I. HucucBÔTBBR, Hùt. de VÈglUe, III
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d'agir, et, sauf les intérêts essentiels de l'Église que la Providence sauvegarda contre toutes les attaques, il fut un instrument aux mains d'Agiltrude.
C'est à cette femme qu'il faut faire remonter la responsabilité de l'attentat sacrilège dont se chargea le Pape Etienne 'VI centre le Pape Forniose.
^^ Le cadavre du vieux Pontife fut déterré, puis, revêtu de ses
tM te cadaTr« ornements pontificaux, placé sur une espèce de chaire. On lui fil alors un simulacre de procès, l'interpellant, lui donnant un avocat pour répondre. A la suite de cette lugubre parodie, Formose fut déclaré Pape illégitime ; les décrets qu'il avait rendus, les ordres qu'il avait conférés furent déclarés nuls. On coupa au cadavre les trois doigts avec lesquels il avait coutume de bénir. Enfin on le dégiada, le dépouillant de ses ornements et de ses insignes. On s'arrêta au cilice, qu'on trouva incrusté dans sa chair '. La populace, qu'il est bien difficile de contenir quand une fois on a excité ses passions mauvaises, exigea plus encore. Elle réclama le cadavre, qu'elle traîna jusqu'au Tibre et qu'elle jeta dans le fleuve '. fMMmort ^^^ ^'^ temps après, Etienne "VI, victime d'un complot,
nUcBM yi était arrêté, dégradé vivant, comme il avait fait pour Formose mort, incarcéré, puis étranglé dans m prison pendant l'été de 897.
■•Bris arn ^^"'^ ^^ forfaits semblent avoir produit une légère réaction et porté au pouvoir, le 17 septembre 897, le pape Romain, qui cassa tout ce qu'avait fait Etienne contre Formose, mais fut obligé de reconnaître Lambert comme empereur. Il disparut au bout de quatre mois, le 8 février 898. Son successeur,
•ftCciin U Théodore II, ne gouverna que vingt jours. Flodoard vante sa tfW). piété et son courage. Sous son court pontificat, l'ombre dr.
1. Corporeo tiguidem suco htttrat btuto, unde non tam facile dUeemi pottrat. Vot6t»iOB, De causa formosiana. DDiiiu.ni, Auxilius und Vulgariut, p. 131.
2. Los principales eonrces «ur cet événement fon'y : 1" le récit de Luitprand, évtque de Cit-mone, dans son Antapndosis (P. L., CXXXVI, 804). i" L«8 avreê composés par le prêtre franc Auxilius et par le grammarien Vulgariiu (OQmua, Auxilius und Vulgariun, p 95), tous îes deux contemporains de« événements. 3° Les actes d'un concile tenu à Rome en U04, sous Jean IZ (Maiiiloii, Mut. italic., ii* partie, p. 86, et MmM, XVIII, 222 et enlv.. 4 d'autres document* qu'Hélélé m contente d« mentionner, Mitt. du Coneileti ▼1, 136, 137).
Formose apparut, dit-on, à un moine dans un songe et l'informa de l'endroit oii se trouvait son corps. Le cadavre de l'infortuné Pontife, qui avait été rejeté du Tibre par une crue, fut déposé triomphalement dans la basilique de Saint-Pierre. La foule romaine fut aussi enthousiaste en ce jour de réhabilitation solennelle, qu'elle avadt été féroce au jour de la dégradation. Dans la basilique pontiflcale, jadis richement ornée par le zèle intelligent du pape Formose, beaucoup assurèrent avoir vu, au moment où son corps rentrait en triomphe, les Sciintes images, placées là par ses soins, incliner la tête pour le saluer au passage.
Huit jours après la mort de Théodore II, le 12 mars 898, fut élu Jean IX, ancien moine bénédictin. C'était vm prêtre ordonné par Formose. Il réhabilita, dans plusieurs conciles, la mémoire de ce Pape, et décida que, pour obvier aux troubles qui s'élevaient souvent à l'occasion des sacres des Souverains Pontifes, cette cérémonie ne se ferait qu'en la présence des légats impériaux.
Mais le jeune empereur Lambert, sur qui comptait Jean IX, mourut, peu de temps après, d'un accident de chasse, et les élections pontificales se trouvèrent livrées aux compétitions les /bis vives et aux passions les plus humiliantes que l'histoire ait eues à enregistrer.
Benoit IV fut préposé au gouvernement de l'Église de 900 à 903, Léon V, qui, un mois après son élection, fut supplanté par Christophe et emprisonné par lui, et Christophe, qui devait subir, six mois après, le même traitement de la part de Serge III, ont laissé peu de traces dans l'histoire. Les deux premiers avaient de réelles qualités personnelles, mais leurs efforts furent impuissants.
A l'avènement de Serge III, le 9 juin 904, commence une période de soixante années environ, dont un moine du Mont- Soracte a tracé le résumé dans une phrase d'un latin barbare, qui fut peut-être une formule populaire courante : Subjugatus est Romam potestalivc in manu feminx '. Pendant près de soixante ans, les passions les plus honteuses d'une femme ont
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1. BnotT Di SiwT-Ainxi, Chronieon.W.G H., Seriptnret. Fil. 7{i. Cet ^trang* lAtia pourrait se traduire littéralement de )a rannière suivante : « On Int ^na le jong h Rome, despotiquameut, suuij la main d'une femme. •
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fait peser leur joug imp(5rieux sur la Ville Eternelle. <■ Dieu, dit le cardinal liellarmin, voulait montrer sans doute que le pontificat romain ne doit pas sa conservation à une direction humaine ni à la prudence, et que la pierre sur laquelle il repose est tellement munie d'une singulière protection de Dieu, que les puissances de l'enfer ne prévaudront jameds contre elle' ».
Au milieu du désordre des institutions politiques et de la défaillance des pouvoirs constitués, on voyait se produire à Rome le spectacle qui se remarquait à peu près partout ailleurs : des familles locales émergeaient, acquéraient de l'influence et Lt maifOD de s'emparaient du pouvoir. Seulement, tandis qu'au delà des ' Alpes, la vaillante famille de Robert le Fort sauvait la monarchie et refaisait la France, en Italie, les intrigues de la maison de Théophylacte eussent perdu à jamais la Papauté, si la Papauté eût pu être perdue.
Sous le pape Formose, une des places les plus importantes de la cour pontificale, celle de vestiaire, vestararius, avait été confiée à un certain Théophylacte, déjà maître et duc de 11 milice. Le vestiaire était chargé de veiller sur le gouvernement Théophylacte. de Ravenne et des provinces voisines. A ce seul titre, Théophylacte était un personnage considérable dans Rome. L'am- Théodor». bition de sa femme Théodora et de ses deux filles, Théodora la Marozie. Jeune et Marozie, ne fut pas satisfaite. Théodora obtint d'abord pour elle-même la place de vesliairesse, veslararissa, qui lui permit de s'ingérer directement dans les affaires romaines. De mœuçs légères, elle fait alors servir ses passions à ses projets ambitieux. Ce qu'elle demande à ses relations coupables avec les plus grands personnages, ce ne sont point tant des bijoux et des parures, que des villas et des châteaux forts. Théophylacte est bientôt devenu le plus riche personnage de la ville de Rome. L'habile Théodora en profite pour se faire une situation politique prépondérante. Entre le parti des ducs de Spolèle, La maille» des qui décline, et le parti allemand, qui reprend des forces ', elle convoitera* arrive, par ujie politique de bascule, à se faire l'arbitre de la p«paute. situation. Les élections pontificales sont entre ses mains. La