‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 243 sur 278 · Mmsi, XVI, 74, 339 ; Héfélé. V. 624 62ô · texte numérisé non relu

Mmsi, XVI, 74, 339 ; Héfélé. V. 624 62ô

Bul^res et de trois ambassadeurs de l'empereur Louis II, lesquels étaient Suppon, parent de l'impératrice Engelber^, Ebérard, majordome impérial, et Anastase, bibliothécaire du Saint-Siège, lecture fut donnée des canons votés par les Pères de T'assemblée. Ce fut le VllI" concile œcuménique. On y condamnait Photius, ses doctrines et sa secte. Pwia, j>ortant le remède à la source du mal, on y réprouvait lea

empiétements de la puissance laïque sur les droits de l'Église

' "•»- et de la sainte hiérarchie. « Les évêques, dit le XIV* canon, —1 em- ,

MDUtlet ne devront plus aller au-devant des puissants du monde ni,

lorsqu'ils les rencontrent, les saluer en pliant le genou, mais avoir le courage de les blâmer, si cela est nécessaire pour les amener à se corriger. » Les princes peuvent être admis dans un concile, mais il serait faux de prétendre que leur présence y est nécessaire (canon XVII, en grec XII). Aucun grand du monde ne peut, sous peine d'analhème, s'ingérer de quelque manière dans l'élection d'un évêque (canon XXII). Toute élection faite sous la pression des puissances séculières sera entachée de nullité (canon XII). En même temps, pour montrer sa bienveillance à l'égard de l'Eglise orientile, le pape Hadrien II accordait aux cinq patriarches des prérogatives que saint Léon le Grand et saint Nicolas leur avaient refusées : par exemple, des droits étendus de juridiction sur les métropolitains, et le privilège de convoquer et de présider des conciles patriarcaux (can. XVII). 4« Un point noir restait à l'horizon. La cour de Constanti- Bople ne s'était pas encore consolée de voir les Bulgares échapper à l'influence byzantine pour se ranger sous la dépendance du patriarcat de Rome. Photius avait toujours sur le cœur «mbi- l'échec de son encyclique à l'église de Bulgarie '.C'est en i M Boru. Bulgarie qu'il rencontrait le plus fougueux de ses adversaires, l'évéque Formose, qxii, poursuivant avec la même ardeur tout ce qui venait de Byzance, l'hérésie photienne, le mariage des prêtres et le rite grec, faisait aux personnes et aux institutions d'Orient une guerre sans merci. Le roi Boris avait même, un moment, espéré placer Formose à la tète de I son Eglise, en l'aire comme im patriarche dont il serait l'em-

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pereiir, et dresser ainsi, en face de l'empire et du patriarcat byzantins, l'empire et le patriarcat bulgares. Mais le pape Nicolas ne s'était point prêté à la réalisation de ce rêve ambi lieux et avait brusquement mis fin à la mission de Formose en Bulgarie '. De là était né un refroidiss» ment entre le roi des Bulgares et la cour de Rome. La politique de Constantinople en profita. Elle avait invité à assister au concile las légats de Bulgarie, envoyés par le roi Michel. Trois jours après la clôture des travaux, eut lieu, au palais impérial, entre l'empereur, le patriarche Ignace, les délégués des patriarcats orientaux, les députés Bulgares et les légats du Pape, une réunion qui fut comme la revanche de la cour byzantine et de Photius contre la victoire de la cause romaine au Concile. L'empereur, les représenteints de l'église orientale, le pa- Photia» a*, triarche Ignace lui-même, qui fut peut-être trop complaisant \,oe ttsescAta en la circonstance, y soutinrent que la Bulgarie, ayant autre- ^^^^^^ fois appartenu à l'empire grec et ayant reçu sa première évan- 8ii«« baijiire géusation de prêtres grecs, devait relever uniquement du pa- Jc Coqmiïrïtriarcat de Constantinople. En vain les légats objectèrent-ils "«?••que la Bulgarie s'était donnée librement à l'Eglise romaine, qu'elle faisait partie des provinces illyriennes, dépendance de Rome de temps immémorial, que sa conversion définitive avait été l'œuvre des missionnaires latins et qu'enfin le Pape, chef suprême de l'Eglise, ne pouvait subordonner ses décisions à des considérations de pure politique ; la conférence décida que la Bulgarie serait désormais rattachée au diocèse de Constantinople, et le procès-verbal de cette décision fut indûment annexé aux actes du Concile œcuménique *. Ce ne fut pas tout. Les légats du Pape, pendant leur retour, furent assaillis et dévalisés par des pirates slaves. Les FtiMiaiUm partisans de Photius en profitèrent pour mettre en circulation des actes falsifiés du Concile, dont ils croyaient être seuls k posséder les pièces. Mais le fin politique Anastase, qui avait assisté à l'assemblée en qualité de légat de Louis II, avtdt pris la précaution de copier pour son compte personnel lea vrais documents. C'est par lui que les actes aulhentiquea da Concile œcuménique de 869 nous sont parvenu!.

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