MA1.SI, Ml 720.722, 900: Lib. Pont!/-. I
3. Voir les actes dans .Maksi. t. XII et XIII et leur résuma dans Hfriii, Hà'oirt des Concilea (trud. Uelarc). t IV. p 'iil 387.
3v»8 HISTOIRE GtoÉBALE DE I.'ÉCI ISE
perfidie des hérétiques orientaux ne fut pas étrangère. Bien
diiïérente de la o mentalité » des fidèles ilOrient élail celle
des Occidentaux à l'égard du culte des imnges. Loin de
leur prodiguer ces marques exti'ricurcs de vénération qui
avaient fourni un prétexte au scandale des iconoclastes, on
d'altribuer aux représentations des Fainls une mj-stique vertu,
les Occidentaux paraissent les avoir simplement appréciées
nu point de vue de leur valeur artistique, et honorées à cause
du souvenir religieux qu'elles leur rappelaient.
i.pi r.recs f«l- Leur élonnemcnt fut donc prand, lorsque, recevant com-
fiùeiil l^? actes . . , , -i i tit i
4u coDcile de munication des actes du concile de Nicée, ils y lurent qut
"^ *' le culte prescrit relativement aux saintes images était celui d» l'adoration. C'est en effet par le mot latin adoralio que les traducteurs grecs des actes du concile avaient traduit le mot TtpoçxjvTjjic, vénération. On y faisait dire à l'évdque de Chypre, Constantin, la phrase suivante : « De même que j'adore la Trinité, j'adore les images », tandis que le texte grec porte « J'adore la Trinité et j'aime les images ' ». Charlemagne et l'épiscopat franc s'émeuvent alors. Un grand concile de trois Le «otiiMle de cents évfques, tenu à Francfort, en TOi, déclare nettement l79*). prendre le milieu entre le concile des icon(»clastes, qui a ordonné de détruire les images, et le concile de Nicée, qui « con.mande de les adorer à l'égal de la Trinité ». De là, tti ti''-f' ca- les fameux livres carolias, mémoires rédigés par Ch.iilomngne ou par son ordre, où l'on proclame, dans un stylo • plein de passion, que « rendant à Dieu seul le culte d'adoration, et ne voulant pas plus adorer les images avec un concile que les prohiber avec l'autre, on rejette l'écrit de l'inepte Sage Rtnm.ie synode, inepli.ssimx synodi ' ». Le pape Hadrien, voyant sans Srieo. " doute que la divergence ne portait nullement sur une question
h. Massi, \\\. H48. — HnDCiii, IV. 151. — HfrÉii. V. 129 (Irad. Delare . M n SArrny?, rrallrc de conférences h ^I^^ole des Hautes lllndes, a retrouvé rérenimi iil. dans un ouvra, e inédit de Niréphnre, patrlnrchc d» ConsInnUrople. le texte grec original de rerliiins lémoi: nnsee rommimiqués îi Charlemafrne p^.r les emperc r." byîiantius II en répullc rjUC li s telles d'origine iconoclaste avaient • té clioisia potjr induire Charlemagne en erreur. D. SinniTf, Comyle.i rendu f de l'Aca'. des /nsdip et Hellts- Lettres, 1:04.
2. f L., X \"\l, '.'.'5 et 8. Sur l'iiuihi-nlirité des livrop caroHns, voir H*r*iJ. V, 11"» 143 et Krau». //iV«. de IFglUe. 8' édili n. 11.90 — U-s évf^iine» finnes et Oiarleira; ne ne regardaient pas le second '•nncile de Nice* coîninf (PC iiiéniiiuiv l.e |iii|ie l'a<'rien, dans sa réponse, déclare qii 11 n'a pj» eocoro duoaé uue Miuction a ce concile.
Lh SAIM EMPIRE ROilAJN 3S9
de doctrine, mais reposait uniquement sur un malentendu,
eut la sagesse de ne rien préciser dans sa réponse et de laisser
au temps le soin de faire la lumière.
Une recrudescence de la querelle iconoclaste en Orient, en
réveillant quelques années plus tard la susceptibilité de
Francs, retarda l'apaisement.
