‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 63 sur 278 · Lib. Pont , t. I, p. 32:t · texte numérisé non relu

Lib. Pont , t. I, p. 32:t

4. Sur JoKis 01 BuBoio, voir Hitt. lilt de la Franer, t. III. p. 603 et salv. Bon térpoignage se trouve dans.MiesK, P.L.,l. IJIX.WII, col. 1U63.

l'église daks son CENTRS 107

La d^faillnnce d'Honorius, le martyre de saint Martin 1" et fe tenue (!u VI"" concile œcuménique par saint Agathon, sont les Irois épisodes saillants de cette lutte.

La controverse théologique qui en fut le point de départ était Origine da u bien autra chose qu'une pure subtilité byzantine A la fin du l"*""* '• vi" sièc^, la questionchristologique, qui avait tant agité l'Eglise,

était è peu près résolue et définie dans ses grandes lignes. Après f * question . . •o'-i" • •• ' • dogmatique.

*e concile de Nicée (32o), qm avait si nettement affirmé 1 absolue divinité du Christ, et le Concile de Constantinople (3S1), qui avait si énergiquement défendu son humanité parfaite et intégrale, 1p Concile d'Ephèse (43 J) avait délini l'unité de sa pp^'sonne et celui de Glialcédoine (431) la dualité de sa nature. Mais un problème secondaire se posait encore. Dans la réalité concrète du Christ, Dieu et homme en une seule personne et en doux natures, y avait-il une seule ou deux volontés, une seule ou deux activités? Fallait-il conclure de l'vmité de personne à l'unité de volonté, ou bien delà dualité des natures à la dualité des volontés ' La question aurait pu et dû se débattre exclusivement dans les écoles de théologie, où d'ailleurs elle aurait été facilement résolue dans le sens de la dualité des activités ; les intérêts de la politique la transformèrent en lutte extérieure et bruyante.

Eji montant sur le trône, Héraclius avait trouvé l'empire dans j;it„g{ion ,-j. une situation lamentable. La Syrie, la Palestine et la Mésopo- "^"e iie l'ea»tamie étaient ouvertes aux Perses par la prise de Dara. La prise d'Edesse en 609 mettait dans un suprême péril l'Orient chrétien. Le nouvel empereur, consterné, restait inactif. Rien ne semblait pouvoir le faire sortir de son apathie, ni la prise de Césarée en 6 il et de Damas en 613, ni le pillage de Jérusalem en 614, ni l'incendie de la basilique de l'Anastasis et l'enlèvenent de la vraie Croix, un moment sauvée par le dévouement l'un chrétien, puis ravie à ses mains et tréinsportée avec le bu- 'in du roi des Perses'. Héraclius, désespéré, songeait à se rei fer à Carthage avec ses trésors, dont il avait déjà fait charger \is navires.

L'intervention énergique du patriarche Sergius changea la Intervontion face des choses. Se faisant l'interprète d'un mouvement popu- " sergVua.

L I. IiABonr, '« ohri'lianism- dans Vtmfirt ^rr.-e. i . ■^l-'.-'ti.

108 HISTOIBE r.ÊNCl'.AI.E DE l"ÉCI.ISE

Iai:T. qu'il avait d'aillours provoqué, il entraîne Héraclius ilans une église et lui fait jurur de vivre et de mourir au milieu de son peuple.

A partir de ce moment, Héraclius est transformé. Il lèvf trois armées. Par les deux premières il fait face aux Avares rt aux Bulgares, que Chosroès II a gagnés à sa cause ; à la tête de la troisième armée, il se dirige vers la Perse. Il entraîne à sa suite les Croates et les Serbes. La Perse est envahie, Chosroès vaincu en bataille rangée près de Ninive, puis déclaré déchu par les grands de son royaume, emprisonné dans son palais, et assassiné par son fils Siroë, qui est proclamé roi.

Le nouveau monarque se hâta de conclure la paix, en abandonnant toutes les conquêtes des Perses et en restituant à Héraclius le bois de la Vraie Croix.

