‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 5 sur 278 · MioiK, il.iil., col. i.i'J, M. 0. II. ihid., p. Il, li · texte numérisé non relu

MioiK, il.iil., col. i.i'J, M. 0. II. ihid., p. Il, li

;t. .\l.o.^PI. iIjiiI.. col. :i4. .M. G. II. i6iV/., p. 2r.|.

t. Muant culumt, albut tel cenetus, vwtiis rubeiisi/ue. Mia»i, col. 739. il. G. II. ilnd., p. 2.;7.

5. r. Ilnnioo et D. Diucntr, /.m inslituliont de l'ancienne Rome, 3 vol. ln-18, Paru, IHcfil-IsaS, t. III. p. 3U7.

6. iMisi'ouur, Les iiuti-utions politiquet dtt Ronuiins, t. Il, p. SIJZ-SSB.

L'tGLISE DANS SON CENTRE

infïiistrje et la jurande calamité. En trois années, l'inti-rêt doul)i;iil la délie. Les riclies devciiiiienl toiijmii-s plus liilies et les pauvres toujours plus pauvres. Plus que jamais le cirque était le champ classique où retentissait le cri du peuple demandant du pain. En passant devant l'antique monument, Sidoine avait peur d'entendre, disait-il, le cri terrible de la misère du peuple romain '.

Et ce n'était point là encore le plus grand mal. A la plaie îe la misère se joignait celle de l'immoralité.

Ce monde qui n'avait qu'une haine, celle de la pauvreté *, semblait n'avoir qu'un amour, celui du plaisir. Si le gallo-romain Sidoine Apollinaire, en passant auprès du cirque, redou tait d'entendre le cri de l'indigence, il craignait d'ouïr celui de la luxure en «'approchant des thermes impériaux. 11 nous fait savoir que Consenlius, son ami, veillait à ne fréquenter que les bains de Rome où la pudeur était respectée. « Si nous revivons par la pensée cette époque, dit Niebuhr, un sentiment pénible viendra se mêler à notre admiration : les vertus faisaient bon ménage avec les vices les plus redoutables : mépris absolu et inconscient du droit d'autrui, avarice et parfois rapacité, séparation tranchée des classes, qui donnait naissance à une cruauté inhumaine, non seulement envets les esclaves et les étrangers, mais envers les citoyens même '. » Claudius Rutilius, le préfet païen de Rome en 417, adressait à la Ville éternelle, en la quittant pour retourner en Gaule, une invocation sympathique où il unissait à la déesse Rome la déesse Vénus *.

Les superstitions, qui ne prospèrent jamais mieux qu'aux époques de décadence, florissaient à Rome, à la fin du v* siècle, sous des formes multiples : superstitions païennes survivant à la foi aux dieux de l'Olympe, superstitions importées de l'Orient, superstitions populaires nées spontanément de la cré-

Deiix'ftm»

l'iujuioi'aiiCé.

AU, ersiiiKia.

1. Vereor ne famem poouli romani theatralis caves fragor inaonet. Mio.iB, t LVllI, col 4ti5. .M. G. H. Auct. antiquUs.. t. VIII, p. 16.

xf < Dans cette Rome impériale, écrit l'héoilure MommBea, la pauvreté n'était pas sealeiuent la pire des hontes et le deraier des crimes : c'était la seule honte et le seul crime » iCilo par Gbisar, Htst. de Rome et 'les Papea au Af-ye/i Age, t. 1, l" partie, p. \b6).

3. ijitii par OuisAB, llutioire de Home et des Pa/jet au Moyen Age, t. I, l" farlie, p. ISd

