I/pn rinc»« l/ic. 1. l.TC, P G . CXWI. e
2. L'opininn do llo-<inpt. faisant ilo'i-i'nilrp I liprffie fies Albigeois du mftnir'iéisnic pur les lltjImirKS, bien [iie i'nnl<'s!''e par M Ui;r.»i.uAD Jlussiirt Airlorieii -'u fn-oie'ian'itme. p nh . est iiiainicninl niini^'e par la rrilic|ao. V. Hulletii criliqai; iS9ô, p M.fJ Lr» iniils Hiilviiri, Hnlgri, Bnljri'S roininancrnld''8 lors à *tre einivloy^- pour imliiiinr 1«* hélortjdoxe». S Louis raconininnile fi «on (iU de «"^ mi'fîrr t|o» innilvaif î'oiilgrM.
U tu tS'O lin inouvroii-nt il« retour k 1 Eglise s'e.«t manifei'lé diin» la Bulcarie Ou y cooiptcinul iiiUii-liDjnerit plii.< 'le 6n D 0 ciillioliquC9 (P. Miciiii, L'Orient rt Home, p 'ii Mni:i le >ire niilior al I» Miliordlimtion dp la religion fc a poliliiinn, y («niislf plii« (|m« j«iniii8 Voir le di-icoiirs prononcé lo2 ITi mai 19<»7. k I oci-nt"ioii du inillr'nnlie de In m\<\\ du roi Uoris par M Apn-l lot, miriaire do llnsIriK-tion puli i i;m8. /.c/ci ti'V'ient, 11*07, t. X p. i^V.» et t CL Echot cPO'ieiit, I.\. p. 3.) el t.
l'église chez les peuples barbabes 263
éphémère. Elle n'existait pour ainsi dire pas avant l'arrivée tî" Onrée ij>hi-
saint Cyrille et de saint Méthode, et on peut dire qu'elli^ «e moraTe.
n'exista plus après leur mort. Quant à la Moravie, ce n'était
au milieu du ix* siècle qu'une petite tribu slave soumise à lr>
domination de l'Allemagne et si, à la fin du ix* siècle, sous
le grand Swatopluck, elle devint un grand empire, cet empire Son impor»
s'etfondra au x^ siècle sous les coups de l'invasion magyare, rhi.tdire rdi-
Mais l'histoire de la conversion de la Moravie prend une im- '""f* ^' P""'
portance capitale si l'on considère l'œuvre des deux apôtres,
saint Cyrille et saint Méthode, et la portée de cette œuvre
sur l'avenir df> la race slave tout entière. « Aucun des autres
héros de notre race, dit un historien russe, Hilferding, ne
saurait être comparé à CjTille et à Méthode à ce point de vue :
leur action a été panslavej on ne peut dire cela que d'eux
seuls ' ».
Avant eux, des missionnaires de race latine et s;recnue, mais ^^' premièrti
,.,.,,. Dii'sion» ea surtout de race germanique, avaient évangéh.sé les bords de la Moravie.
Morava. C'est là. dans le bassin du Danube, que se trouvaien les Avars, dont la tribu slave était vassale. Des missions organisées par Charlemagne à l'intention des Avars et dirigées, dit-on, par un frère d'Alcuin, nommé Arno, atteignirent le peuple tributaire en même temps que le peuple dominateur. En 824, une bulle d'Eugène II félicita les Moraves et leur prince de leur fidélité à la religion. Ce prince s'appelait Moïmir-Mais en ce moment même la nation venait de s'affranchir des Avars, dont l'empire s'était elfondré. N'allait-elle pas changer SusceptibiliWt simplement d'oppresseur.s ? Les missionnaires impériaux, qui °*ii''o°aTei. ne connaissaient pas leur langue, avaient l'air de leur importer, avec leur religion, des mœurs et des lois étrangères. D'ailleurs les princes francs ne s'étaient pas contentés Je leur envoyer des prêtres et des moines pour les convertir ; c'est d'eux que leur venaient aussi les soldats qui les pillaient, les comtes qui les rançonnaient, les colons qui prenaient leurs meilleures terres. Le roi Moïmir, très bon chrétien, protestait au nom de l'indépendance nationale. En 846, Louis le Germanique le déposa de force et imposa aux Moraves le neveu de Moïmir, Rastiz, espérant trouver en celui-ci un instrument
1. niLFïT.DiSG, Cyrille et iîdthodle, Œuvres eomp'.ètrs. l. I, p 259.
