‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 131 sur 278 · Mo col i-l · texte numérisé non relu

Mo col i-l

Oriiriori de urehiieclare ••■■ihique.

2>i rtlSTOinE GÉÎIÉRALE de fÊr.l.lsr.

qui font de ce gallo-romain, nt^ sur le territoire de Chilon-pur- Saône, une des figures les plus attachantes de l'époque mérovingienne'.

La vie chrétienne de cette époque s'est-elle exprimée an sud de la Gaule par une architeclure spéciale, par une sorte dart « pré-roman », qui en se développant aurait abouti à l'art gothique? On l'a soutenu avec beaucoup de science et de lalcnt -. Mais celte théorie ne paraît pas démontrée. Il reste probable que le qualificatif de gothique n'a été donné à l'art du Moyen Age que parce qu'il était synonj-me de barbare ', et que les Visigolhs n'ont eu qu'un rôle insignifiant dans l'évolution de l'architecture religieuse.

Lee BnrgOQdea.

Leur origine.

Les moins barbares, les plus facilement assimilés à la civilisation romaine, de tous les hommes de race gothique, paraissent avoir été les Burgondes. Déjà au w' siècle, au rapport d'Ammicn Marcellin, ils étaient fiers de se dire issus de la même famille que les Romains, sobolem se esse ronianam Leur iotroduc- Burgundii sciant. Les empereurs, qui en avaient un grand "mond^ro-* nombre à leur solde, les avaient échelonnés le long du Rhin pour Dosio. protéger Trêves; ils les placèrent ensuite le long des Alpes, pour garantir la Provence. Or, de dislance en distance, ces barbares, ayant construit des châteaux-forts ou burgs, en prirent, dit Paul Orose, le nom de Burgondes ou hommes des burgs *. L'histoire des événements qui les déterminèrent a occu-

1. Saint Césaire, né en 470 on 471, eetmorl en 543, Mauiobt, ttint Césairt, itique d'Arles, Paris, 1894.

2 .M. CouRiJOD, dans ses leçons pro(c-8c''>s à VFcole du Louvre, t. I, 1899. M. nnirri'LS a combattu la Ihîiiio do M. Cournjod dans VArchéologie du Mot;f% Age et ses miihodcs. Taris, fJOU. Cf. Dom Licuinco. Manuel d'arehéoloyi* t/tréiienne, tome II, p. 128.

3. Rabelais a ^'t£ l'un des premiers & donner au mot • gothique " le seul néprlFant que ce terme a longtemps gardé. H Lencmiiiu, IJUt. de Fr. de Lx- Tigi,«, V, I, .312.

4 Paul Onosii. Ilht , 1. VII, c. ziiii, P. I.., X.VXI, col. 1144. Ainsi lei chrétiens des Asturies qni, regagnant pied & pied le terrain envahi par 1er musulmans, construisaient des châteaux fort* pour afFiirer leurs conrp'Hcs, eo reçurent le nom de Castillans. Ainsi la race guerrière char^jée de détendre loi abords de l'Allemagne y gagna le nom de Uabibourg.

per le sud-est de la Gaule est obscure. Ils y furent probable- 'j^^ ]'gll*àtî\ ment amenés par les gallo-romains et s'y fixèrent. « Autant Gaule. qu'on peut en juger, écrit M. Bayet, le royaume burgonde était limité du côté des Francs par le plateau de Langres ; du côté des Alamans par la trouée de Belfort, l'Aar et le Jur;i septentrional ; du côté des Ostrogoths par les Alpes ; à l'ouest, par une partie du cours inférieur du Rhône, le cours supérieur de la Loire, les monts du Morvan et la Côte d'Or ; au sud, la Durance le séparait de la Provence gothique, mais à diverses reprises les Burgondesla franchirent » '. Les Burgondes furent de bonne heure convertis à la foi catholique. Leur conversion Leur coinrerdoit dater de l'époque de leur séjour aux environs de Trêves, ' catbci .iue. où ils se trouvèrent en contact avec les premiers missionnaires de la Germanie '. Leur arianisrae leur vint de leurs rapports avec les "\'isigoths. 11 atteignit surtout la haute classe de la société. Mais il y eut toujours en Burgondie une partie Us sont j>»pn*» notable de la population très attachée à la foi catholique. C'est me| la burgonde Clotilde qui convertit le roi des Francs à la fin du v° siècle ; cent ans plus tard le chapelain de la reine Berthe, l'évêque Luidhard, qui contribua à la conversion du roi d'Angleterre Ethelbert, était burgonde. Nous savons que saint Césaire était originaire de Burgondie. Le roi Contran de Burgondie est honoré du titre de saint '. C'est uniquement par Mai» \t foi enpeur de ses sujets, dit Grégoire de Tours, que le roi Gonde- siste \hei un baud n'abjura pas l'arianisme *. Son fils Sigismond fut con- el^^Bargocde verti par saint A'vit, mais, esprit faible, il se laissa conduire par le romain A^itus, et le roi franc Qodomir le fit périr avec sa fanùlle en 324. Le royaume des Burgondes était dès

