R. P. Delbhaïb, Les le'gendet hagiographiques, p
3. Le narrateur, comme mis en verve par le premier jeu de mots, les multiplie, et il faut avouer qu'ils sont de moins en moins naturels. « Do quel pays veuez-vousT demande Grégoire — De Déira. — On vous dt^ivrera de 1 ire de Dieu, de ira Dei Et votre roi. comment se nomme- 1 Ut — Œlla. — Alléluia f Les louanges de Dieu seront chaulées dans son royaume. » Quand Grégoire, ea luite, est rejoiut par la (ouïe qui veut le ramener à Home, il rencontre une sauterelle, en Iulin hcusta. « Locusta I s'écrie t-il, in loco sla! Arrctons noui en ce lieu. C'est la voix de Dieu ». Et il ne poursuit plus sa marche.
i. Nous apprenons par une lettre que saint Grégoire, en 5'J5, lit acheter en Gaule de jeunes Angles pour les élever dans «on aïonastère. Ep. Yl, 7. M G. U. Reg., VI, 10, p. 3i9. P. L., LX.\VU, 799.
i. Telle est la conc'usion du dernier historien de Raint Grégoire, F Home»
60 IIISIOIRE GÉNÉRALE DE LÉGLISE
Saint Grégoire lui-même, dans ses Dialogues, sans nous donner aucun détail précis sur celte période de sa vie, nous décrit 8a Ti« con- raerveilleusement son état d'âme à cette époque. « Mon âme P' '^*" se rappelle, dit-il, la vie dont elle jouissait au monastère, lorsqu'elle dominait les choses périssables, lorsqu'elle méprisait tout ce qui passe pour ne penser qu'au ciel. Elle était bien prisonnière du corps ; mais la contemplation l'affranchissait des liens de la chair, et la mort, que redoutent les hommes, elle l'aimait convoie le commencement de la vie. » Plus loin, il dit envier la vie sainte de ses frères restés au couvent, qui n'ont pas perdu, dans les embarras de ce monde, « la jeunesse de leur âme » '.
Sm Husi^riti t, Les infirmités et les souffrances ne lui furent cependant pas ^«uc««. épargnées. « Son zèle pour l'abstinence, dit Paul Diacre, son assiduité à la prière et l'austérité de ses jeûnes lui occasionnèrent de telles douleurs d'estomac qu'il avait peine à se tenir debout. Il était souvent pris de ces crises que les médecins, en leur langage grec, appellent des syncopes : parfois la souffrance était telle qu'on croyait qu'il allait rendre le dernier soupir *. » Sa bonne mère, Sylvia, retirée en un monastère voisin, lui envoyait, dans une assiette d'argent, seul reste de sa richesse d'autrefois, des légumes cuits à l'eau •.
Mais ce monde, que le pieux moine cherchait à fuir et à oublier dans la vie contemplative, se souvenait de la sage administration de son Prxfectus urbis. Ce fut pour répondre aux désirs unanimes de la population que le pape Benoît I" arracha à moitié le diacre Grégoire à sa chère solitude. Il lui conr.r*»nirp ^-i fia la gestion des affaires ecclésiastiques dans une des sept r' 'iiolicutura* gions de la ville. Peu de temps après. Pelage II voulut ulilis «iipr*.. de jgg talents de Grégoire sur un champ plus vaste. Il l'appela
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CoDtiniiii- remplir les fonctions d'apocrisiaire ou de nonce à la cour
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OvDDn, Gr'gnry th' Crtnt, ht' j'inre in Tîtilnry and Thought, Londres, tOO t. 1. p. 1'-'*>; c'est oiisiii oollfl il« ()uui CiOuoL, l.'AngUlerrc chrétienne ava lei .Vor»Ki..rf., Pfiris, l'.W p !>^
^. Dialiiipirn. l'r'/.ii'c. On a convent fnit pfmnrquer que sninf Greiroire I» Grand, dausi *cf <Tr\\.» ot noi* hoiui^liri. (niirnil |i>'U de docnmriiU à l'Ijbtoi'iea Cela f*ï vr«i. si l'on entend (Mirl'T de d('tHil8 préi'is, de dnies et rie fait» bien conlr(')li^s. Mnl:< peu d'i^rrivain» KOnI, par la eponlnni'il'' et la «incérilA. | lui réviMnIcur» du fond do li-ur propi-e vie et de la vio iuliiue de leurs cOLleuipurains. Saint Grégoire parle et frril toujours • avec toute sou iiue >.
ï. Paul Diicst. I, 'j. f. L.. I.XXV. 41