plus docile. 11 se trompa. Rastiz ot son pmiple voulaient bien rester chrt^tiens, mais non devenir sujets des Germains. C'est alors que le roi et les chefs du peuple morave conçurent un projet hardi et hahile, qui concilierait leur attachement à la lia ^Mrimn'l'sii foi chri.''ti8nne et leurs instincts d'inddpendance : ce fut de
d'i. mii.muu- . ,.^ . 1 • j 11
iinir.-« à l'eni- s adresser a 1 empereur d Orient pour lui demander des mis- '"rleui.'^ "' sionnnires. En 862, le roi Rastiz envoya à Michel III une ambassade charj'e du messag'e suivant : « De nombreux prédicateurs chrtHicns sont arrivc's chez nous d'Italie, d'Allema;jne. de Grèce, nous apportant diverses doctrines. Mais nous autres. Slaves, nous sommes un peuple simple, et nous n'avons personne pour nous enseigner où est la vérih^ Désigne-nous donc, généreux monarque, un homme capable de nous parler suivant la raison, car c'est de vous que part la bonne foi. pour se répandre dans l'univers entier ». Michel III, qui, malgré le défaut qui lui a valu le surnom de Michel riviogne, ne manquait pas de sagesse, dé.signa, pour évangéliser la Moravie, deux hommes que tout semblait avoir pré-
FilniCTiiinfi parés h bien remplir cette importance mission, deux frères,
•liiut jietuuiie. (Constantin et Méthode, dont le premier devait prendre plus tard le nom de Cyrille.
Par la sainteté de leur vie, par leur science, par leurs malheurs, par l'échec apparent de leur mis.<;ion et par l'inmien- .sité des résultats lointains de leur œuvre, saint Cyrille et saint M'thiide doivent dire comptés parmi les hommes les
Liiirioriginee. plus noblement et simplement grands de l'histoire. Les deux frères étaient nés à Thessalonique, ville maritime célèbre par son commerce, sa population active et cosmopolite. « Thessaloni([uc, dit le P. LapAtre était l'une des meilleures écoles de rOri'Mit pour s'initier aux langues et aux m(curs des Occidentaux et des Slaves. Du cAté de la terre, dans quelque direction qu'il port;ll ses pas, le Thessalonicicn ne pouvait marcher une heure sans se trouver au milieu de populations de race slave. Partout des slavinies. ou sujettes ou vassales de l'empire ' ». Fils d'un haut fonctionnaire impérial, Constantin et
Oiojrapbwi de M<5thode revureut une éducation des plus distinguées. Mé- Méthoda. thode, l'aiué, esprit grave, actif, avise, d'un bon sens robuste,
t. LatAtm. l.' Europe el If ^nt-Si^u '. p. iO.
L'i;r.i.isr; che? les peuples barbares 265
d'une ténacité indomptable, avait d'abord suivi la carrière pSr 'ornelle et administré pendant plusieurs années une slavinie, ^uis on l'avait vu abandonner ses hautes fonctions, se retirer 'lans une laiire et v mener la vie d'un ascète. Chargé de la direction et de la réforme d'un important monastère, il avait eu l'occasion d'y révéler, plus encore que dans l'administration civile de son district, les infinies ressources de son caractère. Tout autre ét;tit la nature de Constantin. Doux, pensif, mys- Ui J2raphl« A» tique, il aimait l'étude et la solitude. On l'appelait et il se ^^' '" plaisait à ce qu'on l'appelât le philosophe. Compagnon d'études du jeune prince Michel, le futur empereur Michel III, il avait étudié sous les premiers maîtres la poésie, l'histoire, Vs mathémalirj'ies. la dialectique. Pour échapper aux honneurs que lui oITraient l'impératrice mère Théodora, qui l'aimait comme un fils, et le grand logothète ' Théoctistos, qui voulait lui donner sa fille en mariage, Constantin avait fui dans une île de la mer de Marmara. On l'y retrouva caché au fond d'un monastère. Ordonné prêtre, il dut accepter de son impérial ami, Michel III, une chaire de philosophie à Constantinople, oîi il charma ses auditeurs par la précision de sa dialectique, l'élégance de sa parole et l'élévation de son enseignement.
