Jah-b, n
4 Kpiat. ad Possessorem epis^opum, J\ffj, t. f, n" 850 Le Ponlife raeonli' dans celte lettre comment un groupe de ces m nés révoltés vint jusgn'à ;
Honii essayer d'emporter d'a^riiut la confirmaliou par le Saint Siège d'une ds Inurs irreurs. Il les montre soulevant les foules liaas les mes, ad ooneu»tioneiii guialU, eirea regum etiam italuas inclamantct
pisT<ii!;c r.f.Mj'Ar.ï' if. l ti.i.isB
la* iDuiiie'i
• 'éphglf* el
Ipfi moiues
4cémèt«t.
t.uUe» ïin. tus foniicinentalcs de la >ie rcliîrieuse, l'obéissance el Ibuniiuotiaoplr: lite », terrorisaient le pavs. Au premier rang ue ces agitateurs se trouvaient les moines accphales. Ils s'étaient, nous le savons, donné ce nom (i/.toaXoi, les ddcajiités, les sans-(êle) après s'être séparés de leur chef Pierre Monge, qu'ils accusaient d'avoir accepté un compromis avec le Pape. Contre ces fanaliques s'étaient levés les moines accmètes (k/.o'jxr,-:»!, les sansiommeil), ainsi nommés à cause de leurs veilles prolongées. C'était un moine acéinètc qui avait dénoncé au Pape l'hérésie du patriarche Acace. C'était un acémète qui, au péril de sa vie, avait alfachi' au manteau d'Acac-e la sentence d'excommunication portée par le Souverain Pontife. En 4C0, ces ardents défen.seurs du Saint-Siège, conduits par leur abbé, avaient envahi l'hippodrome, y entraînant le peuple à leur suite, pour protester contre l'élévation à la dignité de César d'un prince suspect d'hérésie '. Dans l'ardeur de la lutte, on les voyait parfois céder à la tentation qui se pré.sente à l'impatience des hommes d'action en temps de trouble : défendre la bonne cause en employant les pires procédés de ses adversaires '. La masse du peuple de Constantinople, sous riorinisd.as, comme celle de Rome sous Symmaque, désirait ardemmonl la paix. Aussi, lorsque, en ol9, la nouvelle se répandit que l'union définitive était faite entre le sit-ge de ConsliiQtinojile el le sioge de Rome, entre le nouvel empereur Justin et le pape llormisdas, par l'acceptation de la formule de foi proposée par le Souverain Pontife, ce fut l'occasion d'une manifestation sans exemple. Nous en connaissons les détails par les relations des légats au Pape *. On se rendit en procession du palais impérial à l'église. Là, lecliu-e fut faite de l'acte pontifical, parlequel on analhématisaitNestorius, Eulychès, Acace, tous leurs afiiliés ou partisans, et on adhérait à toutes les lettres écrites par le pape Léon le Grand. Les acclamations à fiauit Pierre, au Pope, centre de l'unité, et à l'empereur, son
I. E. M»m», Tel Mo'nrt de C'-ntlntiiinopU. île CoiL-lmiliii à Pkoliut, rnii^, IMiî. Dict lie Theub gie caUioliqut, île V<ca.i7, ïux uiuU acémiu el UCfp^iU
ï \'\ui\r!UT* ii:uincs ArfrcHt*, dans leur haine de l'ticiAsie eulychieflne, « rfOiliPuiil Jiii<((n à l'Iiérfisle ipi-lorienne » (Uérni, Util, ll>.^ conciiea, tiad. D'^lnriv I lil [I. 131) et durcnl tire exr^iuuiiiiii:;) par Jumi II. ta h'.'ii. Màjwi, lù«v V,ll |. 7VX. 790. E. M»kiii. Lex M:ines de Cc.n»tanU„nitU.
'•i. Voir ce» (KtA.U daoi) Mxsi, t. Vlli, p. \l,Z.
l'église dans SOS CENTRE 39
gU)rieux défenseur, retentirent longuement. On pleurait de joie.
Mais l'apaisement d'une querelle qui avait duré trente-cinq ans ne fut pas le résultat le plus important de ce grand événetient historique. Par une de ces admirables revanches de la Providence, dont l'histoire de l'Eglise est remplie, celte ville de Constanlinople, foyer de tant d'intrigues contre Rome, acclaTiait, et bientôt l'Orient tout entier allait acclamer avec elle, Le Foncuihiri. la formule la plus parfaite qui eut encore été donnée de la pri- mi,jo» «cciamauté et de l'infaillibilité doctrinale du siège ce Rome. "■*•
Le formulaire souscrit par le patriarche, accepté par l'era- u » U-i lo pcreur et applaudi par le peuple contenait ces mots : .Vous rkgiipi rovoulons suivre en tout la communion du Siège apostolique, où ^o^l'^nù-o''*!ii réside l'entière et vraie solidité de la foi chrétienne, où la reli- leoioii.iechrègion s est toujours conservée immaculée . iitr.