Quand, en septembre G28, les armées victorieuses entrèrent à Coiislantinople, au chant des psaumes, portant les images miraculeuses auxquelles elles attribuaient la victoire, on ac- ^opiiidriié de clama l'empereur Héraclius, sauveur de lEmpire et de la chré- *>«<<•"■• tienlé, mais, en dehors des acclamations ollîcielles, tout le monde pronon(,'a le nom du patriarche Sergius, le véritable auteur Je ce triomplie.

Co iniér/'i po- Celui-ci, en politique avisé, ne se laissait pas éblouir. Que én?i''niJ"'r Je' Servirait d'avoir si Lrillaninient vaincu, si l'on ne savait •u.ju.)ihé- pas assurer les résultais de la victoire ? Au fond, les populations de l'empire étaient divisées. Les tronçons dispersés du mono[)hysisme formaient comme autant de groupes religieux, prompts à se transformer en groupes politiques. Acéphales de Chypre, paulianistcs d'Kgypte, sévériens d'Alexandrie, qu'on appelait encore phtartolàtres, parce qu'ils adoraient dans le Christ une chair réelle, et julianistes de Syrie, appelés aussi aphtarlodocèles, parce qu'ils ne croyaient pas à la réalité du corps du Christ ressuscité : qui sait si toutes ces factions ne se réuniraient pas un jour en une formidable coalition contre l'empiri- ? Dcjh les monophysites d'Egypte alTectaient de se servir exclusivement de la langue nationale copte et se faisaient appeler les chrrtn'rvt coptes, et les monophysites d'Arménie, ou .Iacr)bites. pour bi<>ii iii.irr|ncr leur opposition politique, donnaient, coiniiip les m I .Ii\-;ilf.s (l'igypte, aux catholiques le

non) (le mulchiics, c'est-. i-dire de partisans de l'empereur. Le

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péril était particulièrement redoutable dans les provinces récemment conquises sur la Perse.

Depuis plusieurs années Sergius avait vu le péril, et, politique sans scrupule, avait songé à le conjurer par une tactique odieuse. La critique ne doute plus guère aujourd'hui que l'astucieux patriarche n'ait fad)riqué de toutes pièces, dès les premières années de son pontificat, une prétendue lettre de son prédécesseur le patriarche Menas, laquelle devait servir de base à toute sa campagne '. Puis, quand il eut préparé les voies par des manœuvres souterraines, il poussa l'empereur à entrer en négociations avec les groupes religieux dissidents. 11 crut trouver une base d'entente. On accorderait aux monophysites qu'il n'y a dans le Christ qu'une seule activité,

Dès 626, c'est une campagne de diplomatie politico-reli- '."^'^'^"f.' .'"'"■ . j c • • ticoreligieu-

gieuse qui commence, et dont Sergius e.st l'âme, comme lia Be«deScvH.«.

été l'âme de la campagne militaire contre les Perses. Héraclius négocie avec Cyrus, évêque monophysite de Phasis, avec Athanase, patriarche des Jacobites d'Antioche. C'est Sergius qui dicte les conditions de cette dernière entente; c'est lui qui dirige les pourparlers entre Cyrus et l'Eglise d'Arménie - ; et il se montre si large, qu'en présence de ses concessions, les plus farouches partisans de Sévère s'écrient : « Ce n'est pas nous qui allons au concile de Chalcédoine, c'est le concile de Chalcédoine qui vient à nous ' ».

L'apparition à Constantinople d'un moine palestinien, renommé pour sa science et sa vertu, troubla tout à coup les plans de Sergius. Le moine Sophronius, du couvent de Saint- raim •'ouhro- Théodore de Jérusalem, avait déjà, au moment des néo-ocia- ""*'

tions avec l'Eglise monophysite d'Arménie, en 633, protesté au nom de la foi orthodoxe. Le pacte conclu malgré ses efforts, il vint à Constantinople conjurer le patriarche de veiller au maintien de l'intégrité de la foi.

Ame de mystique et de poète, Sophronius était connu par Pon portrait. ses àvax3£(ivt£;a, poésies anacréon tiques de forme et purement

i. TI*»Éi«, Nht. des Cotic. tr. Polarc. t. I!I. p. 1!. IlRRGEîiKflBTUEn, UUt. d* VEglixe, t II, p. 314. Parcoihb. L'Eglise byzantine, p. 158.

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