4. Claudii florii.iA.Ti, De reditu suo, 1 I, y. il et S., 4dit. MuUer, 1870, p. S.

Hi»t. K^u lie l'Eglise t

18 UlSrOIllE GIÏNÉHALE DE L'ÉGLISkl

duHti?, de l'intérêt ou de la peur. « A la fin de l'Empire, dit M. Gaston Boissier, le pajjfanisme est mort ou va mourir'. » La critique d'EvIn'mî>re, ailopti^p par les stoïciens, popularisée à Rome par les ouvrages dlùmius, et souvent utilisi^e par les anologisti's chrétiens, avait beaucoup contribué h diUruire la foi à la religion païenne ; et les défenseurs du paganisme euxro.'^mes y contribuèrent parfois en essayant de dt-fendre leurs dieux du reproche d'immoralité par des interprétations allégoriques. Mais « un tel état de scepticisme, dit un grand connaisseur de la Rome antique, Joachim Marquardt, ne pouvait durer ; car, s'il est au fond de l'&me humaine un sentiment ineffas'able, c'est à coup sûr celui de ses rapports avec la Divinilé. Les besoins religieux n'étaient pas satisfaits ; il fallut leur chercher de nouveaux aliments. Les tendances en ce sens se manifestèrent chez les savants comme chez les simples ' ». La politique romaine donnait l'hospitalité à toutes les religions ; elle favorisa une sorte d'éclectisme mythologique et religieux, qui fît afduer en Italie, sous l'Kmpire, les cultes et les fétichismcs de tout l'univers. « Telle province, dit Pétrone, est si peuplée de divinités qu'il est plus facile d y rencontrer un dieu qu'un homme '. »

t' r-Ui- <i«i la nrcmiîre de ces idoles était l'Empereur. Le culte de u» iiouje. Ironie et d Auguste avait, dans la plupart des villes, ses temples et ses prêtres municipaux et, de plus, ses associations religieuses. « Il tendait à devenir la religion universelle du monde civilisé, religion tout extérieure, si l'on veut, mais partoi:! présente, attirant à elle les hommages des municipes, pénél.;mt enfin, par la propagande active des sociétés d'augus- /j/ s, jusque dans les couches profondes de la société '. »

Sans doute, dans les derniers temps de l'Empire, le culte des empereurs avait perdu de son prestige ; mais le culte de Rome persistait. « Ecoute-moi, ô Rome, mère des hommes et

1. Gaston Boisgii», La fin du paganitme, 2toI. ln-8°. Pari», 1891. t. H, p 4'jri. conclii'ion.

2 J. MiRgciMiT et UoMiiii, Manuel det institutions romaine; t. iil.

3 S UtiJ»CR. .\fanuel d- philologie cla.'siqw, d'après l- T,ien»tum philologicu .1 de ^V. l-Hioio. Paris, tSW), p. 35t Cf. A. Dstoducq, I.> ch>,st,an.iOf.Vn <!.:> f'oUs dam iempire romain. II. dH. et de L. R., mai juin Is.'O.

♦. boccHii I-toimcQ, Instilutiont romaine», p.!»56. Cf. Bmhu». Lt eulu dA »ux eynpereu. i romain».

l'église dans SOM CENTHE t'J

mi'TS dos dieux ! » s'écriait Claudius Rutilius au >•* siècle '. A la fin du même siècle, un décret de Théodoric appelait enc- ire Rome « la ville très sainte», sanctissima urbs*. Cette suj)erslifion de la Ville éternelle était si puissante que les ciirétiiins avaient peine à s'en défendre. Le chrétien, ne fût-ce que par ])atriotismc, fidélité aux vieilles traditions, dont il ne se détachait qu'avec infiniment de douleur, conservait une sorte de rt>si)ect reli|jieux pour l'antique Rome. Et ce n'était pas seulement le fait des romains de race, comme Sidoine, c'était celui des chrétiens d'origine barbare. Fulgence, évêque de Ru.sjJC, en Afrique, avait été un haut fonctionnaire du royaume vandale. 11 sint à Rome en l'année 500. Sous son pauvre vêtement de moine, il se mêla aux foules, pour assister à des solennités publiques qui se donnaient sur le Forum. « Alors, dit son biographe, saisi d'admiration à la vue de ces temples, de ces arcs de triomphe et de ces monuments d'honneur, ses pensées s'élevèrent plus haut et il s'écria : « Que la Jérusalem céleste doit être belle, puisque la Rome terrestre a tant de splen.leur ^ ! »

Parmi les cultes orientaux, c'est celui de Mithra ou du So- ^^" «""«•

urienlauK.

Icii, (jui semblait trioniplier. 11 avait une sorte de baptême,

une manière de communion, des purifications sanglantes. Julien l'Apostat lui avait donné une organisation ecclésiastic[ue *. Autour de ce culte, et de bien d'autres, tels que celui de l'Adonis de Byblos, de la Virgo cxlcstis de Carthage, et de la Maier Magna de Pessinonte, les superstitions populaires pullulaient. Chaque source avait sa fée, chaque locahté son dieu tutélaire. Tel rite, telle formule avait une valeur sacrée aux yeux du peuple.

En somme, la parole de Bossuet reste vraie ; malgré la con •

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