‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 142 sur 278 · Greg. Mag»., Dial., III · texte numérisé non relu

Greg. Mag»., Dial., III

«. Greg. ToK.. IX, 15.

7. Sur cette cérémonie de l'oncUon par le Saint-Chrêma dat arleiu oonrttti» TOlr DocHism Origines du Culte chrétien, p. 313 6 Saiol Léandre était le frère de la première f^i ' '«

jure

Itiuei l l'aria Diamt.

246 HISTOIHE Ct.N£llALE tE I. ttil.lSE

son Inslitutio virginum. Cet ouvrage de saint Léandre esl,

avec un magnifique discours prononcé au III» conci'.e de Tolî^de,

tout ce qui nous reste de ses écrits. Il est de nature à nous

faire regretter la perte de ses deux livres de polémique contre

les ariens et de sa correspondance avec saint Grégoire le

Grand. Mais son œuvre politique nous est connue. On l'a

appelé avec raison le saint Rémi de l'Espagne. Jusqu'à sa

mort, survenue en 590, il soutint de ses conseils le roi Recca-

rède.

te iroiBième C'est Léandre qui fut l'âme de ce grand concile de Tolède, concile de To- . . j . • i -, ?

\èd». troisième dans la série des conciles de ce nom, dans lequel la

nation espagnole, représentée par son roi, sa reine, soixante quatre évêques, sept représentants d'évêques et les grands personnages du royaume, primores gentis gothicœ, abjura LE^pftRDe vi- solennellement l'hérésie arienne. Dans une profession de foi '" soi'êiinei" T^^ l'assemblée entière souscrivit et que le procès- verbal du concile nous a conservée, le roi Reccarède afTirma sa croyance non seulement à l'égalité des Personnes divines, mais aussi à la procession du Saint-Esprit a Pâtre Filioque. Cette nouvelle précision du dogme, exprimée par le mot Filioque, qui devait être l'occasion de tant de disputes, commençait donc à être regardée comme essentielle à la foi '. D'Espagne elle devait passer à la France et s'imposer plus tard à l'Eglise universelle. , Ce concile de 589 devait être suivi de quinze autres conciles

nationaux de Tolède dont on a pu dire qu'ils ont fait l'Espagne '.

wcanciieade ^^^ conciles espagnols de Tolède avaient ceci de particulier Xo'M*. qu'ils tenaient de l'assemblée nationale, ou plutôt qu'ils étaient,

1 Ceplla seconde tols qu'elle ee trouve dans une profession de t\.\. On la rencontre dans un concile do Galice, loiiu en 447.

2. Kn Krnoce il penihfe que \n. source principale de la civilisation ait été riiifliience persunnollo do quelques grands éviquos En Allemafjne, on remarquRrait plutôt I action blenritisnnto de quelques grands moiiastfcr.'S.el en Anj;letcrre on noterait, surtont.de Uède h Alcuin, rionuonce des éco'es. En Espagne, la part pri''ponili'ninle dans l'œuvre civilisatrice appartient sans contredit h l'œuvre des conciles n.ilionaux. Le 18" et dernier concile de Tolède a été tena en 701. ^'esl le seul dont on ait perda lei actes.

en même temps que des conciles, des assemblées nationales. On y traitait ordinairement les questions de dogme et de discipline ecclésiastique pendant les trois premiers jours. Les évêques et les aLbés y assistaient alors seuls '. Mais le malin du quatrième jour on ou\Tait les portes aux grands officiers, ducs, comtes et juges, et le jugement du peuple, comme on disait, venait se joindre au jugement de Dieu ; après la vox Dei, se faisait entendre la vox populi ^

M. Guizot, dans ses leçons sur L'histoire de la cimlisalion en Europe, a résimié en quelques traits l'œuvre des conciles de Tolède au point de vue de la civilisation générale. « En Espagne, dit-il, c'est l'Eglise qui essaie de recommencer la civilisation. Au lieu des anciennes assemblées germaines, des mais de guerriers, l'assemblée qui prévaut eu Espagne, c'est le concile de Tolède ; et, dans le concile, quoique les laïcs Leur aetlon si. considérables s'y rendent, ce sont les évêques qui dominent. "'"•''■"•• Ouvrez la loi des Visigoths (telle qu'elle a été modifiée par les conciles) ; ce n'est pas ime loi barbare. Elle abonde en idées générales, en théories, et en théories pleinement étrangères aux mœurs barbares. Ainsi vous savez que la législation des Barbares était une législation personnelle ; c'est-à-dire que la même loi ne s'appliquait qu'aux hommes de la même race. Eh bien, la législation des Visigoths n'est point personnelle ', Tous les habitants de l'Espagne, Romains ou Visigoths, sont soumis à la même loi. Continuez votre lecture. Chez les Barbares, les hommes avaient, suivant leur situation, une valeur diéterminée : le Barbare, le Romeùn, l'homme libre, le leude, etc., n'étaient pas estimés au même prix ; il y avait un tarif de leurs vies. Le principe de l'égale valeur des hommes devant la loi est établi dans la loi des Visigoths. Regardez au système de procédure ; au lieu du serment, des compurgatores, ou du combat judiciaire, vous trouverez la preuve par témoins, l'examen rationnel du fait tel qu'il peut se faire dans une société civilisée. En im mot, la loi des Visigoths tout entière

1. C'est an m« concile de Tolède, en 589, qu'on voit pour la première (oii les abbés siéger dans nne assemblée conciliaire.

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