1. ffist. de Fr. de Litissb, t If, 1" partie, p. 87. C'est à tort qne des historiens tels que Dom Pilra affirment, d'après saint Grégoire île Tonrs. qne les Burgnodes se sont emparés de la Provence, kn concile J'.-Vgde, en 506. siègent les ivèques d'Aix, d'Arles, de Digne et de Fréjus. Or, Agde élait cerlain ment soumise aux Visigolhs, et comme il est inouï à cette époque qne des évèques soient sortis de leur royaume pour prendre part à nn concile, il est cerlain gu'Aix, Arles, Digne et Fréjus étaient en pays visigoth et non burgonde Les «nues des conciles donnent ainsi les meilleures indications géographiques

2. Provi'tentia Dei, dit Paul Obosb en 417, omnes (Burgundii) modo facli eatholica fide. P. L., XXXI, col. 1144

3 Sur ce roi Contran, voir Gbég. db Tocns, 1. IX, c. xx, xxi.

4. Gréo de Tocbs, 1. 11, c. XXXIV. On sait que le prétendu colloque organisé à Lyon par ijondebaud entre catholiques et ariens n'est pas authentique. C'est une invention de Jérôme Vignier. Julien Haïït, £ibl. de l'Ee. des cà., 1885, t. XL\1, p. 233-£50.

lors condamne^. En vain le frère de Sigismond, Gondemar,

rtii r»yau- cssaya-t-il de relever la cause de son pavs par les amies. Il

d.^Ri.r^ou- j.^^ i^.^jj^ ç^ j;3i par les rois francs Clolaire et Childebert.

C'était la fin de la Burgondie. Ce royaume n'avait guère vécv

plus d'un si6cle, de 413 à 534.

Ce n'est donc point par la durée de sa vie nationale ni pai la gloire de ses armes que ce peuple s'est acquis un renoiï dans l'histoire, c'est plutôt par l'éclat de sa vie intellectuelle. Une race qui a donné aux m* et vu" siècles leurs meilleurs historiens, qui a possédé les plus célèbres écoles de rhétorique de la Gaule, qui a inspiré et sans doute ébauché l'épopée des Niebclungen, qui a su comprendre les hautes pensées d'un saint Avit et qui a exprimé sa vie et ses mœurs dans la loi Gombette, était un apport précieux pour la Chrétienté. I.hintoripn Né dans le pays d'Aulun vers 530, mort en 593, le chroni-

M«>iiit dA- qiieur Marins d'Avenche « se tient au courant des menus faits ▼encbe. ^

de la politique grecque, interroge les pèlerins, les marchands

de passage » et nous laisse « une œuvre sèche, concise, mais

Le» «uteufêde de haute valeur ' ». C'est à la Burgondie qu'appartiennent

dâe de^Fridé- ''gaiement les trois auteurs de la Chronique dite de Frédégaire,

g&ire. écrite de 584 à 642, et qui, dans un latin extraordinairement

barbare, renferme, au dire d'un juge compétent, « presque

autant de renseignements utiles que de mots ' ».

Lei écoles de La Burgondie a ses écoles de rhéteurs. La plus célèbre est

flur7ndie° ^®*'° ^"® X'iventiolus tient à Lyon. Celle de Valence, dirigée

par Sabaudus, que loue Sidoine Apollinaire, a probablement

formé à l'éloquence saint Avit.

Le pseudo-Frédégaire déclare qu'il écrit ses mémoires ab illuslro viro Nieielunyo '. C'est le nom qui donnera son titre à l'épopée allemande du xii® siècle. Les Niebelungen, récit épique des gestes de Burgondie, ont été composés sur des chants populaires cont l'antiquité remonte probablement jusqu'à l'époque qui suivit immédiatement la ruine du roj'aume burgonde. g . . Mais le grand poète du royaume fut l'évèque de \'ienne,

Vienn». saint Avit ', Alcinius Ecdicius Avitus, né probablement k

I. A. Motmtii. l.ct sourrea de l'ffiit. de France, I, 170, V, page VIIL

i. A Mousita, l'id.. 1, la.

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