Mtndi.toms Xi, col. 5t
1 i 0 HISTOIRE GÉNÉIULE DE l'ÉGLISE
relijrùîuses d'inspiration, par ses discours, par sa collabora tion aux lé«i;(;ndes haglo;jraplii<[ues de Joan Mosclius, niuii> surtout par son émincnte sainlelé '. Il se révéla tout à coup th(5olog-ien profond et polémiste puissant.
En présence de ce redoutable adversaire. Sergius cul comme
un mouvement de recul. 11 jugea prudent de changer, au
moins provi.soirement, de tacli(iue. On ne parlerait plus dé-
B»r«lu» chiT- sormais ni d'une ni de deux énergies. 11 faD.nt st-ulement»
eue ô fui.iiT * .
à f& cauM! le contre une opposition qu il [)rcssenlail redoutable. i!c la pari Fouufa!" d'hommes tels que Sopiironius,' gagner à sa cause l'autorité suprême, celle du Pape. Sergius écrivit au Souverain Ponlife une lettre très habile, pleine d'insinuations perfides et d'allir mations tranchantes : cette expression de dcu.r cncnjiat ou l'O lonlcs scandalisait grandement les fidèles, disait-il, eu ieui suggéranll'idi'e dune hillc intérieure dans le Christ; la formule adoptée par les inotiothéiiles avait au contraire pacifirf tout l'empire. D'ailleurs, rien n'était plus conforme à la tradition : ])as un Père, ajoutait-il, n'avait enseigné la doctrine des deux volonté.^ ; celle de la volonté unique était courante, la
L.tir» *„„l»o lettre de Menas eu était la preuve '. llonorius se laissa cir- Hoiiortas. convenir. Cf't homme « humble el doux », ainsi que l'appelle son contemporain .lonas, pécha sans doufe par un excès <le condesceuilance : mais vraisemlilablcment, loiiinic le peiis»; lléléié*, il raillil .siirltml par igriorance ; il ne vil pas ia portée théoli)gi(|ue do la question; il ne se i:>M;l.'t pas cmir'.tc des intrigues publiques de Sergn;<;. Il réponùil : « N'ous a\on.-> appris que le moini- Soj)hronius a iuU'o.luit de uouvell.-.s di.sputes de mots... nous reconnair-sons (jue le divin .Maître Jcsu.'i- Christ est l'auteur d ripéialions divines et d'opérations humaines... mais... à cause de l'meiraMeiniion de la nature divine avec la nalure humaine... nous confessons une seule volonlé... D'fti'.leur.s, s'il est s'i jiropos de concevoir une ou bioj deux éni'rgics, c'est une (pu:sliun oiseuse que nous lais.sor4 aux grammairiens qui vcndiul au.v enlanls, pour les attirer il leurs écoles, des formules de leur iuveiiUuu * ».
1. Voir le» rmivres rie nainl Soplironiii» ilann M o>», I'. (t.. t. f .TXXVII. 2 CcUe iDllre se Iiuiivh cii eiitici' duu» .VUm>i. l. .\I cul àJO «t tiilv. Bélélé eo a doaoA de« oxtraiU diias aou //i<( dei Cona , t ill, |>. iJ el suir. 8. t/i't Jei Uonrtle.',. Hl. \t. ÏV.
4. yovaji vnoiim t/urtlinni:.s nnijnovimiis intro luelas ptr Su/thronium
l'église DAÎJS son CEISTRB, 1 1 l
CetUe lettre n'avait pas certes toute la précision qu'on pouvait désirer. On se demande si celte unité de volonté, dont parlait Honorius, n'était pas, dans sa pensée, une simple unité morale '. Quoi qu'il en soit, la réponse de Rome fut interprétée comme donnant gain de cause à Sergius et à son parti, que l'on commençait à appeler le parti monothélite (de fiôvov 6ÉXr,[jia, unique volonté).
En même temps que la réponse du Pape arrivait à Constan- S«ini Sophro-
• 1 1 T (-. 1 • ,-1 1 • uiii». élu pa-
tinople, on y recevait une longue lettre de bophronius. Lelm- ir,-ûrohe Je Jé-
ci venait, dans rintorvalle, d'être élu patriarche de Jérusalem ; "^^t ■'-"^'ûion'u-'
ce document était sa première lettre synodale. Avec une lo- „ i"»-i:s!De.
