‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 164 sur 278 · P. L., XCVIU · texte numérisé non relu

P. L., XCVIU

3. C'est à tort que Jatfé, dans son admirable collection des Itegesla Pontifioum, en com[itant comme Etienne II un élu de ce nom mort avant d'avoir été consacré, appelle notre pipe lilienue III. Cette nomenclature de Jafié n'est pas suivie par les his'oriens ecclésiastiques. Mais il est utile de se ^ouveuir de celte erreur pour éviter les coofusioas ij^nand on consulte les Regesta d'un pape du nom d'Étienna.

202 HISTOIRE GÉNCRALE DE L>fiUSE

Le Liber Ponlipcalis résume son caractère en quelques traits d'une Jurande précision : « défenseur éiierfjique et passionné des églises lie Dieu et du peuple clirtticn, conservateur décidé des traditions ecclésiastiques », le diacre Etienne était en même temps une âme charitable et tendre << aimant à visiter les veuves et les orjdielins ' ». Le premier soin du nouveau Pontife fut de né<,'ocier avec Aslolplie, conmie son prédécesseur l'avait fait avec Luilprand et Ralchis, la cessation des hostijr^clationn lités. Une légation, composée du diacre Paul, frère du Pape, *A»i«l'Dhe'"^ et du primicier des notaires, And)roise, obtint du roi lombard une trêve de quarante ans. Mais quatre mois ne s'étaient pas écoulés, qu'Asloljilie, parjure à son serment', rompait la trêve et prétendait imposer aux habitants de Rome le tribut personnel d'un sou d'or par tête. La population romaine s'indigna. Le Pape, pour bien montrer au roi que les intérêts dont il prenait la défense n'étaient point ceux d'une nationalité, mais les intérêts généraux de l'Église, dépêcha à Astolphe deux nouveaux ambassadeurs, choisis cette fois, non dans le clergé romain, mais parmi les clercs sujets du roi des Lombards : c'étaient l'abbé du Mont-Cassin et celui de Saint-'Vincent de lUposM ioto- Vuiturne. Astolphe les reçut avec insolence, leur intimant teM* d'A»iol- l'ordre de regagner immédiatement leurs monastères, sans aller à Rome rendre compte au Pape de leur mission '. iDterTention Cependant l'empereur (ie Constantinople, qui était alors r«n>v.'-reur Constantin Copronyme, se décidait enfin à agir. Mais sa démarche, si elle n'était pas inspirée par une ignorance complète de la gravité du péril, était le plus Immiliant aveu de sa faiblesse. La nouvelle de l'échec des abbés du Mont-Cassin et de Saint- Vincent était à peine parvenue à Rome, qu'un envo^'é de 1 empereur y arrivait. C'était un haut fonctionnaire, le silenliaire' Jean, qui venait supplier le Pape d'intervenir auprès du roi lombard pour arrêter ses incursions. Etienne 11 essaya de

1. Amator eeclesiarum Dei... fortisiimui ovllù sui cum virlut* D*i defensor... tt adidoneni eccUsiaium firma tlabiUlaie confirmant. .. tidutu *t pu]ii!loi tiiulto tnsliut vUitant. Lib. l'ontif., \, 440.

ï. Incident in perjurii realum. Lib. 1 ont., I, 441, JirH, ZS07.

3. Obiettant tôt minime ad tanotittimum papam declinare. Lib. Pontlf., I, 441.

4 Les tilr,:itiairet étaient iirlmiiivement loa trente officiers du pulsls .'inpérifil cliargi!» d'y mainlonir le silence. Pratiquement, ila itaieiit devenva de» •ortfs lie ch-fj de dioition ; lo /*' tilentiaire remplissait les tonctiout i'n» thef de cabinet.

«"OllEDl.

détromper l'ambassadeur impérial sur l'eiTicacité d'une intervention diplomatique ; il consentit, pour lui faire toucher du doigt la vérité de ses avis, à faire accompagner le silentiaire par son frère Paul auprès d'Astolphe. Après l'échec prévu de cette nouvelle mission, il notifia nettement à l'empereur qu'il eût à prendre, pour arrêter les insolences des Lombards, le seul moyen efficace, à savoir l'envoi d'une armée en Italie.

Cependant la consternation était de plus en plus grande à •■'"reioiutwa Rome et se transformait en véritable panique. Des bruits imu roEBauML sinistres arrivaient de Ravenne. « L'atroce roi des Lombards, disait-on, frémissant comme un lion, ne cessait de proférer les plus terribles menaces contre les Romains ; il parlait de faire couper la tête à tous les habitants de Rome '. »

Dénué de tout secours humain, le saint Pontife convia son peuple à recourir à Dieu par des prières publiques. Od multiplia les processions et les litanies. On portait en grande céré monie, dit l'Annaliste romain, les mystères les plus sacrés, c'est-à-dire les reliques et les statues les plus précieuses et l'image achéropite * du Christ. Il faut sans doute entendre par prUre» ptiH-

là la Sainte-Face, conservée en l'ésrlise du Latran. Arrivé à l"/" """a*»»- . . , 8ées par (*

Sainte-Marie-Majeure, chacun se couvrait la tête de cendres en Pap*.

signe de pénitence et on adressait des prières à Dieu devant la

croix stationale, au pied de laquelle on avait fixé un exemplaire

du traité violé par le roi des Lombards '.

Cependant l'armée impériale, demandée par le Pape à l'empereur Constantin Copronyme, n'arrivait pas.

C'est alors qu'Etienne 11 crut pouvoir faire une première démarche du côté des Francs. Déjà ses prédécesseurs, Grégoire III et Zacharie, avaient demandé à Charles-Martel, à Pépin et à Carloman de se faire leurs auxiliaires dans l'œuvre de la civilisation chrétienne. La situation actuelle était autrement grave et le service sollicité autrement important. Dans pre^itèr»» .é«une première lettre, qui fut portée à Pépin par un pèlerin, miches ta- Étienne II exposa au prince franc la situation de l'Eglise de Fraoc».

1. Atroeistimut rev .. frement ut leo, pestiferas minnt Romanis diriger» non desinebat, asserens o->.nes uno gladio jugulari. Lib. Pontif., I, 442.

2 Ciim saratissima imugine... q>ise aohetopttla dicilur. Lib. Pont., l, 413 Achéropite, c'est-à-dire non toucliée par la main des hommes (d prl- Tatit, yf.f. main, Sinouii, je suis touché).

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