‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 32 sur 278 · Lettre citée par Jean Diacre, I · texte numérisé non relu

Lettre citée par Jean Diacre, I

68 iiisToinK oÉNÉiiALc: DE l'église

reprit le chemin de Rome eu compagnie de l'exarque Sma-

ragde, il put se dire que sa mission avait à peu prés échoué.

Vr»i réiuUi Mais il connaissait maintenant à fond les dessous de la poli- Importaot de .,,,.,,.. i' i

■•u léjour eu tique by/.antine ; il avait louché du doigt 1 impuissance radicale

des empereurs d'Orient à secourir l'Italie; il avait compris que, si Dieu voulait sauver Rome et le monde, une seule puissance était capable d'accomplir cette grande œuvre, la Papauté.

Mais Dieu voulait-il sauver le monde ? la fin des temps n'était-elle pas prochaine ? Ce que vit le moine bénédictin en rentrant dans son monastère dfe Saint-André lui fil envisager Aii«Bt»! lénA cette seconde perspective. Des ouragans, des inondations et "du uToùde.'"' 'J'is Iremblemeiils de terre jetaient partout la conslernalion '. On se souvenait de la tradition populaire rapportée par Pline l'ancien : « Toutes les fois que le sol de Home a tremblé, quelque grand cataclysme a été près de se produire ' ». Les fils de saint Benoit se rappelaient surtout la prophétie de leur patriarche : « Rome ne sera pas détruite par les étrangers, mais elle sera tellement ravagée par les tempêtes, les orages et le." tremblements de terre, qu'elle périra d'elle-même ' ». Or, l'oirondement de Rome, ne serait-ce pas la fin de tout ? « Lorsque Rome, la tête du monde, sera tombée, avait écrit Lactance, qui doute que ce ne soit la fin de l'humanité, celle même de la terre '? * » Terlullien avait bien des fois exprimé le même sentiment de religieuse terreur '. Et ce n'étaient encore que les moindres symptômes. Voici que le désordre entrait dans le monastère même, dans l'asile béni où Grégoire était revenu avec tant de joie, espérant y retrouver la paix sainte du Christ, Point de désordre gravement scandaleux. Mais un attachement excessif aux biens de ce monde s'était introduit, pendant l'absence de Grégoire, dans le couvent de Saint- André. Ce que fut la douleur du saint Abbé, on peut le juger par la gravité des sanctions qu'il crut devoir imposer. Un moine nommé Justus avait déclaré, sous le coupdu remords, aumomeut

Page 1