' . " Sa lettre ey-
gique, une force et une clarté admirables, s'appuyant sur la ugdaie.
raison théologique et sur la tradition, le nouveau patriarche
exposait la doctrine des deux volontés. Son principal argument
était la nécessité de sauvegarder dans le Christ l'intégrité de son
humanité : « Si cette humanité du Christ, disait-il, s'est élevée
en un sens au-dessus des hommes, ce n'est pas en ce sens
qu'elle a été tronquée ou amoindrie, mais en ce sens que Dieu
s'est ïiiit volontairement homme et que, étant homme, il a
voulu tout ot qu'il y a d'humain, non par nécessité ou à con-
l!'e-cœur, mais de plein gré " s. Enlever à cette humanité
^uetndain, tune mor^uchuin... confi'îentss dc^ninum Jes^ivn Christum operatum diviiia, -me ia huinanitaU Verbo Deo n'Hitraliur iitiita... eumàeinque operatum hu>naua... Sed pv-pter ineffabilt'tn c /njunctinnetn /tuni'uue iiivinœt^ue natures... U}tani volutitatetn fatemur lionii/ii noitrï Jesu r^hrisU... utru'it autem prOfjtei' oue- a divimt.al n et hani.tnitatis. una au y>!iiinœ o. ffiitio'ies \v/éfy-ii'., dans le texte grec du concile) debeant derivatcc dici vel in'elligi, ad no^ jsta perliiiere no/i débit, e, relhiquenles ea nranimaiicii çui soient paivulis exquisita derioando nomina ventilars. MtKSi. tom XI, col. 537 542.
î. Coite intorprrtntion omh'e îiien rêîultnr lin pas'^age o:"i Honririiis donne romnK* rii-o" c'o i umto ue voiOQlé. qno le Vcrb-î a pris une nature huiiiaitie DOi) soiiill/e par le pécliL', ilonl lu volonus par conséquent .l'Iiiéraii 'i lu vo!ouli> ■livinn .-m point do r.e faire qu'un avec elle i-M^-x-i, IX. 6 .1).. R.en da plu.s vrai, mai-» li s'iïit alors d nnilé morale. Cependant, certains antres ymi- SK^es ecint'lni'i indiquer qu'il entendait par'cr ■l'nna unité physique, roiums (Ji>er:i '''S ri.'-.dojiieiirt, c'est-à-dire réelle lUninr ii-; en efiat aryuTucnte ,'iiasi : Lk <in e.-i une •J^'ula personne, là est un seul ai^issant Ih une seuc volonté; car lunii.i ilo personne et l'unité de volonlé. dit il. sont esseuliellauicnl lorrolativcs. Honorius oublie que dans la Trinité il y a trois personnes et non pourtant Irjis Tolonté3. La théologie supposait déjà ce princi;!!-, que la volonté B« ralla.liB spérifiquement à la nature et que la personno n i-n nsL que le centre d'.iltiiljulion. .^u fond, Ilonorius l'avoue, il Touîait éviter d.i sonlcTer des querelles : il avait peur de paraître eutychien en afliruianl nue volonlii, nestiir.-u en en atiirmant deux. Mais ni l'équivoque ni le silauoa ne rén vivent nii,- ditdculté r.ielle une fois posée.
;;. Alio»», P. a., t. LXXXVII, col. 3147 et suiv.
H2 iilsTOinE Gi^:NtnAi.E de l'église
du Christ la volonté, ou l'absorber dans la volonté de Dieu, c'était donc, au sens de Sophronius, comineltre une erreur semblable à celle des deux Apollinaire, qui, eux, retranchaient de celt'î humanité la partie supérieure, l'esprit, le vôji;. Seconde Utire Le pape llonorius écrivit une seconde lettre. Celle-ci était do ''"P' ""- moins accentuée dans le sens du monothélisme, autant du moins que nous pouvons en juger par les fragments que nous en possédons. Le Pape y distinguait les œuvres de la Divinité et celles de l'humanité. « La nature divine, disait-il, opère dans le Christ ce qui est divin ; la nature humaine, ce qui est de la chair. » Mais il maintenait la défense d'employer les mots d'une ou deux énergies, d'une ou deux volontés '.
