pape vit le danger, et tâcha d'y parer sans relard. Le cardinal
I. L'Angleterre restait sans doute, au fond, la rivale de la France dans sa politique {jénéraio. mais les complications politiques soulevées par la Rcvùlulion belge avaient fait marcher d'accord les deux nations. Tandis que l'Autriche, la Prusse et la Hussie voyaient de mauvais œil la dissoluLion du rovaume des Pays-l^as et rindopendaucc de ia Belgique ; l'Angleterre et la France, sympathiques à celle révolution, étaient amenées à se montrer unies pour en imposer aux puissances du nord.
'À Lest à cotte occasion, et pour récompenser ses sujets dont le dévouement l'avait soutenu pendant la crise, «jue Grégoire XVI institua l'ordre de Saiut- Gréguirc-le-(jiraud,
Ilist. géii. de l'Kgli e. — V III ii
HISTOIRE GENF.RALÉ DE L ÉGLISE
Lo c^r linal
AiLaiii
est iiomnu'
commissaire
exlraordiiiaire
pour les I «"rations.
De sa propre
initiative, il fait appel
aux Autrichiens.
Grûce à eux,
l'autorité
pontificale est
rétablie dans
toutes
les provinces
(fin janvier
Irritation du
gouvernement
français.
Albani, dont l'énergie et l'expérience des affaires étaient connues, fut nommé commissaire extraordinaire dans les quatre Légations; avec les pouvoirs civils et militaires les plus étendus. Les milices pontificales, précédemment organisées, lui fournirent cinq mille hommes ^ ; malheureusement leur formation militaire n'était pas achevée ; leurs cadres laissaient à désirer ; elles apportèrent à leur action plus d'enthousiasme que de discipline. Arrivées aux frontières des Légations, elles se heurtèrent à des troupes de paysans, soulevés parles agents révolutionnaires, qui, avec les grands mots habituels de liberté, d'indépendance, de haine de l'oppresseur et de l'étranger, en avaient fait des fanatiques, désespérés et prêts à tout. Le cardinal Albani s'exagéra t-il le danger ? Des historiens l'ont conjecturé. En tout cas, le péril était réel, et la nécessité de la répression était urgente. Les Autrichiens se tenaient toujours sur les frontières, l'arme au bras. Eux seuls pouvaient apporter un secours immédiat. Albani n'hésita pas. Sans consulter le pape, dont l'intervention personnelle aurait pu soulever des complications diplomatiques *, il pria le général Radetzky, commandant en chef de l'armée autrichienne, de lui envoyer les troupes nécessaires. Tandis que lui-même, à la tête des milices pontificales, occupait Ferrare, Forli et Ravenne, Radetzky s'emparait de Bologne et de toutes les positions abandonnées six mois auparavant. Aux derniers jours de janvier 1882, l'autorité du Saint-Siège était rétablie dans toutes les provinces.
L'émoi fut grand en France. Ainsi les grands efforts faits par la diplomatie de Casimir Périer pour écarter l'Autriche de l'Italie et pour amener une entente entre le pape et le mouvement réformiste, étaient tout à coup rendus vains. C'était l'Autriche et k politique de la répression matérielle qui triomphaient. Guizot, dans ses Mémoires, exprime bien les sentiments qui agitèrent en ce moment le gouvernement de Louis-Philippe, « Si on en restait là, dit-il, si le gouvernement français ne se montrait pas sensible à cet échec et prompt à le réparer, il n'avait plus en Italie ni considération ni influence. En France, il ne savait que répondre aux attaques et aux insultes de