‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 223 sur 278 · P. G., Cil · texte numérisé non relu

P. G., Cil

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tion est savamment ourdie. S'il est impossilile de ciroonvonir le Pape, on saura bien, pense-l-on, gagner ses deux représentants.

Prot^nti" ré- L'avisé Pontife, on le voit bien dans sa réponse, ne sait pas

trr^- .la «mal j . J - .1 -11- .

Nicy;iu. encore, du premier coup, démêler ce qu il y a de vrai et ce qu'il y a de faux dans ces lettres habilement imprécises. Il loue Photius de son orthodoxie, mais il lui reproche d'avoir violé les canons, et il envoie à Constaiilinople deux évêques spécialement chargés de s'informer de l'aiTaire d'Ignace, dont il se réserve la solution '.

La grande affaire pour Photius était maintenant de corrompre les légats, Rodoald de Porto et Zacharie d'Anagni. Il y parvint, mais non sans peine. Présents, ruses, menaces, tout Corruption dea fut mis en œuvre ; les deux évêques résistaient à tout. L'hypo- ^'^ *■ crisie et les sophismes eurent enfin raison de leur fermeté. Au printemps de 861 ils étaient passés au camp de l'usurpateur. Les présents de l'empereur et du César Bardas couronnèrent FnloiflcRiioD Icur défection. Ces lâches serviteurs du Saiul-Siège allèrent * PuLie."^* " jusqu'à permettre la falsification de la lettre du Pape dont ils étaient porteurs. Photius se hûte alors de réunir tm concile de trois cent dix-huit évèqucs, qu'il induit en erreur en leur faisant donner lecture des lettres falsifiées de Nicolas. Celui-ci est censé

On p«endo- approuver la dépo.silion d'Ignace et l'élection de Photius. Dans courile pro* -, ,< ■ -i i

clame la dé- ^^ concuc, que 1 empereur comparera au premier concile de

ché«uc9 Nicée, Photius est déclaré patriarche légitime, et Ignace est coadamné comme ayant violé les canons de l'Eglise. Des mesures sévères y sont édictées contre les moines, qui sont restés les plus fidèles soutiens du légitime patriarche. En même temps qu'il tente ainsi de paralj'ser l'activité de ses plus redoutables adversaires en Orient, l'astucieux Photius cherche à nouer des relations avec les évêques d'Occident censurés par U«n(i>n»r«i eo le Pape Nicolas. Quelques moines de Sicile, gagnés à sa cause, LurujJB. parcourent l'Europe. Un écrit injurieux pour le Souverain Poutife circule à Rome en 805. C'est comme un siège en règle contre la Papauté, habilement mené |)ar l'iuépuisuble et oxalfaisant génie de Photius.

1 Saint Nicolas appelle ces 6v(!qaes des légats a later«. Cest la preintéra fols que cette expression se rencnntre. On appelle encore aujnurdliui li^Rnto latere un légat choisi dnns rentonrnge du l'ape. a latere l'ontificis, un légal oardinal.Le cardiaaJ Caprara. en liSUi. lut Icgat a lalere. Jitti, 2âSl, 26tJ2, 2â83.

LE SAINT EJIPinE ROMAIN 409

Mais le grand Pape, averti de ce qui s'est passé au prétendu

concile de S61, a déjà saisi l'empereur, le faux patriarche et

l'épiscopat d'Orient de sa protestation indignée. Dans une pre- Pro^stmlon»

mière lettre, adressée en 862 à tous les évêques et métropo- poniifB.

Ites d'Orient, Nicolas I"" rétablit la vérité des faits, condamne

Xa déposition d'Ignace et l'intrusion de Photius '. Dans une

lettre à Photius, il se plaint de la falsification de ses écrits et

maintient les droits de sa primauté '.Dans une troisième lettre,

adressée à l'empereur, il déclare refuser toute conlirmation de

ce qui s'est fait eu Orient, jusqu'à ce que la vérité ait pu s€

faire jour '.

La tactique de ruse, de fourberie et de faux avait échoué, injures et vio- 1 ' . leuctfs de lem-

Restait la violence et l'injure. On y eut recours. Michel pereur.

l'Ivrogne écrit au Pape une lettre insolente dans laquelle, tantôt railleur, il accuse l'évêque de Rome de parler un langage « barbare et scvthique », et tantôt menacant| il jure de raser jusqu'au sol la Ville Eternelle,

Pas plus que la perfidie, la violence ne peut faire fléchir l'intrépide Pontife. La réponse de SEiint Nicolas I" à l'empereur Michel l'Ivrogne est un chef-d'œuvre *. Dans une pre- .Voble réponse mière partie, le Pape se prononce avec fermeté sur l'affaire lag. pendante : il déclare que le jugement de l'empereur est absolument incompétent en ce qui concerne les affaires intérieures de l'Eglise. Qu'on lui expédie à Rome les pièces du dossier, qu'on les soumette à une procédure régulière, et un tribunal indépendant se prononcera. Puis sa pensée s'élève à des considérations de la plus grave éloquence : « Ne vous étendez pas en menaces contre nous, ô empereur, dit-il, car, avec l'aide de Dieu, nous ne les craignons pas... Considérez plutôt ce que vous avez à faire. Pensez aux temps passés, songez à l'éternité. Examinez ce que sont devenus les empereurs qui j^«« devoirs ont persécuté 1 Eglise de Dieu et surtout 1 Eglise romame. envers l'E- Voyez Néron. Dioclétien. Combien leurs noms sont exécrables ^ '**' parmi les chrétiens ! Voyez au contraire Constantin, Théodose le Graud, Valeulinien. Avec quel respect leur souveoir est

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