Tel fut le célcbre Formulaire de saint Hormisdas. Dei.x mille cinq cents évêques orientaux le signèrent ' ; plusieurs conciles d'Occident l'enregistrèrent avec enthousiasme. Les papes Agapit, Nicolas \" et Hadrien 11 l'invoquèrent comme une règle de foi. Bossuetne pourra s'empêcher de le rappeler dans saDe/ensio declarationis cleri gallicani, Fénelon l'oppo- [
sera aux jansénistes, et le concile du Vatican en insérera les phrases principales dans son décret sur la primauté du Siège apostolique '.
Ainsi, de tant de luttes doctrinales et disciplinaires, l'autorité pontificale sortait agrîindie et fortifiée. En même temps, un concours d'événements providentiels aboutissait à constituer peu à peu au profit du Saint-Siège un domaine temporel, garantie de son autorité spirituelle. C'est un empereur d'Orient, 'ustinien, le successeur de tant de potentats soulevés contre
1. Seguentes in omnibus apotolioam Sedem... in qua est intégra et verax christianœ religionis îoûditat... Quia in Sede apoitolica iniinaculata est eemper serrata ulijio. Voir le texte lalio en ealier dans .Maksi, t VIII, p. -451, dans Mirn, /'. L., t. LXllI, col 444, dans Dewugeb-Bamwakj, Endiiridion, n» 171.
2. C'est le cbiffre donné par le diacre Rnsticus, qui écrivait au temps de Justinien. Uust , Contra aceph. l'ISP.. P. L , tome LXVll, ccl. 1251.
3 Le pape Horinisdas, si ferme sur les priucipfg, fut toltrant pour lee personnes Beaucoup d'opposants avaieat été de bonne foi. Tlu i'.urs chrétient morts pendant le schisme et dans le schisme d'Acace ont l'ié canonisés. Teit turent sniul KlaviKii de Con^t«BtinopIe •( saint Elle de Jérusalem. Cf. Too- «ASsiir, dissevt, XVI, i)i Si/nod, CP.
HISTUinE GÉSÉBALC DE l'ÉGLIsb
Rome, qui va donner à ce pouvoir temporel de l'Eglise sapr«-
mière sanction générale et officielle.
Origine d«« bi<D« ou ;>a trimoin^s jil
8uol-Sièg<r.
Origino <Jm poiiToirg d»?
jiirntiLticn el d'adiiiiuittrs
lioade(pape«.
D*Teloppe-
meot de cei
poufoiri.
Depuis los premif'res origines, la conliance des Gdèles avait mis entre les mains des Papes, pour l'exercice des œuvres de cliarilé, de larges aumônes. Sous la législation libérale inaugurée par Constantin, les souverains Pontifes purent, avec ces oblalions. se constituer, en vue de leurs œuvres diverses, d'importants domaines, soit à Rome, soit en Italie, en Sicile et en Sardyigne; c'est ce qu'on appela les patrimoines du Saint- Siège. L'évoque de Rome était peut-être d(\jà au v* siècle, le plus riche propriétaire de l'Italie '.
De plus, au milieu des invasions barbares, les Papes s'étaient vus, comme la plupart des évfcpies, investis des fonctions de dcfdisores civilatis. Les fonctions du defensor, appartenant i la fois à l'ordre judiciaire et à l'ordre administratif, étaient très étendues '. Si les pouvoirs des defensores laïques dimiluii' rcnl au vi" siècle, il n'en fut pas ainsi de ceux des defensores ecclésiastiques. Les empereurs d'Orient, qui n'avalent pas abandonné leurs prétentions à la suzeraineté de Rome et de tout l'Occident, et pour qvii Odoacre et Théodorlc n'étaient cjue des lieutenants, tenaient à y exercer directement leur autorité. Or, ils s'aper(,'urent bientôt que nul intermédiaire m pouvait leui être plus utile que l'évéque de Rome : lui seul pouvait avoir une autorité morale sullisante pour apaiser des sujets mutinés ; h lui seul on pourrait confier la gestion des deniers publics, qu'un cHitier impérial aurait peut-iîlre dilapidés. Finalement le Pape était devenu, non seulement le plus riclie projjrlétaire de l'Italie, mais la plus grande autorité sociale et politique de la pénin^>ule.
1. Ch. DiriL. dans X'Ailcu >i<*<rrigut de Sdirader, explicalioD de la earti> 16; L'Eglt"! au teiiipn rie taint !• ég"i' e le <'rund.
