Atonum (ierm. Hiit
4. KLgiTCLiuBZ. L'empire carolingien, set oHgines et ses trantfbrmations, p. ITO, 206. 207, 209. i f Le Moyen .Age, livraison de janvier-février ly04. — En fuit, cuuime nuus le verrons plus tard la France et l'Angleterre restèrent en dehors da 1 organisation imp riale après la restauration de l'empire par Othon l". Soumises au Pape, ces nations n'acceptèrent pas la domination ds l'Empereur : < Le roi de Krance. disait on, est empereur en son royaume » {Traité de la puissance pontificale, impériale et royale, dans Goloast, Monarchùi. t 1. p. 44) — En fait aussi, les Papes coutiniuNrent à traiter aveo les sonveraius de Byzanee comme avec de vrais empereurs. Toute leur correspondance durant les ix> et x« siècles en lait loi.
326 HISTOIRE GÉ^EIULE TE L ÉCT.ISE
Constantin, reporter de Constantinople à Rome la capitale de 1 empire. Les empereurs byzantins n'abandonneront pas cependant leurs prétentions et, pendant tout le Moyen Age, deux empereurs prtHendront, avec des influences bien différentes, gouverner le monde chrétien tout entier '. Lr faint em- Par sa capitale, qui est Rome, par son organisation polipar f« c apiiaie l'I"^ et par les liens qui l'unissent à l'évêque de Rome, le giniîatmu po- "o"^'"^^ empire est bien romain. « Ces vastes domaines qui liiique. s'étendaient de l'Ebre aux Carpathes, dit James Brjce, avaient tous été le prix de la valeur franque, mais ce qui en i faisait un État véritable, et non pas une simple agglomération de tribus assujetties, c'était bien une conception romaine : romaine par son souci de l'ordre et de la règle, romaine par ses efforts pour atteindre une perfection humaine et limitée, romaine enfin par le lien qui maintenait la cohésion de l'empire, quoique romaine d'une façon qui aurait bien surpris Trajan ou Sévère, si on avait pu le leur prédire, car l'unité de l'empire n'était que le reflet de l'unité de l'Église '. » Il eut germa- Ce saint empire romain mérite enfin, par certains côtés,- le "auEurr" le' '^""^ d'empire germanique. Il est germanique par les mœurs droit privé, et coutumes qui régnent soit à la cour, soit parmi le peuple.
1. C'est h l'occasion do ce conflit entre l'Orient et l'Occident qae parait avoir été composée la prétendue Donation de Coustantin. par laquelle l'empereur chrétien, guéri de la lèpre par les prières du pape faint Sylvestre, aurait investi celui-ci et ses successeurs de la souveraineté de l'Italie et leur aurait sttribiii^ nue série de dignités et de privilèges, tels que le droit ue porter la diadisme. le collier, le manteau de pourpre et de recevoir de l'Empereur la aervice d'écuycr, officium tlraioris, en montant à cheval [Corpus jurii ca- • Jionici, Dist. .XCVI, cap. ziii, iiv). Le caractère apocryphe de ce document, inséré au Cfiyun Jurit, ne fait pas de doute. Le cardinal Baronins, au xn« siècle, le considérait déjù comme inventé de toutes pièces. En effet, cet acte ne se trouve mentionné nulle part avant le ix' siècle. Il est contredit par des témoignages important» tels que celui d'Ammien Marcellin qni. en IJ70, ne connaissait qu'une source de la richesse des T'apcs, les donations dea lidèles.Ce document apparaît pour la première fois innéré dans une Vila Sylrestri, dont le caractère légendaire n'est plus contesté. Enfin se.< caractères intrlnsèquea le rendent su?pcct : l'acte, censé rédigé en Orient et au iv« siè-cle révèle une rédaction faite en Occiilcnt et au vm» ou ii" siècle : on y parle de di):nité8 qui n'étaient connues qu'au pays occidental ; Yofficium atratoris dont U y est question est nu usage d'tJccidont et certainement postérieur b Constantin. - Il y est fuit mention de l'Italie ou provinces occideniales ; or, celte dénomination s'pTplique aux tuf et ix« siècl»'. non pas au it«, etc. Voir una discussion complète dans Dcbu.ircir, l'aptfabeln, Munich, 1863, reproduite dans la traduction française de ï'ilisl. de l'Église d'UiiagiBÔriiiii, t. I, p. 562-r.88.
