Code, De ryiioiiali audieniia
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oistratives avait préparé à cette délicate mission, PélA(>e I"", sut ?'>»<> l" mettre à profit cette législation bienveillante de l'empereur byzantin*. «Ses regestes, dit le P.Grisar,nnus donnent le spectacle d'une activité rive et énergique. Tantôt il intervient dans le désordre des tribunaux, tantôt il fait appel au pouvoir séculier contre des évêcrues intrus, tantôt il lutte contre les abus du mo- ^ orputi-e
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ûachisme ou du clergé avec les armes du châtiment ecclésias- i\od leiufi;lique... Çà et là, les lettres de ce Pape ont une forte empreinte ^l^\% [''^""bséculière ; mais les devoirs particuliers de l'époque le voulaient «*!• ainsi. Quand il s'agit surtout de remettre de l'ordre dans les finances ou les possessions du Saint-Siège, Pelage développe une vigilance qui descend jusqu'au moindre détail» ^. Une lettre du zélé pontife nous donne le vrai motif de tant de vigilance. Il s'agissait des rcs paupcrum, et, pour sauve jard.r le « Iiien des pauvres ». nul soin ne devait lui coûter '. Pelage I''' doit être regoirdé comme le principal organisateur de l'administration temporelle du domaine poi''ir.cal.
Sous les trois successeurs de Pelage I", qui furent Jea.n IIÎ, Benoît I" et Péla^ï .'1 *, les invasions des Lombards, bien plus terribles que ne l'avaient été celles des Hérules et dei Ostrogoths, permirent à peine de veiller aux soins les plus urgents dans l'administration du domaine pontifical. Jlais le développement de la puissance temporelle des Papes était moins leur œuvre personnelle que celle des événements providentiels. Les troubles mêmes que nous A'enons de rappeler mirent en évidence le grand ascendant des Papes, furent pour eux l'occasion d'exercer plus d'une fois le rôle d'arbitre dans Ijs conflits les plus aigus, et contribuèrent f.insi à l'accroisseneut de leur prestige souverain, même dans l'ordre social et politique. « Les Papes, dit M. Lavisse, sont dès lors les vrais maîtres de Rome '. u Aussi, lorsque le successeur de Pelage II, saint Grégoire le Grand, prit possession du Souverain Pontificat, il fut ellrayé de se voir chargé de tant d'affaires ex-
1 Péla?e était né 5 Rome et issu d'v.ne famille aristocratique (Frocupi!, Dt Ullo gr.thico. IIL 16, t7. 2'.t, ït ; Liber Pontifie, 1, 304).
2. Gbisàh, nh<t. de Bcie et des Papes, t J, 2' partie, p. li<2, 153.
3 MiJêi, IV, 7:5ô.
i Jean 11!, BeDOit !"■ et Pciagc II étaient romains. Liber Puntif, U 305, 808. S(i9.
. Il.itoire générale, de L*vi£te f t Iîaïbich. k 231.
oiala.
ii HISTOIBE CeWÉnAI.r KE l"; GUSE
térieures, de tant de préoccupations politiques et sociales ; « ja me demande, écrivait-il, si être Pape en ce moment, c'est être un chef spirituel ou un roi temporel » '. La Paptuc^ La vie sociale de la Papauté commençait en effet, le Moyen kitiiiiiiiou f..- Age s ouvrait ; et 1 on comprend 1 eliroi du samt ronUte a la vue de sa grande et lourde mission. Mais, pour accomplir sa tâche, le nouveau Pape trouvait autour de lui de nouveaux ouvriers, préparés par la Providence ; c'était la famille monastique de laquelle il était sorti lui-même, c'étaient les fils de saint Benoît, dont le rôle va remplir l'histoire pendant la période dont nous abordons le récit.
