‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 94 sur 374 · I. BEKîTi.sGO'Ni, t. II, p. 3:i · texte numérisé non relu

I. BEKîTi.sGO'Ni, t. II, p. 3:i

l'église en PORTUGAL, ESPAGNE, RUSSIE, SUISSE ET ITALIE 2O9

Le i*"" avril i842, Grégoire XVI protesta publiquement contre ces nouveaux attentats, dcQlara nulles de droit toutes les mesures prises contre les lois de l'Eglise, et exhorta les catholiques à résister à ces tentatives criminelles*.

L'appel du pontife fut entendu. Les catholiques suisses prirent cette devise : « Vivre catholiques ou mourir ». lis élurent comme leur représentant au grand conseil Joseph Leu, qui s'y fit le champion de tous leurs droits. Le grand conseil bannit de son sein l'alhlète intrépide. Le peuple l'élut de nouveau. Condamné à l'amende, à la prison, Joseph Leu parut plus grand que jamais. Réduit à l'inaction, il répétait la maxime de son vieux maître Wolf : « La prière sauvera la patrie ». Cependant, avec une foi non moins vive, l'avocat Meyer essayait d'agir par voie diplomatique, cherchant un appui dans les puissances qui s'étaient déclarées prolectrices des libertés traditionnelles de son pays.

Depuis la tentative faite pour modifier le pacte fédéral, pacte sanctionné par les traités de i8i5, les principales puissances signataires de ces traités étaient en éveil. Une Suisse unitaire et radicale leur paraissait troubler l'équilibre et la sécurité de l'Europe. Au nom de l'Autriche, de la Russie, de la Prusse, des remontrances furent adressées au gouvernement suisse. L'Angleterre s'y rallia. Quant à la « France de Juillet », elle était partagée entre le désir de soutenir en Suisse le parti libéral, et l'appréhension que lui causait la présence en Suisse, non loin de ses frontières, de réfugiés révolutionnaires ouvertement protégés par les radicaux. Elle hésita, puis s'abstint.

D'autre part, plusieurs événements étaient venus relever le courage des catholiques suisses. Lucerne avait secoué le joug radical, et son tour allait venir d'être le siège de la diète fédérale. Le nonce du pape, Mgr d'Andréa, y avait fait sa rentrée solennelle. Les Lucernois songèrent à confier aux jésuites l'institut théologique et le séminaire de leur canton. Leur droit était incontestable ; mais était-il prudent de l exercer ? Sur cette question de conduite, il y avait désaccord entre les deux chefs les plus influents des catholiques. Joseph Leu, préoccupé surtout d'écarter de Lucerne des influences suspectes, poussait à y appeler les jésuites. Meyer, plus calculateur, craignait d'associer sans nécessité la cause conservatrice à celle de religieux

Energique*

prolcstation»

(lu pape.

Joseph Leu,

chef de la

résistance dei

calholiques.

Intervention

des puissances.

La viHe

de Lucern*

rappelle les jésuites.

Page 1