2 lliuii «nr. et Saolio. DioUc naire <fex aniiq'iité\ g 'ecquet et rnmninei, •a mot iKfcnsor cicitacit t)Ill!^ot. Eludes huUiriquet tur le Hefentor tiviiali», dans ;Vou«. lievw historique du droit /ranfait <( étranger, 18ti9, |. S51 et luir
L'fr.lJSK DANS S0:< CENTRE 41
Organiser l'administration temporelle du domaine pontifical, avait été déjà la préoccupation du grand pape Gélase. Nous «avons, par Jean Diacre, que le livre des fermes et cens, dressé par Gélase, servait encore sous Grégoire le Grand pour l'administration des patrimoines '. Ses écrits et les documents de sa chancellerie qui nous restent permettent de se rendre compte des grands efforts de ce pontife pour sauvegarder ce qu'il appelle le patrimoine des pauvres '. Mais ses successeurs n'avaient pas eu le moyen de poursuivre son œuvre. Symmaque et Hormisdas'avaient été absorbés par la question plus haute et plus urgente de la primauté disciplinaire et doctrinale duSaint-Siège. Les pontificats des cinq papes qui se succédèrent en treize ans, de 523 à 536, Jean I", Félix IV, Boniface II, Jean II et Agapit, furent troublés par la persécution de Théodoric, dont nous aurons à parler plus lom. Ceux de Silvère et de Vigile ' Vi«rti« furent trop agités par les controverses orientales, pour permettre au Saint-Siège de reprendre l'œuvre d'organisation entreprise par saint Gélase. L'empereur Justinien,sous l'influence de sa femme, l'intrigante Théodora, venait de ressusciter la querelle monophysite en soulevant la fameuse question dite des Trois-Chapitres. Habile, intelligente, mais se plaisanta subor- La o.i».H.-.n donner les questions religieuses à ses hardies conceptions po- pure». litiques, l'impératrice Théodora avait persuadé à Justinien qu'on rallierait facilement à l'empire les monophysites d'Arabie, parti politique très puissant, si on leur donnait un gage. Ce gage serait la condamnation de trois auteurs ecclésiastiques qui avaient attaqué le raonophysisme, en penchant vers le nestorianisme, Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et Ibas. La condamnation de la doctrine de ces trois hommes, qu'on appela condamnation des Trois-Chapitres, n'avait au fond rien d'hétérodoxe, les trois auteurs incriminés ayant soutenu des opinions erronées. Mais le vice de cette condamnation était d'être prescrite par une autorité absolument incompétente. Le pape Vigile, caractère dépourvu d'énergie, eut la faiblesse, à
t. Jean Ducu, VU de laint Grégoire, 1. H, e. xxit. Migrb, lome LXXV,
col 97.
i. JAPfB, I, n» 684.
3. Silvère était né en Campanie et avait pour père le pnpe ITorinisdss, mnrit^ a'-ant sa promotion aux ordres i Liber l'onii/., l, 2.Uy. Vigile élai» rom.iin il fil* du consul Jean {iiber l'ontif., ' if¥a).
*2 IIISTOinE GteÉnALb nE l'églisb
la suite dinlrigues inutiles à raconter ici, <ie souscrire à l'anathèrae des Trois-Chapitres, à la requête de l'empereur. Il se rétracta d'ailleurs et expia douloureusement sa faute. Encore que !os événementsau milieu desquels Viyile eut .'i gouverner l'Eglise f I ient pour sa mdmoire des circonstances bien attc'nuantes, et n.algré les réserves qui sauvegardèrent son orthodoxie ', la conduite du pape Vigile doit être blâmée. Mais il serait souverainement injuste de tirer de sa conduite, comme on a voulu le faire quelquefois, un argument contre l'infaillibilité pontificale '.
C'est sous le pontificat de ce môme Pape, en 5oi, que l'empereur Juslinien, cet étrange monarque, dont la politique, comme la vie privée, fut toute en contrastes, publia sa fameuse B«^"'n"d"e* ^''■'lo'^'^'■'^ue Sanction, qui confirma et augmenta considdra-
renii erêur 1 lement les pouvoirs temporels des Papes. Désormais l'évêcme Jutiiujeo. jD .j, ••, ,••
de nome eut une part dans la nomination des administrateurs
des provinces, reçut leurs serments, veiUa à l'accomplissement des instructions qui leur étaient données à leur entrée en charge '. En cas de déplacement, il eut le droit de vérifier leurs comptes; en cas de destitution, il eut le droit, pendant cinquante jours, de les citer devant son tri'uunal pour malversalions'. Avec trois citoyens, il fut chargt'. du soin de toutes les il flaires municipales, telles que l'entretien des bains, aqueducs, ponts, murailles, ainsi que de l'inspection des prisons et (ies marchés '. Le jour du comljat, il dev;iit ctre le premier sur les remparts. Il était désormais le protecteur légal de chacun contre les exigences des soldats, les vexations du fisc et les fraudes des juges *.
Un Pape que son expérience des alTaires politiques et admi-
1. En Roascrivant !• condamnalion, le pape M^ilc avait ajouté la claoFf «kivaatA : Salva in omnibus reierentia Sytiudi Cfulctdonc tU. t Ces ré> tcrvr», dit Mgr Dachesne, étaient si claires et si prcrises que oui monopliy- «ile n'aurait pu les ligner sans (aiie ainsi r.ne abjuration coioplète >. Jtevt* Éet Quettioni hittoriquet, 1884. p. iOè. CI Gaieia, JlUtoire de Bom* <( dei Paff). t. I 1" partie, p. 132-138.
2 Par exemple Diclliiioih, sous le pseudonyme de Januv, à la vrille du CoDcilf du Vatican, dans son pamphlet, Le Pai-e et le Concile, traduction Giraud Teulon. Caris, Ifti'J. p. fi. 85.