Labbe, Cono , IV
5. iktti, Regesta, t. I, n» 654. Neqiie cu^quam de eius liceat judicare jwdicio, siquidemad illmn dj] qualibet j'arle caiionet appellari voluerint, aà ea auteiit nenio lil appellnre perniitsus. •
3i HISTOIRE r.É.N^riAi.e i>e LiousE
Saint De la mort de Golase (490; à l'avènement de Sjrmmaqu»
*°(4W).' " (i^'*^). Je Saint-Siège fut occupé par Anastase II, romaia de Sa poiinqn' naissance, qui, pour mettre fin au scliisme qui séparait ConscoacUis3*-4' tantmople de Rome, pous:ia la condescendance jusqu à ses plus extrêmes limites. Il ne parvint qu'à se rendre très impopulaire parmi les Romains. Un parti d'opposition, qui n'était autre pcut-v!tre que celui dont le sôiiiiteur Andromaque s'était fait rinterprètL- sous Gélase, accrédita le bruit que sa mort prématurée avait l'té un châtiment de Dieu. Le rédacteur delà nonce sur Anastase insérée au Liber Ponlificalis recueillit cette rumeur ' ; la légende s'en empara, y ajouta des détails tragi(|ups ; et c'est ai:isi que le Pape Anastase II, que l'Eglise a placé dans la liste de ses saints, est parvenu à nous chargé dd la malédiction du poite:
« J'aperi;us alors le couvercle d'une tombe, dit Dante, et il V avait ces mots écrits : « Regarde, ici est le pape Anastase, que le diacre Photin a induit dans le mauvais chemin.*')
Ce furent, d'ailleurs, les iulri;^ues mêmes des ennemis de U r'apaulé qui provoquèrent, sous le pontillcat djs dtux pontifes qui succédèrent à Anastase, Symmac[ue et llormisdas, les deux plus magnififjues glorifications du Pouvoir pontifical que l'histoire ait peul-ctre jamais eu à enregistier.
8«ini A peine le successeur légitimement élu d'Anastase, Symma-
(Ws'ôii)" '^^^ (4'J8-i>14) ', avait-il reçu la consécration dans la basili(]ue
du Latran, qu'un antipape, porté par une faction romaine dont
F.piioiV ' 1 '.'i c'uef était le sénateur Festus, se fit sacrer évéque de Rome
^^"jÎ'uiÎjd vi.ms la basilique de Sainte-Marie-Majeui-e '. C'était l'archi-
l. Liter PontificalU, t. I, p 253, qui nutu divino pe> tussuê éât, i. llic. Corn., Inferno, c&nLo 1!, vers. 6-9.
Un coperchio D'un ftraod'avcllo, uv'iu vlJi uns ^rritta Oie (lirova : Ana?la»i.i pspa gunnlo, Lo quai Ira^se t'ulia doUa via diitls.
', '"i '» ' orliinal et natif do Sarda^snf , Liber Ponii/'., I, 240. 4. Liii/ P» ti'.o.ilù, I, ;'nO.
l'église dans son centre C5
prêtre Laurent, dont on espérait faire un Pape à la dévotion de l'empereur de Byzance et de la secte monophysite.
La tentative échoua, au moins momentanément. Le roi bar- L'antinsp» bare Théodoric, plus puissant à Rome que l'empereur oriental, Laureut. ne voulut reconnaître que le Pape élu par la majorité des électeurs, et Laurent dut se retirer.
Mais alors la fureur delà faction se porta contre le Pape lé- l«9 accu-»gitime. On suborna de faux témoins, qui accusèrent le Pape de ''côutre'eaiui crimes imaginaires. On lui reprocha un commerce immoral ''J""""?"» avec des femmes, l'aliénation irrégulière de certains biens ecclésiastiques, la célébration de la Pâque en dehors des règles ordinaires de la liturgie. On viola les règles les plus élémentaires de la procédure romains, en faisant déposer contre le Souverain Pontife ses propres esclaves. Le parti fidèle, avec l'assentiment du Pape et du roi Théodoric, invita les évêques d'Italie à se réunir à Rome pour mettre fin au conflit. Vers R union d'uu le mois de mai de l'année 501, cent quinze évèques s'assemble- ""'" *' rent dans la basilique Julienne, c'est-à-dire dans Sainte-Marie du Transtévère. Mais pendant que Symmaque se rendait au synode, il fut brutalement assailli par les hommes de Festus. Il pxit à peine leur échapper vivant et fut obligé de se barricader dans la basilique de Saint-Pierre. Il faut lire dans le Liber Ponli/lcalis et dans les écrits des contemporains le tableau dea scènes inouïes de violence que le parti sénatorial déchaîna. On força la porte des couvent», on insulta les vierges : le , . clergé ne pouvait plus sortir en sécurité dans les rues de ^'^'"^ n^""»- Rome '.
Dans ces conditions, le Pape déclara qu'il ne pouvait prendre siinaiion cripart au synode *. Théodoric protesta qu'il ne voulait d'au- i'<l"e:UuPoie . , , . sera l-il jii(iti.
cune sorte porter un jugement sur des affaires d'ordre ecclé- paruneassioj-
siastique '. L'assemlih^e des évèques se trouvait dans une quegî position des plus critiques. Elle en eut pleinement conscience.