Il n'y avait peut-ftre entre les caractères des deux frères qu'un trait commun, mais ce trait chez l'un comme chez l'autre était profondément marqué : c'était un zèle ardent pour le salut des âmes.
Or, au milieu du ix" siècle, un double péril menaçait l'Eglise lT» double p*- , , ., 1 ,. .1 .• 1 , .1 1 ''I menace
sur les frontières de I empire byzantin : le péril mu.sulman cl lEpiUe en
e péril juif. L'audace des fils de l'Islam s'était accrue avec Oneai.
l'affermissement de la dynastie des Ommiades. En 838, la cil^j Le péril ma-
matolienne d'Amorion avait succombé sous le flot d'une
armée musulmane. Aux ruines matérielles s'ajoutaient des
ruines morales. Le prestige de la science arabe égalait alors
celui de la science byzantine et déterminait des défections
parmi les chrétiens. Pour le ^•<.r.ja''re,rempereur fit appel au
brilla* t professeur de phil?-") ,^'- <fc«^ capitale. Sur les terres
1 Le mot français qui répond >» ■»i»'»' »a oiv-t grec (le Io^oMmMx osI celai de ministre. Le grand logothète était uue sorte de premier miniâUu ^Ch. Liuaii, Grande Encyclopédie, au mot loguth^te.)
2C6 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÊGLISE
=»ini Cyrille *^" c.'ilife dp Bngdad, Constantin rencontra un adversaire dont ■f»nd la f.) ]jj culture intellectuelle était à la hauteur de la sienne, le sa-
. .nirelecaii'e vant calife Mutawakil. S'il ne parvint pas à le convertir il soutint du moins devant lui l'honneur do la religion chrétienne.
l» péril juif Le poril juif était un peu partout dans l'empire. La guerre aux images avait enhardi les Israélites, llevenus en faveur, ils avaient abusé de leur influencp pour d(Hprniiiu'r des apostasies parmi les chrétiens. En 812, le patriarche Xicéphore accusait leur doctrine d'envahir l'empire comme une gangrf'ne '. Un mouvement d'ardent prosélytisme s'était principalement manifesté chez les Israélites riverains de la mer Noire '. La nation
CTriile et Mii- ^'^^ Khazares était sur le point d'ctre g;ignée au judaïsme. Il
•hoje chfz ie> [allait des hommes de science et de courage pour conjurer le péril. Michel s adressa à Constantin et à Méthode, qui non seulement préservèrent la foi de ce peuple voisin de l'empire, mais le décidèrent aussi à conclure une alliance avec Byzance.
C'est au moment où Constantin rcA'enait de cette missioa, accablé de fatigue, déjà attaqué par la maladie qui devait l'emporter plus tard, que les ambassadeurs de Rastiz, duc de Moravie, arrivaient A Constantinople sollicitant des missionnaires. Une fois de p^us, l'empereur fit appel au dévouement de Constantin et de Méthode.
Constantin seul était prêtre. Méthode, simple moine, n'avait T<e rff '"■'• encore reçu que la tonsure cléricale. Les deux apôtres furent
riiie eiii-^ M- l'objet, à leur arrivée en Moravie, d'un accueil enthousiaste, tliode ta Ho- •' ' , • , , ■ i i
r*»i«. Tout les recommandait à la sj'mpatliie du peuple morave :
leurs mœurs douces et polies qui contrastaient si fort avec la
rudesse des convertisseurs allemands ', la grave solennité de
leurs chants et de leurs cérémonies liturgiques où le génie
hellénique avait laissé son harmonie, enfin surtout l'emploi de
1. t'ito yic'phori, cilé dans PinooiRr, L'Eg'Ue iytantinê, p. 283. 2 A TltastiiD, L'empire grec nu 'Hii^me s fc'e, \< 273 3. • O-i «'■Afiiiug nll.-mnnds, dit le R. P Lapàtro, ces nhhé» qnl se posaient •n converr.!'-p>ir<, l'.'S Mornves les avaii'nt vus sur les cliainps de bataille et eonnai!><iaient mieut la force de leur masse d'armes que celle de leur pr6'lic«tion Kn S49. ce so; l de? iibbé? qui mènent I cxiM-ililion contre les r.ohèmes. En f<71, c'est Arno, le belliiiueiix évèquo de NVirilioiirg, Arno, qui réparait encore l'année suivante, guerroyant contre Ici Morave», en compesnie du non ■oins belliqueux abbé de Fulde.Sigchard. » L'Euvofe et le Sa ntSiige, p. 93.