La fondation En 480. quatre ans après la chute de l'empire romain, était
.ie« u.i.lii>-» né à Nursie, en Campanie, celui dont l'œuvre allait exercer
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.SaiDt li«-.oH "°® ^' grande mfluence. « 11 s'appelait Benedictus, Benoît, dit 0-L43,.. ^,,n saint biographe, et ce nom exprimait bien la bénédiction de làeu qui était en lui. Ses mœurs n'étaient pas de son âge ; il ne donnait rien aux plaisirs des sens... Is^u d'une famille noble, il lui envoyé à Bonie pour y étudier les belles-lettres. Mais il ^ il que beaucoup de ses compagnons, en étudiant, se laissaient «ntraîner dans la pente du vice ; et, à peine entré dans le monde, ii s'en relira • ».
A quarante milles de Rome, au delà de Tibur,dans ces gorges Snblaco. " ' ^'^'^'^''^ ^^ écume l'Anio chanté par Horace, au-dessus des ruines désolées d'une ancienne villa impériale construite par Néron, le jeune adolescent trouva une grotte déserte. 11 ne demandait pas autre cho.se, suivant l'expression de son biographe, que « d'y vivre avec lui-même sous le regard dt iJieu » '. Cet endroit solitaire s'appelait Subiacum. Aujourd'hui, le pieux voyageur qui visite le Sacro Speco de Subiaoo n'est pas moins ému parles grands souvenirs qui s'y rattachent
1. Giio. M«o" . EfU'olm, Lib I, ep. 25. Mio«, tome LX.WII. col. 67«-/^. Bon in Inno giii-i/utu }irutnr iHnitw curit exterioribu^ graviter occupalur, • la "' «■(•/<r i/rct! lutii .\it, utrum paatorii o/flcium an t4rrtni proctrit •;iat M (i. H , ltr;i . 1 24. p Xa.
S. Sninl (>iiÉt;otHK lb (JHAni), hialoguea^X. I, cb. i.
S. Suint GulaoïKi li (jiiao, Dialogues, 1. I , ah. III.
l'église dans son CENTnB 45
que par la beauté pilloresque et sauvage de ce coin déterre vénéré.
Quand une âme pleine de Dieu cherche à fuir le monde il arrive souvent que d'autres âmes viennent à elle, attirées j;ar des vertus d'autant plus rayonnantes quelles sont plus intérieures. Les stylites d'Orient avaient ■mi aceourii au pied de leurs rochers des pèlerins, parfois des plus illustres de ce monde, qui venaient s'édifier à la vue de leurs austérités ou leur demander une règ-le de conduite. Ce furent de pauvres pâtres qui subirent les premiers l'ascendant de Henoil,. » La première fois qu'ils aperçurent, à travers les buissons, le pauvre anachorète vêtu de peaux, raconte saint Grép^oire le Grand, ils le prirent pour une bête sauvage ; mais lorsqu'ils connurent ensuite le serviteur de Dieu, beaucoup perdirent les instincts de la bête pour mener une vie sainte ' » Quelques-uns finirent par se mettre sous sa direction. Peu de temps après, ce fut un Goth, qui demanda à se joindre au pieux solitaire '. Barbares et latins se mêlèrent sous la conduite du saint patriarche. Il dut bientôt fonder, autour de sa grotte, douze monastères de douze moines chacun. De nobles Romains lui i^onfièrent leurs enfants. « Equitius lui amena son fils Maur et le patrice TertuUius son fils Placide' ». Maur devait établir le monachisme bénédictin en France et Placide en Italie.
Mais le chant des louanges divines ne retentit pas longtemps auprès de la villa néronienne et de l'antique Tibur. L'esprit du mal, qui ne cessa de poursuivre le serviteur de Dieu, suscita contre lui le prêtre Florunlius, lequel répandit contre la communauté naissante tant de calomnies, que saint Benoît jugea à propos d'abandonner ces lieux.
Il se transporta sur le penchant de la magnifique montagne f^ Montqui domine la petite cité de Castrum Cassinum et d'où la vue t:*»»u». s'étend sur cette riche plaine de Campanie, que les Italiens appellent aujourd'hui Terra di Lavoro. Le vieux paganisme, qui n'avaitplus dansl'empire romain d'existencelégale, avait trouvé là un refuge secret. Dans l'enceinte d'une vieille station pélas-