‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 92 sur 374 · I. Bernascohi, III, TO · texte numérisé non relu

I. Bernascohi, III, TO

3 Devise adoptée par les catholiques polonais peiidaal la persécution de Cathd- ^nc 11.

l'ÉGMSE en PORTUGAL, ESPAGNE, RUSSIE, SUISSE ET ITAITE 301

exagérèrent ces faits, les généralisèrent, représentèrent l'insurrection polonaise comme un danger grave pour la tranquillité de l'Europe ; et le tsar somma le pape d'intervenir pour rappeler les Polonais à l'obéissance, insinuant que, par son silence, il se rendait responsable des mesures de répression violente que ne manquerait pas de provoquer son refus d'intervention ^.

Grégoire XVl crut devoir céder aux instances du gouvernement Grégoire XVI

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russe. 11 adressa au cierge polonais une Lettre encychque, datée du ^^^ Polonais 9 juin i832 2, où il lui rappelait, sans traiter aucune autre question, ia soumission les maximes de l'Eglise catholique toucbant la soumission aux pouvoirs temporels. Acceptant comme vraies les allégations intéressées du ministre de Russie, « nous avons appris, disait-il, que les affreuses calamités qui ont désolé votre royaume n'ont pas eu d'autre source que les manœuvres de quelques fabricateurs de ruse et de mensonge, qui, sous prétexte de religion, dans notre âge malheureux, élèvent la tête contre la puissance des princes ».

L'effet produit par la publication de cette Lettre fut déplorable. ^^^^

L'empereur Nicolas, non content de faire lire et répandre partout ^X^ceUo^ 1 encyclique, la présenta comme une approbation de sa politique, inlerveniion. comme une excommunication des révoltés. Puis, profitant de Le gouvernela stupeur dans laquelle cette interprétation de l'encyclique avait '^n'^lhusT plongé les Polonais, il redoubla de violence et d'hypocrisie dans ^^ dénaturant ses persécutions. Un décret de 1882 ordonna d'élever dans le ^' ''uon!"' schisme tous les enfants nés de mariages mixtes ; toutes les écoles religieuses, tous les séminaires des rites unis furent fermés, et Redoublement les élèves de cei établissements furent contraints de suivre les cours „,/-* '!• une université schismatique. Grégoire XVI avait profité de Toc- contre casion de son encyclique pacificatrice adressée aux Polonais pour ^^' Po^^^^'»faire remettre à l'ambassade russe une note confidentielle concernant les atteintes portées à la religion catholique dans les domaines Intervention impériaux. Cette note resta sans réponse. Elle fut suivie d'une leurTeur seconde note, du 6 septembre 1882, où de nouveaux griefs étaient articulés. Bien loin d'en tenir compte, le tsar chargea son ministre Gouriew d'adresser au pape un long mémoire, qui, daté de mai i833, atteignait les dernières limites de l'insolence et de l'hypocrisie.

j/n ^«.^^^!!"'^^ %\ Saint-Pôre. le 30 avril t83., par le princr (îa^ariu, ministre de Rnss.e a Rome. Vo.r les principaux passages de celte note dans Lescckir. VEause catholique en Pobxjne, p. 49-Do.

a. Berîiasconi, I, i43 i44.

202 HISTOIRE GÉ."NÉRALE DE l'ÉGLISE

Réponse « C'cst le clergé, disait le ministre russe, qui, par sa conduite couhau laine de , . w i • / i . , .

la chancellerie pable et ingrate, a décline le pacte qui lui assurait la jouissance pai-

russe. sible des bienfaits qui en découlaient... Le gouvernement rentre

dans le plein exercice de ses droits de vainqueur... C'est à lui seul

qu'il appartient de prononcer sur les moyens qu'il jugera les plus

efficaces pour prévenir de nouveaux désordres » ^.

Grégoire XVI, Breî^ la situation malheureuse de la Polosrne, au lieu de s'amé-

mieux instruit ^ i • i t t >f • , ^

des faits, liorer a la suite de 1 encyclique, s était aggravée. Grégoire XVI comse prononce prJt qu'il avait eu tort de céder aux demandes du tsar. « Je ne vous

hautement . . • if ' t • «i i

pour la cause ^1 jamais desapprouves, disait-il plus tard au général Zamoyski, des Polonais, représentant des catholiques polonais, mais j'ai été trompé sur votre compte... Les menaces m*ontébranlé. J'ai frémi des persécutions qui allaient fondre sur vous. J'ai cédé à une véritable sommation » -. Et quand, en i84o, le chevalier Furhmann voulut, dans un rapport, expliquer l'enlèvement de milliers d'enfants polonais, transportés en Son allocuiion Sibérie parce que leurs parents refusaient d'apostasier 3, Grégoire, i842. en présence des cardinaux réunis en consistoire, prononça, le 22

juillet 1842, une allocution solennelle qui eut un immense retentissement. « Le temps est venu de parler, s'écria-t-il. Ce que nous avons fait, sans repos ni relâche, pour défendre les droits de l'Eglise catholique dans l'empire russe, le public n'en a pas eu connaissance... Les ennemis du Saint-Siège ont, par la fraude héréditaire qui les distingue, fait prévaloir le bruit que nous couvrions de notre silence les maux si grands dont une partie de notre troupeau est accablé, et qu'ainsi nous avions presque abandonné la cause de la religion catholique. Nous devons à Dieu, à la religion, à nousraeme de repousser bien loin de nous jusqu'au soupçon d'une faute si injurieuse. Et telle est la raison pour laquelle toute la suite des efforts faits par nous en faveur de l'Eglise catholique dans l'empire de Russie, a été, par notre ordre, mise en lumière dans un exposé particuher * ». Dans cet exposé, sobre et lumineux, Grégoire racontait à l'univers, avec une simplicité et une vigueur tout apostoliques, cette histoire si touchante de la faiblesse aux prises avec la Xoroe, de la vérité nue et désarmée aux prises avec la violence perfide...

I. Cité par Lescceur, op. cit.y p. 69, a. Lescoel'r, p. 55-6 1.

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