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tbade do Soissons, d'Ebbon de Reims ou d'IIincmar le Jeune de ^on, en auraient suggéré l'idée. Mais les travaux récents do jâ. Paul Fournier semblent avoir éliminé ces deux suppositions. 11 y a entre les Fausses Décrétales et certaines pièces apocryphes certainement composées au Mans vers le milieu du ix' siècle, des rapports si étroits, que le savant auteur n'hésite pas à les attribuer au même faussaire. Quel est ce faussaire ? On a écrit, mais avec hésitation, le nom d'un diacre Léobald. « Il est possible, dit Mcebler, que cet homme si puissant ait vécu inconnu et solitaire... Il fut à coup sûr un homme de grand savoir, le plus savant peut-être do ses contemporains, un esprit pénétrant, sagace et initié à un degré rare à l'esprit et aux besoins de son temps '. » Sauvegarder l'indé- BaldeVinUar pendance des évêques contre les empiétements de la puissance qI^F^""'' temporelle, soustraire aux tribunaux laïques la connaissance des causes ecclésiastiques, réagir contre les droits exorbitants que s'attribuaient certains métropolitains, augmenter la force et la cohésion intérieure des églises, éliminer les chorévêques, dont la juridiction vague, indéterminée, contestée, était une source de troubles, empêcher surtout la spoliation des évêques, dont la destitution, obtenue par une procédure arbitraire, était le prélude, et, pour assurer tous ces résultats, grouper fortement toute la hiérarchie autour du Pape : tel fut le but poursuivi par le grand érudit, le clairvoyant politique que fut l'auteur des Fausses Décrétales. Il ne fabriqua point les matériaux qu'il mit en œuvre : il les emprunta à des documents authentiques. Il crut seulement que la raison d'État, ou, si l'on peut dire, la raison d'Église, lui conférait le droit de rehausser l'autorité de ces documents en leur donnant une antiquité qu'ils n'avaient pas. Il les fît remonter aux Papes des premiers siècles, comme on faisait alors remonter aux premier! siècles l'origine de tel ou tel monument, de telle ou telle légende, quand on voulait rendre plus vénérables les traditions d'une église. £^t-il besoin de dire que la conscience chrétienne, tout en faisant la part des mœurs barbares de cette époque, ne saurait approuver de pareils procédés ?
Ils n'étaient d'ailleurs pas nécessaires. La critique place la com- , paussei position des Fausses Décrétales à une époque antérieure au ponti- Décrétales et ficat de saint Nicolas. Or, le grand Pape n'a jamais eu besoin de jjj, \„^ ' a'appuyer sur la collection nouvelle pour faire prévaloir ses droits. « Jamais, dit le P. de Smedt, Nicolas I" ne s'est avisé de recommander la collection pseudo-isidorienne ou de lui emprunter la
1. HoEBLiB, Hiitoir» 4» l'EglUe, publiée la P. Gams, trad. Bélet, t 0^ p. 156, 157.
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in:>îndre cUalion. Bien plus, écrlvanl ù Ilincmar en 863, It men» lionne les Papes dont les conslilulions doivent 6er\'ir de règl» dans leâ jugemcnU des évoques. Or, le plus ancien dans celle liste a saint Sirice, dont les lellres sont parfaitement authentiques. \'oirV qui peut sembler plus remarquable encore. Dans bon nombre di lettres écrites postérieurement à la restitution de Hothade, et par conséquent lorsqu'il devait avoir certainement entre les mains le rejueil com(>lel du faux Isidore, Nicol.i« ]"■ cite des phrases qui se lisent à peu près textuellement dans ce recueil, mais toujours en les attribuant à leurs véritables auteurs et non aux Papes beaucoup plus anciens sous le nom desquels les avait [jubliées le faussaire '... Pourquoi, dira-t-on, se contenter de ce silence, fort significatif sans doute, mais complètement inedîcace pour empêcher le succès de l'imposture ? Pourquoi ne pas faire un pas de plus, en protestant solennellement contre l'abus fait des noms vénérables des premiers Papes et en livrant le faussaire au mépris du monde chrétien ? Ce n'est pas un érudit sérieux qui fera cette question. La réponse est d'ailleurs bien simple. Nicolas!"' vivait dans la seconde moitié da IX* siècle, et il ne pouvait venir h l'idée d'un homme de ce temni d'entreprendre, à propos d'une publication telle que celle det Fausses Décrétales, le travail auquel on ne manquerait pas de se livrer à l'époque actuelle et qui eut eu pour résultat la constatation irrécusable de la fraude. Ou aurait mauvaise grâce à reprocher & saint Nicolas et à ses successeurs de n'avoir pas fait ce à quoi n'ont pas même songé Ilincmar et Gerbert, qui avaient sans contredil tout autrement de ressources et de loisirs pour celte œuvre critique. » (P. de Smedt, Les Fausse Décrétales, Vépiscopat franc el la Cour de llorne, 1870). En résumé, suivant M. Paul Fournier, le recueil du Pseudo-Isidore a pu aider chez les Francs le mouvement de concentration autour du siège de Rome ' ; il n'a pas été un élément utilisé par Nicolas l"" pour l'accélérer, moins encore pour le justifier. L'inlluence littérale des Fausses Décrétales sur Nico« las 1" est incontestable : mais il n'est pas prouvé qu'elles aien^ exercé une influence sur ses iiiées. Jusqu'au xi' siècle, les Papes, quoiqu'ils n'aient pas l'épudic l'œuvre d'Isidore, ont observé k
t. Les Fani^eR D^crjlales ont ponrtant foarni i saint Iftcolas des at> prassiuiiK. iJtM lUi-knpIiDivs qu'on lr>ave il&of su corre.'^pooiJiuiae. M. Koarniar eu elle (ItWi B^einplri /l'O ilUnt itcolf.' , t. '07 p it'i'j
2 Si l'intlu.iJnM <li!S l-'niis»rt- iiKcrotaiB!" à Homo n'«sl pas dômoiirroe. Teur kDlluuui;e iluiia le ini>ii in (phiic isI ini->inli'siabie. I.e» texte* du INoulo- Isidore sont ciltis par BmRraur de ilaimii. Iliormur du l^oii. les i.oucilas du Kiaray, Cologne. Muyeiiee..Mvt2, etc. Cl. A Villiu, Dici. de Tluoluyu, su mol iautfê Décréta. et.
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l'égard de la célèbre compilation une réserve extrême. Ce n'est qu'à partir de la fin du xi' siècle, que celle-ci, répandue dans toute l'Europe, devient un véhicule commode pour plusieurs des idées maîtresses sur lesquelles est fondée l'œuvre entreprise à cette époque par la Papauté [Élude sur les Fausses Décrélales, Revue d'hist. ecclésiastique, 15 janvier 1907, p. 56). M. Ferdinand Lot, dans Isi Revue Ai's^oriçrue, de juillet-août 1907,troit que les Fausses Décrétales sont d'origine rémoise et pourraient avoir pour auteur Wulfrad, le plus savant des clercs déposés par Hincmar. M. A. Villien, dans le Dictionnaire de Théologie catholique de Vacant, au mot Fausses Décrétales, pense « que le débat paraît bien circonscrit entre la province de Reims et celle de Tours, et qu'il est impossible actuellement de faire, en faveur de l'une des deux opinions, une démoastratioQ qui exclue toute probabilité pour l'autre •.