Hist. générale, de Lâtissb et Rambadd, I
Apcn«n»inn c»- Gratieii, aurait dit : « Les Francs ne sont bons à rien. Poiir-
lée coutre le ^uoi ne pas appeler les Grecs, et, avec leur aide, cuasser les
Fuuvcrociueni pr^ncs et leur roi?» Louis II arrive brusquement à Rome, du palaia poo* * ^ ^
lifical. furieux et menaçant, sans avoir prévenu de son arriv(je ni le
Arrivée de Pape, ni l'aristocratie romaine '. Sans sYmouvoir, Li'on IV
Home. demande et obtient l'inlroduclion d'une enquête judiciaire,
qui est faite suivant les règles de la procédure romaine.
C'était son droit, d'après la Constitution de 82i. A la suite de
cette enquête, le dénonciateur de Gralicn, un certain Daniel,
maître de la milice, est convaincu de faux témoignage. Par
déférence pour l'empereur, qui intercède en faveur du cou-
Aiiliuiie ferme paile, le Pontife lui accorde sa grâce. Mais c'était l'échec com-
" ''"■ plet de l'intrigue. La faveur que Daniel obtint depuis auprès
de l'empereur et de l'impératrice peut faire supposer que le
couple impérial n'avait pas été étranger à cette machination,
digne du génie malfaisant d'Engelberge.
Zèle de Mini Ces graves affaires ne détournèrent jamais le saint Pontife
[^'""iiouveï"- ^^ ^^ préoccupation dominante : préserver la sainte Église de
uieni lie lu vie \^ corruption du siècle, pénétrer de plus en plus le corps cbrelieDoe. . ' , . . \ .
épiscopal et sacerdotal de l'esprit de l'Evangile. Nous en trouvons les vestiges précieux dans deux conciles, l'im tenu à
Le cnnciii- de Pavie en 850, l'autre à Rome en 8o3. Le concile de Rome se
Home (853). contente à peu près de reproduire les trente-huit canons du
concile romain de 826 '. Il y ajoute seulement quatre nou-
Lr concile de '^eaux canons visant des désordres accidentels. Le concile de Favie (850). p^vie ', tenu en présence de l'empereur Louis, règle les devoirs et les droits respectifs des évêques, des archiprôtres, des doyens, des prêtres de la ville et de la campagne. On y voit que plusieurs évêques, trop mondains, se permettaient de donner des repas somptueux, accompagnés de spectacles, oi apparaissaient des bouffons et des fous. Le concile rappell* que la place de l'évêque est au milieu des pauvres et des humbles, quand il n'est pas dans son église pour y prier ou dans sa chambre pour y travailler et s'y entretenir avec ses prêtres (art. 2). On y porte aussi des anathèmes terribles contre
f . Sine litteris ad '■omanum directis ponti/lcem et lenatum, dit le Ub. Pnntif. (\l, 134). Cello meat;on dn ténat indique ici U plac« pris* dans Uome par l'arlRtocratle.
S. Mahi, XIV, 'j'Jl et 1.
t. Miiiii, XIV, U29 «t t.
les usuriers (art. 21). Le laïque coupable d'usure sera excommunié ; l'ecclésiastique sera déchu de ses fonctions.
Cependant la santé du Pontife était épuisée par tant de tra- Cabale? de .... [, 1 ■ /-'il > l'impératrice
vaux ; on pouvait prévoir sa tm prochame. L. est alors qu une Kugeiberge.
idée paraît avoir germé dans le génie lécond en ressources de l'ambitieuse Engelberge : pousser à la Papauté \xa candiJal favorable à l'empire.