1. Lib. Pontif., t. I, p 261. Omni die pugnat contra ecc'esiam in média eiiitate gerebant .. siiictiinoniales mu/ieres et virgines déponentes de mo~ natteriis vel île liahitaculis suis, dénudantes sexum femineuru, cœdibut plagari^m adf.Utos tntiaerabantur... ut nuîii essct securitas dtt vel noote de cUro in eicitate ambulare.
2 Voir les actes de ces synodes dans les Monumenta Germania hitioriea, Auctores antiquiss, t. XU, p. 416.
3. Quia non nostrum judicaviinus de ecolesiasticis nliquid ctnteré n» gotiis. Monumenta Germ. Iiistor., Auctores antij., t. XII, p. 424.
36 lIlSTOinE Gfi.NÉIlAl.K liE I.'ÉGI ISE
Les évêques écriviront au roi que c'était « une chose inouïe et sans exemple, que le pontife de ce siège fût appelé et jugé devant un tribunal ' ».
Ainsi le pape, le roi, l'assemblée des évêques tenaient, au fond, le même langage. « Ce cas, ainsi qu'on l'a dit, présentait comme une pierre de touche de la constitution même de rilglise '. »
La situation paraissait sans issue. 11 importait cependant de prendre une décision, car les scènes de violence se multipliaient, le sang coulait dans les rues de Rome. Une poignée de malfaiteurs, soudojés par des intrigants ambitieux, terrorisaient la masse du peuple, qui restait dévouée à Symmaque.
Bei.iene iiu Une première sentence fut rendue le 23 octobre SOI. Rien CoDcile.
de plus noble et de plus digne que celte décision solennelle.
n décisre Les prélats déclarèrent que, « après avoir examiné tous le* dirciiipé liK- éléments du procès, le pape bjmmaque, titulaire du Siège iioiôùi'«j!*mas ^P°^''°''fl"®i ^^"'" paraissait disculpé devant des hommes de ffiii.e ^tj'- toutes les accusations portées contre lui ». C'est pourquoi, en ce qui concerne le temporel, en vertu des pouvoirs conférés par le roi Théodoric, ils croient pouvoir prononcer la réintégralion du Pape dans l'exercice de tous ses droits ; mais, en ce qui concerne l'autorité spirituelle, ils ne peuvent, par respect pour l'autorité suprême de l'Eglise, que « s'en référer ù Dieu pour toute la cause, exhortant tout le monde à revenir à la communion de Symmaque, demandant à tous qu'ils se souviennent que Dieu aime la paix et veut donner la paix à tous les hommes ' ».
Soit que la sentence ait été publiée en cet endroit du Forurt romain qu'on appelait ad pal ma m, soit que l'assemblée ait été tenue en un lieu de l'atrium de Saint-Pierre dit ad palmala,lQ synode qui porta cette décision est connu sous le nom de synode de la Palme, Synodus palmaris.
Le principe que le Saint-Siège ne peut être jugé par per-
1. Cauia nova tit, tt pontiflotm ttdU istim avud noi audiri nullo constat txempio {ibid., p. 423).
2. UsistB, Histoire d* Rome et dei Papes au Moyen Age, tome I, 2° partit^ p. 28.
3. Monumenta C ermaniœ hist. ibid., p. 431, v. lu sentence in exlens» daiit les Monun\enta Girmania hitlorica, auvtoret amiquitt., t. XII, ». 426 à 437.
l'ÉCI.I.SE DAiNa SOn CKNTRE 37
sonne, triompliait donc pleinement à Rome. Il fut accepté Emotisa proavec enthousiasme, en particulier par les évêques des Gaules. ^^ j„ luii». Aux premières nouvelles de cet étrange procès, l'illustre évêque de Vienne, saint Avit, sans doute incomplètement renseigné, s'alarma de voir une assemblée d'évêques se préparer à juger un Pape, et il écrivit à Rome une lettre émue, où il L«ttr« de ««inl disait : « Mettre en question l'autorité du Pape de Rome, c'est vieon»' ébranler, non pas un seul évêque, mais l'épiscopat tout en lier ' ».
En Italie, Ennodius de Pavie écrivit une justification éloquente du Synode de la Palme, contre les adversaires de cette assemblée '.
Ce triomphe pacifique permit à Symmaque de parler à l'empereur d'Orient avec une autorité plus grande que jamais. .,,- « Empereur, lui disait-il, comparez donc votre dignité impériale avec celle du chef de l'Eglise... Jetez un regard, ô empereur, sur la longue chaîne de ceux qui ont persécuté la foi de X"6us-Christ. Ils sont tombés, et l'Eglise voit grandir sa puissance avec les persécutions qu'elle subit '. »
Mais l'empereur Anastase, à qui cette lettre était adressés, s'engageait de plus en plus dans l'hérésie eutychienne. Le bonheur de conclure la paix était réservé au futur empereur, Justin, et au successeiu" de Symmaque, Hormisdas.
La situation était devenue intolérable à Constantinople. Saini Hormli-
L'esprit sectaire de l'empereur Anastase avait déchaîné Tanar- ^pj^oja ,ju
chie. Des moines « qui n'avaient de moine que l'habit, dit Ilor- Formiiiair» d« , 'Il **'"' Horaii»-
misdas dans une lettre *, et à qm manquaient les deux ver- dai.
1. Si papa Urbis vocatur in dubium, epUcopatua jam cidebitur, non tpxscopun, vacillare. Miohb, P L., t. LIX, ool.248 M. G. H. auct , anliquiss,, VI. p. 65.
2 MiGiiB. P.t., t. LXIII, col. 183-208.