‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 163 sur 278 · Muii.Li!<i, [Jisl. du Xoyen Age, p · texte numérisé non relu

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Uisi. ^eu. de rtgiise. 19

290 HISTOinE GÉNÉRALE DE L'ÉGUSK

saint Pierre, auquel il assure, pendant dix ans, selon les

Bleofaitanti expressions du Liber Ponlificalis, « une ère de sécurité pros ré>ul tlBdace ,' , . , , n • • •. j •

gûuTêrne- père et joveuse ' », telle qu on n en avait pas connue depms

™"' • longtemps. C'est ce même doux et pacifique Pontife qu'on voit exercer le premier un acte de juridiction suprême sur la légitimité des rois ' : tant les qualités personnelles des hommes étaient peu de chose dans ce grand mouvement qui venait d'aboutir, en fait, à la constitution de la Souveraineté pontificale]

Peu de temps après la mort de saint Zacharie, un attentat, qui sembla d'abord devoir arrêter le développement de l'autorité des pontifes de Rome, en amena au contraire la reconnaissance juridique, officielle et définitive, et transforma en institution de droit international public ce qui n'avait été ju*que-là qu'une situation de fait. Ainsi voit-on les hérésies, en essayant d'ébranler les croyances traditionnelles, déterminer des précisions nouvelles dans le dogme de l'Eglise.

în»«i>loo de Nous connaissons déjà la situation politique faite à l'Itali» tiiie p«f7eroï P^r l'invasion des Lombards. On distinguait désormais lltalie lombard A»- lombarde, qui se développait au milieu de la péninsule, et l'Italie byzantine, qui, de jour en jour refoulée, comprimée par l'expansion des envahisseurs barbares, comprenait néanmoins encore la plus grande partie du littoral, et, au centre, quelques enclaves dont la principale était le duché de Rome. Or, en 750, le roi lombard Aistulfou Astolphe, qui venait de succéder, l'année précédente, à Ratchis, jugea que le moment était venu de profiter de l'impuissance de l'empereur d'Orient et d'envahir les possessions bj'zantines. L'armée impériale n'étaitelle pas recrutée d'indigènes? Les ducs n'étaient-ils pai électifs? L'autorité de l'exarque n'avait-clle pas perdu tout ■on prestige ? Astolphe crut pouvoir s'emparer d'un territoire

1. Hujut itague temporibus in maçtui tecuritate et tmlilia popvlui • Jko illi commistus degens vixit. Lib. Pont., t. 1, p. 435.

2. Voir plus loù Ik consultatiou d» Zacharie sur la légitimité de PépiA I» nrrf.

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presque en déshérence. Il paraît avoir occupé sans coup

férir les positions impériales entre le Pô, l'Adriatique et

l'Apennin. Aucun document historique n a conservé le soii-

venir de celte campagne militaire. L'exarque Eutychius s'était

enfui au premier bruit de la prise de Ravenne. En 751, le roi

lombard était installé dans le palais des exarques impériaux '.

Mais l'opinion publique s'émut lorsque, au mois de juin 732,

on vit l'armée d'Astolphe, enivrée par ses succès, menacer le

duché de Rome. Le duché de Rome, c'était toujours la terre Le Juché li"

impénale sans doute, mais c était aussi la terre sacrée, le do-

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maine inlansrible de l'apôtre saint Pierre. Les Romains '*'"'*'' *^" "'°' n'avaient jamais, du reste, aimé le peuple lombard. Ni la pro- meDocé, tection que ses chefs avaient souvent accordée aux souverains Aniiiiathin .lo Pontifes, ni les dons royaux qu'ils avaient faits à l'Etat de n„,^',î'!" 1,','^'" saint Pierre, n'avaient pu vaincre l'antipathie profonde nourrie '' , ■ ■ " par les Romains contre ces hommes à la barbe inculte, à l'accoutrement étrange, qui sentaient mauvais, disait-on, et par qui se propageait la lèpre ^. Il n'y avait pas de mariages entre Romains et Lombards. Cette répulsion populaire, loin de s'atténuer, s'avivait au contraire à mesure que le peuple lombard se mêlait davantage à la vie romaine. Le bruit se répandit qu'Astolphe avait la prétention de transporter de Pavie -à Rome sa capitale. L'exaspération populaire fut à son comble.

C'est au milieu de ces conjonctures qu'en 752, fut élu par le Élection peuple, en l'Eglise de Sainte-Mîu-ie-Majeure, en rempiaceiztent du pape Zacharie, un homme capable de comprendre mieux que tout autre la gravité de la situation et d'imprimer à la politique pontificale l'orientation que les événements commandaient. C'était le diacre Etienne, qui fut, sur le siège ponti- Portmit de >■< fical, le second de ce nom ^ Étiesne 11 était un Romain de race. ^''*

Orphelin depuis son enfance, il avait été élevé dans le palais jnème du Latran, dans l'entourage des Papes ses prédécesseurs.

1. Reg. tarf., n° 18, citâ par DncaEsm, Les premiers teinps de Vétat pontifical, p. 35

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