‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 209 sur 278 · Annales rfgni, a · texte numérisé non relu

Annales rfgni, a

2. La part faite au prince Charles, qol devait être Charles le Chanve, «'étendait sur les deux rives du Rhin supérieur, sur l'Alémanie. la Rhétie. I'AUbm et une partie de la Bourgogne; des Germains se trouvaient ainsi séparés de leurs frères de race et amalgamés avec des Gaulois et des Rcmains.

383 BISTOinE GÉNËIIALE DE L'ËGI.ISE

Dans une plaine d'Alsace, près de Colmar, en 833, les deux arm(5es étaient en présence, prîtes à se précipiter l'une sur l'autre, quand le Souverain Pontife, accompagné de Lothaire, y arriva. Il s'était fait précéder d'une lettre très noble, dans laquelle, répondant à quelques évêques du parti de l'empereur qui lui avaient envoyé une missive irrespectueuse et menaçante, il leur disait : « "Vous ne devriez point oublier que le gouvernement des âmes, qui appartient au Souverain Pontife, est plus grand que le pouvoir impérial qui est temporel ' ». En intervenant dans la discorde des princes, Grégoire avait conscience de n'agir que dans l'intérêt de la paix ; il pensait que nul rôle ne convenait mieux à sa mission de père de tous les peuples chrétiens.

On sait comment ces nobles espérances furent déçues. Lt parti que venait défendre le Pontife triompha, mais par des moyens différents de ceux que le Pape avait l'intention d'employer et qui déshonorèrent la cause des Gis révoltés de l'empereur. Grégoire quitta ce champ de Colmar, justement |« c Chuap désigné dans l'histoire sous le nom de Champ du mensonge, le cœur rempli d'amertume '. A partir de ce moment les

do meo-

Page 1