‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 155 sur 278 · A. IUmiàcd, Uittoire de la liiu^ie, p · texte numérisé non relu

A. IUmiàcd, Uittoire de la liiu^ie, p

I, ÉGLISE CHEZ LES l'ELPLLS BAUUAHIi!»

Ii73

Le mouvement s'opéra, brusque et complot, du moins en anpnreuce, sous Vladimir, en 998. Une crise religieuse travaillait la Russie. Du miMangp du oillo des dieux slaves avec celui des dieu.K Scandinaves était né un scepticisme pratique, contre lequel l'flme profondément religieuse des Slaves protestait. Où trou\er la vraie religion? ^'ladilIli^ lit une enquête. Le tai)leau que lui firent ses députés de la majesté religieuse des ollices de Sainte-Sophie et le souvenir de son aïeule O'ga

triomphèrent de ses doutes. Il résolut de se faire chrétien, ^^r',*'"* ''" . ,. .. , fûI Vladiml»

Mais le fier Varègue ne voulait pas, dit-on, « menaier le sa *w

baptême». 11 résolut de le conquérir. Il envoya déclarer aux

empereurs grecs, Basile et Constantin, que s'ils ne lui ajcor-

(laient pas la main de leur sœur Anne, il marcherait sur Cons-

tantinople. Les empereurs, ayant mis pour condition que Via-

«dmir se ferait baptiser, Vladimir reçut le baptême et ramena

oe Constantinople, avec son épouse, des prêtres chrétiens, des

reliques de saints et des ornements d"église, comme on ramène

des captifs, comme on rapporte un butin après une victoire.

Puis, il fit fouetter publiquement et précipiter dans le fieuve

l'idole de Péroun.

II est difficile de juger, à travers les vieux rétits recueillis par Nestor et peut-être déjà altérés par l'imagination populaire, quel fut le vrai caractère de celui qu'on appelle le Clovis Le CloTlidaU de la Russie. Comme notre Clovis, il ne paraît pas avoir du premier coup dépouillé le barbare. Une fois chrétien, il ci-ut pouvoir commander le baptême à son peuple, ainsi qu'il aurait commandé une évolution militaire à son armée. « On CoDTenlon de vit, sur l'ordre du prince, disent les vieilles annales, les Kiéviens se plonger dans les ondes du fleuve, tandis que les prêtres grecs, rangés autour de Vladimir, debout sur le rivage, lisaient sur eux les promesses du baptême '. »

Au milieu de cette scène, oii des prêtres grecs baptisent pa^ ordre un peuple qui défile au commandement, on regrette de mB pas apercevoir, dans l'entourage du nouveau Qovis, un saint Rémi, une sainte Glotilde et une sainte Geneviève, modèles vivants des plus pures et des plus douces vertus chrétiennes.

Page 1