Sous le règne de Léon l'Arménien (813-829), un nouvean Recrudescen- .,.,,,. , . , 11 1 . ce de la que-
conciliabule hérétique determma une ère nouvelle de persecu- relie icono-
tions, d'exils, de tortures, qui se poursuivirent sous Michel II Léo' TArmé-
le Bègue (820-829) et sous Théophile (829-842). Les catho- <"«"•
liques fidèles ne respirèrent que sous la régente Théodora,
qui, à l'exemple de la régente Irène, rétablit le culte des *
ima^res en 8i2. Le nouveau patriarche de Constantinople, élu Fia de la que-
,?, n • , -«r..! 1 11' J i »• • relie S0U8 l'im
en 843, saint Méthode, acheva 1 œuvre de restauration, qui se përHiricc refit au milieu des acclamations populaires et « rien plus ne ^^"^0^1''^'** resta, comme on l'a dit, de l'iconoclasme en Orient, sauf un surcroît d'amour pour les images et même une exagération de culte à leur endroit ' ».
Deux grands saints s'étaient illustrés pendant cette que relie, saint Jean Damascène et saint Théodore Studite ou de Stoudion. Le premier, que le Concile de Nicée proclama Saint Jean D». un des protagonistes du culte des images', est à la fois poète, mystique, orateur, théologien et polémiste ; la postérité a surtout admiré et étudié ses deux livres, La source de la connaissance et L'exposition exacte de la foi catholique, où il -ésume en un tableau d'ensemble toute la tradition théologique des Pères d'Orient : œuvre capitale qu'on a pu comparer à la Somme de saint Thomas d'Aquin. Théodore Studite, poète à Saint Théoses heures et polémiste quand la défense de l'Eglise le demande, est avant tout un mystique, un admirable directeur d'âmes ; le recueil de ses lettres, dont plus de 500 nous ont été conservées, est une mine inépuisable de renseignements pour la connaisssmce des choses et des hommes de son temps. C'est lui qui, sous la persécution de Michel le Bègue, demanda que pour mettre fin à la querelle « on s'en rapportât, comme l'a toujours voulu la tradition, à la déclaration ds
1. R. P. PAPGom», L'église byzantine, p. 27l. ï. Masbi, XIU, 357.
3G0 IlISTOinE CÉNÉIIALE DE l'ÉLLISE
l'Eylîse romnino, siiprema ecrlcxinriim Del ' ». LVmppretir essaya de sratrner à sa cause Louis le I)t''>onnaire et lui écri- Sjnodp doPa- vit en cc sens. Des évoques fiancs, réunis en 82.") à Paris, roj'onclirenf qu a leur avis, les iniaj^es « étaient seulement, dans les ^'glises, pour les g^ens instruits un ornement et un souvenir pieux, pour les illettrés un moyen d'apprendre», mais ils prolestèrent en môme temps qu'ils voulaient être libres de les honorer ou non. de les posséder ou non, in co- Icnilo l'el non colcnclo, in UaJtendo vel non liahcndo. C'était s'en tenir aux décisions du concile de Francfort. Dans le même temps, l'évèque de Turin, Claude, gagné à l'hérésie iconoclaste, allait jusqu'à faire déchirer les images et briser les cr( x. Mais, condamné par le Pape, il ne fut pas suivi.
On finit pourtant par s'entendre. A la fin du ix« siècle, api ùs de longues controverses, auxquels se mêU'rent Agobard de Lyon ', Jonas d'Orléans ', Hincmar de Reims ', et WalafriJ Slrabon ', les malentendus et les préjugés qui avaient égaré l'épiscopat franc se uissipèrent, et le 11" concile de Nicée fut accepté partout et sans réserve
A celle question du culte des images s'était intimement
mûlée celle de l'adoptianisme. Claude de Turin, l'iconoclaste,
était en même temps un adoptianiste, et le Concile de Franc-
lort eut à se prononcer en 794 sur les deux questions.
tVdopiv La nouvelle hérésie était née en Espagne. Vers l'année 782,
"""'*■ un certain Migetius, renouvelant l'erreur de Sabellius sur la
8b« «risiaei. Trinité, avait enseigné que la Divinité s'était successivement
révélée aux hommes, comme Père par David, c<^'.nme Fils par
le Ci.rlit et comme Saint-Esprit par saint Puul. Le Christ
d'ailleurs se confondait avec le Verbe, lequel était né à uo
I TniD Stdd , I. n, epUt. 86, P. G., XCIX, 1331. C. vnlra Tempeslarioi.