Parmi les fonctionnaires de la cour pontificale, où l'ingérence abusive du frère de Serge 11 avait introduit plus dun homme capable de jouer le rôle indigne dont l'empereur avait besoin, se trouvait un prélat aussi peu ecclésiastique de mœurs qu'il était possible, aussi correct de tenue extérieure qu'il était nécessaire pour désarmer ses détracteurs. 11 s'appe- L'apocnsiaire lait Arsène et ajipartenait à l'une des plus grandes familles de Arsèue. laristocratie romaine. Evêque d'Orta, chargé des fonctions de missu.i, il était depuis longtemps l'agent de Louis 11 à Rome. On créa pour lui la charge d'apocrisiaire du Saint-Siège, qui Son habileté »l mit entre ses mains toutes les affaires de l'Etat. Ilincmar de *^* '"cee. Reims, dont la perspicacité avait pénétré le fond de celte âme vile, a parlé avec indignation de sa ruse et de sa cupidité '. Arsène avait deux fils, que nous allons voir jouer un Les deux fils rôle très important sous les pontificats de Benoît III, de Ni- ^Q^tase et colas I" et d'Hadrien II. L'un, Eleuthère, re.sla dans le siècle. Eleuthère. L'autre, Anastase, destiné à l'état ecclésiastique, reçut une éducation des plus soignées, grâce à laquelle il deWnt un des hommes les plus instruits de son temps. 11 avtdt déjà été promu aux premiers ordres sacrés quand Léon W fut élevé au Souverain Pontificat. Le nouveau Pape l'ordonna prêtre en 848 et lui confia l'église de Saint-Marcel. Anastase était par là même prêtre cardinal, et par suite, suivant les canons de l'Eglise, candidat éventuel à la papauté. 11 est fort possible ^Dgg{g,g ç,„. que sa famille ait eu dès lors des vues ambitieuses sur lui. "^"^.'^^ év«ntn^i Mais son histoire offre, à partir de son ordination, jusqu à la
1. Ann. de Saint-Bertin, ann. 8^7. >>Ki: Edit. Dphaisncs. p 170 et 8. Jean Diacre et saint Nicolas I"' donnent le même tpnioij;tiaj;e. I'. I. , LX.W. 207 ; CX1.\, 11,8. Lta Annales de Saint- Oertin font une ilis sources les plu? sûres de riiisloire do n« siècle et complètent heureuseraent le Z.i*ct- l'untif et les Regesta des Papes. Elles ont eu Irois réducteurs : de 820 h 8;5, un personnuye Inconnu; de 835 à 861. saint Prudence, évéqu« de Troyes ; de SSi a 89'j,Hincmar, vcli de Reims. La meilleure édition est celle de l'abbé Deliaisues, dans la Go.l. de U HocUté de l'Hist. de France.
^9V nisToir.E générale ue l'église
mort de Léon IV, un mystère encore inexpliqué. A peine en possession de son titre, Anastase quitte Rome et se rtfuçie dans les Etats de Loms II. Le Pape multiplie les instances pour le faire revenir à Rome. Rien n'y fait. Louis II, requis de le livrer, se dérobe par des délais et de mauvaises raisons. caÙoiMrAu'ué- ^"^posé, anathématisé, excommunié par plusieurs conciles, laie. Anastase est introuvable. Est-il occupé à ourdir des intrigues? On le suppose sans doute à Rome, car un anathème est porté contre quiconque oserait aider Anastase à s'emparer du Souverain Pontificat ' . Pour donner plus de solennité à ses sentences, et sans doute pour prémunir le clergé et les fidèles contre toute campagne électorale d'Anastase, Léon IV fait allicher, au-dessus de la porte principale de Saint-Pierre de Rome, autour d'une grande image du Christ et de la Vierge, les sentences successivement prononcées contre le prêtre insoumis et déserteur.
""lV* Tv"' ^^ 15 juillet 83S, après huit années d'im pontificat doulou- (15 juillet 855). reux, mais fécond, saint Léon IV fut rappelé à Dieu.
Si l'on on croit le Liber Ponlificalis, la voix unanime des électeurs aurait, après la mort de Léon IV, appelé à la Papauté le prêtre Benoît, titulaire de Sainte-Cécile. II est vraisemblable cependant que les partisans d'Anastase aient fait quelque manifestation en faveur de leur candidat, n'aurait-ce
Intrigues d'Ar- été que pour tâler l'opinion. Quoi qu'il en soit, deux députés, «ène pour faire ... \ \ , j- a • . »* -. j i ■^■
élire bod Hia Nicolas évêque d Anagni, et Mercure, maure de la milice, se
ADaetase.
mettent en route pour notifier à l'empereur la nouvelle élection. Ils rencontrent en chemin l'évêque Arsène, qui essaye de les gagner à la cause de son fils Anastase. Après tout, Benoît n'est pas encore sacré ; il est temps de revenir à un meilleur choix. Les députés sont ébranlés. L'empereur décide qu'il donnera sa réponse par une ambassade spéciale. Cette ambassade, parvenue à quarante milles de Rome, rencontre it son tour Arsène, entouré de quelques partisans, gens d'église