‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 218 sur 278 · Annalas de Saint-Berlin, an. 868. Ed. Debaisnes. p · texte numérisé non relu

Annalas de Saint-Berlin, an. 868. Ed. Debaisnes. p

LE SAINT EMPinE ROMAIN 395

et gens de guerre. Moitié par terreur, moitié par persuasion, Arsène gagne tout à fait à la cause de son Gis les ambassadeurs impériaux. Un peu plus loin, c'est Anastase lui-même qui vient se joindre à eux. La troupe s'accroît en chemin de tous les partisans du régime impérial, de tous les mécontents, qu'Arsène et les siens ont séduits. Des envoyés de Benoît, qu on rencontre. s«nt maltraités. Bref, c'est au milieu d'un cortège de partisans qu' Anastase arrive devant Rome. Son Anastase et s« entrée est triomphale et insolente. En passant devant Saint- h sseni la ba- Pierre, Anastase saisit ime hache et la lance violemment ^''"'"ran" ^'" contre l'image de la Vierge, autour de laquelle sont afOchées les sentences d'excommunications portées contre lui. On envahit la basilique du Latran où se trouve le Pape élu. On s'empare de lui, on le dépouille de ses ornements et on le confie à la garde de deux prêtres, Jean et Hadrien, jadis déposés par le pape Léon IV.

C'était le samedi. Le lendemain, dimanche, on convoque les évêques, le clergé et le peiiple dans la basilique EmiUenne. Les légats de l'empereur s'y rendent. On les voit prendre loterrentlon place dans l'aljside, puis parcourir les rangs des électeurs, çaïï**de'*"eml l'épée levée, criant : « Rendez-vous, et prenez Anastase pour pereur. Pape. » En présence d'une telle violence, le clergé et le peuple se ressaisissent et donnent l'exemple d'une fermeté admirable. Sous les épées menaçantes, une foule immense s'écrie : « Anastase est im prêtre excommunié, Anastase est inéligible ». Des évêques protestent qu'ils préfèrent être niis en pièces, plutôt que de violer les lois de l'Eglise. On vit alors, dit le biographe de Benoît III, les gens de l'empereur échanger quelques mots en langue tudesque, et se retirer.

Trois jours après Benoît était réélu. Le dimanche suivant, bjdoU lll i" septembre 800, il était sacré à Saint-Pierre sous les j'eux (855 858). des légats impériaux. Benoît III devait régner deux ans et demi. C'était un pontife doux et pieux. La foule qui lui avait c.'vractèr' dn apporté la nouvelle de son élection l'avait trouvé en prière, uouve&u Pon- Ses vertus privées devaient être louées par ses ennemis aussi bien que par ses amis. Il n'eut point l'admirable énergie Xr son prédécesseur, et les débuts de son pontificat semblent av j-jt irardé l'impression des scènes de terreur qui avaient marqué Non élection. Il conserva à l'évêque d'Orta sa charge de

misius ét^'apocrisiaire. Il fit renouveler par un synode la condamnation d'Anastase, mais il l'admit à la communion laïque et le pounnit de l'abbaye de Sainte-Marie au Transtélère. Après trois ans pass(5s dans les exercices de la vie religieuse et les études, Anastase devait r('apparaître sur la Bcène politique, où, sans espoir désormais de conquérir la tiare, il tenterait du moins de gouverner la Papauté.

Parmi les premiers actes du court pontifient de Benoît III, on doit citer l'approbation conditionnelle qu'il donna aux décisions du concile de Soissons, célébré en 853 sous la présidence d'Hincmar de Reims '. Quelques expressions de ce concile semblaient reconnaître au métropolitain des pouvoirs sans appel, ind(^ptndanls de l'autorité du Souverain Pontife. Saint Léon IV avait refusé de l'approuver, saint Nicolas I" devait le condamner sévèi-ement. Benoît III jugea à propos de le confirmer en réservant les droits de Saint-Siège *. 8«coDdé par D'autres actes, où l'on a eu lieu de voir l'influence de son eola», il Bou- fidèle collaborateur, le diacre Nicolas, sont l'expression d'une •V«.*ferafèté* Politique plus ferme. Il mande devant lui \in frère de la reine •t ugcMa. Teutberge, qui avait envahi les monastères de Saint-Maurice et de Luxeuil ' ; il proteste contre les la'îques de la Grande- Bretagne, qui avaient chassé des évéques de leurs sièges * ; il ordonne au patriarche Ignace de Constantinople de lui communiquer les pièces d'un procès intenté à l'archevêque de Syracuse ' ; il invite tous les princes chrétiens à contraindre Ingeltrude, femme du comte Boson, à réintégrer le domicile conjugal '.

Mort de Be- Benoît III mourut le 17 août 858. Il put prévoir, avant de (17 «oût 868^ mourir, l'orage qui se préparait pour l'Église du côté de l'Orient, où les manœuvres de l'empereur Michel l'Ivrogne et de son oncle, l'indigne Bardas, venaient de faire monter sur le siège patriarcal de Constantinople cet imposteur de génie qui s'appelait Photius.

L'empereur d'Occident, de son côté, put croire que 1«

I Mai.111. XIV, 977 et a.

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