l'église chez les rELTLES BARB^RÏS 2G7
la Innî^e slavonne que Constantin et Méthode connaissaient à fond et dont ils se servaient non seulement dans leurs pré-
... . • . 1 ro 1-. • T r •! I** ir.lrodiii-
dications, mais aussi dans les oihces liturgiques. La parlaile pgni la lanirne connaissance qu'ils avaient de cette langue leur permit même [^7 "Jfbces'^'H' de composer en quelques jours un système pratique d'écriture turglqoM. du slavon et de commencer à traduire les Livres sacrés. n Des rives du Danube, a-t-on dit, jusque dans les hautes vallées de la Moravie, ce fut comme un enchantement et une délivrance '. » Hélas ! l'œuvre de Dieu n'alladt pas tarder à être marquée du sceau de l'épreuve.
L'autorité impériale, à la nouvelle des succès des deux missionnaires, s'alarma. Elle eut peur que ces Orientaux ne ''Gèrm"!»».** vinssent à supplanter le clergé allemand et que l'empire ne se trouvât ainsi prive de ses meilleurs auxiliaires. Lne armée Louie le Utrallemande, conduite par Louis le Germanique en personne, ncHniine. passa sur la rive gauche du Danube, et mit le siège devant la grande forteresse de la Moravie, la Dowina. Le duc Rastiz n'échappa à une ruine complète qu'en renouvelant à l'empereur son serment de vassalité *. D'autres difficultés, d'autres conflits, plus douloureux aux cœurs des deux apôtres, les attendaient. Cyrille et Méthode s'étant rendus en Italie pour faire ordonner prêtres quelques-uns de leurs collaborateurs (nous savons que ni l'un ni l'autre n'avcdent le caractèra épiscopal) s'arrêtèrent à Venise, où leur habitude de célébrer il^goe'sia-'* la messe en slavon scandalisa fort le cler^^é latin. Des cano- ^"line tien» la nistes et des théologiens prétendirent que, de droit divin, concéà Koine. trois langues seulement avaient le privilège de servir aux offices liturgiques, à savoir celles qui avaient été représentées sur l'écriteau de la croix, l'hébreu, le grec et le latin. Les missionnaires eurent beau exposer qu'ils avaient cru faire une chose toute naturelle, A'enant d'Orient, où l'on voyait la messe se célébrer, suivant les contrées, en grec, en persan, en arménien, en syriaque et en copte. Dénoncés au Pape, ils furent obligés de se rendre à Roine pour se disculper auprès de Nicolas I". Ils y furent re'.us par le pape Hadrien II, qui venait de succéder à Nico-
l. LiPÔTRiî p. 106. 107.
t. Annales de Fulda, a 8';4, BUt. det Gaules. TTI, 171.
268 HISTOIKE GÉNÉnALE DE l'ÉCLISE
las l*', et qui écouta avec liienveillance les deux suspects. Touché de leur piété, de leur zMe et des fruits obtenus en Moravie par leur apostolat. Hadrien II, sans égard pour la théorie tr'diiifjue des théologiens de Venise, autorisa les misr.TrlUe *K yi- sionnaires à garder leurs livres sacrés on langue slavonne, orprouv/^par iC donna prêtre Métliode et s'apprêtait même h sacrer évêque pa"* Constantin, nuand celui-ci mourut de la maladie qu'il avait contractée dans sa mission auprès des Khazares. Avant de mourir le saint prêtre avait voulu faire profession de moine e( c'est à cette occasion qu'il prit le nom de Cyrille sous lequel il est honoré dans les Eglises d'Orient et d'Occident. Le Pape confiera alors l'ordination épiscopnle J^ Méthode, h qui il assigna comme circonscription non seulement la Moravie, mais aussi la Pannonie. Les troubles politiques de la Moravie, où le vieux duc Hastiz avait été déposé et livré aux Allemands par son neveu Swatopluck, obligt'rent Méthode à se rendre direct'^luc-tit en Pannonie, où de nouvelles tribulations l'allendaicnt.