2 James Hitci, Le taint empire romain germanique, trad Domergne Paria. 18M). p. 94-95.
LE SAINT EMPinK ROMAIN 327
Charlemagne maintient à la cour, le costume, la lancée et les usages germanicfues. Lui-môme ne se décide que deux fois, sur les instances d'Hadrien et de Léon 111, à revêtir la chlamjde et La chaussure des patrices. 11 aime mieux porter le pourpoint de peau de loutre. Il compose une grammaire teutonique et \m calendrier national, fait exécuter dans son palais des chants barbares célébrant les héros du Nord, et donne l'ordre de recueillir pour la postérité ces poèmes héroïques '. L'empire carolingien est germanique par sa capitale ellective : Charlemagne ne veut fixer sa résidence ni à Rome, ni à Pavie, ni dans aucune des grandes villes des Gaules. Il préfère habiter son palais d'Aix-la-Chapelle, en pleine Austrasie, tout près du vieux manoir paternel d'IIéristal. C'est là qu'il fait transporter les marbres et les objets d'art de Ravenne. L empire de Charlemagne est enfin germanique prir sa législation privée. Si le droit public et le droit administratif sont romains dans le nouvel empire, le droit civil et pénal, la procédure civile et criminelle s'inspirent des vieux usages des Germains. Charlemagne le veut ainsi. 11 amende peu à peu les anciennes lois barbares, mais il ne les abolit pas. Avec son profond et politique respect de la tradîUon, il conserve dans sa législation l'usage du wcrrjeld ou compensation pécuniaire. Il ne veut même supprimer ni le duel judiciaire ni le jugement de Dieu en général '. « C'était la marque d'un grand- esprit, dit à ce propos Frédéric Ozanam, de savoir se contenir, même dans le bien, de savoir attendre et laisser fermenter pendant plusieurs siècles encore ce levain de barbarie qpi devait faire la sève des peuples nouveaux ' ».
Le saint empire romain germanique, inauguré par Charlemagne, aura peu de durée. Nous allons le voir se démembrer peu de temps après la mort du grand empereur dans des luttes fratricides tristement célèbres, aussi funestes à l'Église qu'à la société,
i. Snr ivrectalion Je CharlerangTie S nser des retements nationanz, voli le MnnB DB pAiTT-nALL, II's'.. des Gaules, v. 121.
2 EosH.vRD, Vita Karo!i, 2:<, 26, 2-S, 29 Hist. des Oaules, t, 98 100 3. OzA.'ïAji, Etud^i grmaniques, II, 427. ..harleinngne n'hésite pas cepen^ dant à supprimer les coutumes trop onveitempnt contraires à la morale chrétienne, comme la faida, sorte de vendetta iJes Germains iEskbis. Hist. 'u droit fiançais, p. 92). Il propage l'usage du serment judiciaire iE.-k»i«, p. 98,
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Ce (jnl rfitiTB Mais l'œuvre du saint empire romain ne pdrira pas tout entLÂilemiigue . tiorc. Lcs peuples barhnres fixés au sol et initiés à une forte org'anisation sociale, l'idée de l'empire rajeunie, celle d'une confédération des peuples chrétiens d'Europe rendu? possible, r\ fusion des éléments romain, germanique et chrétien réalisée, voilà ce qui subsistera de l'empire carolingien : c'est tout le Moyen Age ; c'est, en germe, toute la civilisation moderne.