La province de Pannonie, située sur les bords du lac Balaton près de la Bavière, avait déjà été convertie par les Alle- M^ihnde en mands. Quand Méthode y célébra la messe en slavon, il y souleva le même scandale qu'à Venise. Seulement, en présence de ces scigneurs-évêques et de ces seigneurs-abbés, « qui sentaient, a-t-on dit, plus le harnais que l'autel ' », et qui s'entendaient mieux à manier la masse d'armes que le svllogisme aristotélicien, il ne pouvait être question, comme en Italie, d'essayer de vider la question par une argumenta- D y «Bt perpé- tion scolaslique ou d'attendre une réponse de Rome. Les pré- "à«Twoi8.*° l'»ts bavarois eurent t(M fait de réunir, en 870, un concile na tional en présence de Louis le Germanique ; et ce qui se passa dans ce pseudo-concile, la nature des arguments auxquels eurent recours les évêques de Passau,de Salzlwurg et diî Freising contre l'évêque de Moravie et Pannonie, nous le .savons par des lettres authentiques. Imperturbable sous les coups de poing et les soufllets ', Méthode exaspérait ses adversaires. Le pape Jean VIII, dans une de ses lettres, nous aDP'<*nf' -ju'-vn vit un jour l'évêque de Passau, Ermen-»ch,
. t .. ►Vim L'Europe et le Haint-Siège, p. 107. • '4 apti^ ar.ligenui, iitri, I, 2VÎ0.
entrer dans la salle du concile en costume de cheval, le touet
à la main, et se précipiter surl'évêque de Pannonie pour Vf -t^j
gler au visage. Ses collègues l'arrêtèrent à temps '. Breii. "^îé
Ihode fut jeté dans une prison ouverte à tous les vents, on t;pn
dant deux ans il subit d'horribles tortures . Ce fut sans pré M*iho(5e «ut
judice, d'ailleurs, d'une dénonciation en fonne, portée à'* P"'"""
Rome, sous le double chef d'introduction dans la liturgie d'une
langue nouvelle et d'omission dans la récitation du symbole
de la formule Filioque, que l'Occident tout entier avait adoptée
à cette époque.
On était arrivé à l'an 872. Au pape Hadrien II venait de succéder Jean VIII. Une fois de plus, Rome, plus large que les prétendus défenseurs de ses droits, donna raison à l'évêque de Moravie et Pannonie. Elle lui demanda toutefois de ne se imerTention lervir de la langue slavonne que dans ses prédications '. jeà'n'vuî. Quelles furent les circonstances qm permirent, six ans plus tard, à Méthode de se croire autorisé à célébrer la messe dans la langue nationale ? Nous l'ignorons. Nous savons seulement que, dénoncé pour ce fait, mandé à Rome par le pape Jean VIII, il ût valoir de telles raisons, que le Souverain Pontife, rendant hommage à la parfaite orthodoxie de Méthode, déclara solennellement, dans une lettre adressée au roi Swatopluck en juin 878, que rien ue s'opposait à ce qu'on chantât la messe en slavon, « Dieu étant aussi bien l'auteur de cette langue que de toutes les autres langues * ».
La Moravie était alors près d'atteindre l'apogée de sa puis- . ^^^^ sance. Swatopluck, après s'être appuyé sur les Allemands iout Swaiopour détrôner son oncle, s'était affranchi d'eux. Son empire ''•'^-^■ allait bientôt s'étendre au nord sur toute la Bohême, au sud ar toute la Pannonie jusqu'au Danube. Ce grand homme paait avoir été doué d'un remarquable sens politique. Il avait Poiii^nue h •mpris de quelle importance éUiit l'œuvre de Méthode pour le ''w-'i-'i-iuck. ;aiutien de l'indépendance nationale et de l'autonomie de sa
1 In eptscoporum conoilium tracKnn tquino flaotllo percuteres, nisi rohibereris ab altis. Leltrd de Jean VXIl à £rmenricU de Passau. Xeice*
.tC'ii'.v, t. V, p. b03. JiPFi, I, 2977.
2 Hui divo. iicerrinta kictnis immanitatf, dit Jean VIII. Éettre de Jean VM & Ermeiirich de Pa?sau, Newes Archiv., t. V, p. 3ÛJ. 3ati, I, 2978.