Le Pape fut obéi. Sophronius mourut peu de temps après, avec une auréole de sainteté que l'Eglise allait bientôt consacrer. La masse des lidiles, la foule de ceux que la passion n'aveuglait pas et que la pression gouvernementale ne dominait pas, allait d'instinct vers la doctrine qui sauvegardait le mieux l'intégrité des facultés humaines de l'Homme-Dieu.On se passait de main en main le recueil de GOO textes de Pères de l'Eglise, qiie le saint patriarche de Jérusalem avait rassemblés avant de mourir et qui témoignaient mianimement contre le monothélisme '.
C'est alors que l'obstiné patriarche de Constantinopla résolut de mettre en œuvre un moyen suprême d'aclion, qu'il te- VBcth'ir. °3''' ^" réserve depuis longtemps. Il fit publier par l'empereur, qui lui donna force d'édit impérial, en G3S, une Ihc-^e dogmatique dont il était lui-même l'auteur. Ce fut l'Ecthèse li/ibni;^ profe.ssionde foi).
I. On iloil admettre on minme, avec ni';f01é. que le pape Ilonorins, dans un doriiiiiont (|iit <l .-lilleiiri) uii-ait pas la porlùe d une di^tiiiilion do;:rtiiiti(|no. na esptiii]>- aut'uiiv d ririue liclerudoxe et que • ce Keruit une injustice lie l'.io cu^'rr d liKiiisie ■ Mui« • nue pi'cocuiipntioa trop coa>'lanle de cuL^erver la laiz, joiu:e ii un difnnl de rhirli-, lui oui (ait rejeter la vi'ritahle expiflïsion orih» doxu et I ont iiucuiS par lii inuuia à (avoriâcr l'IiéWrio » ^lUrbu. /litt. det conctte . t. IL. p. -t.') M» \''r& il s'exposait h tlro ipia^ifié plu» tard d'bi'n'tlqiie; le mot li-n-iinue n fl'-jl l'oUil alors réî-eivé ii i .-ux qui uvarut enr-ficiis VIiAkhiu, mai» était i<|/plii|ii(> h tous ceux iiui. ilin riemeul ou iiKlirecteniiot, d'une uiHUicre plu> ou luuiu» or.i'ujionueile, uvaiaul pu contribuer a lu nai>- (aucn ou a 1j piopa^aniin ilune hf.r-sie on d'nn »<:l.i«nie.
Z .\!a»!ii. t. X, col. .1.5 6W. i:e rcfueil île 'uinl SopliroaiuR est actoellemeni peplu. Mail! on prut \oir un" uulre colleilion cK- paj-nm'" flo '.'l-re» nn (a-'Ur lin 'tfnt rllsme duui le* œuvres de wlut iluiioie. Mic», P. G., t. XLI, tu\ ■■ial et t.
t'Ér.MSE r.ANS SON CENTUG 113
On y inlerdisait de {^i-èohcr une ou deux énergies dans le Chri.-t, mais on y admettait et on prescrivait de n'y admettre qu'une seule volonté. Un syno'!? réuni aussitôt à Constanlinople acclama l'Ecthèse : tous lo^ patriarches orientaux la souscrivirent, et Ser;;;ius. frappé par !n mort sur ces entrefaites, en Mort ilTIono- 639, peu de temps après le pape llnnnrius,put se dire eu expi- '^"*' rant que le monolhélisme avait vaincu.
^lais ce coup d'audace et d"a\itorit'' eut précisément un résultat contraire à celui qu'en attendaient ses auteurs. Rome «'«i^ancn dei ouvrit les yeux; et, à partir de ce moment, ce fut de la part t/)'#,^ ^^ l'e'm. des Souverains Pontifes une résistance qui ne se démentit i"'re"""plus et qui allp jusqu'au martyre.
Les papes Sc'verin, Jean IV, Théodore I" et Martin I" furent les h?*>os de cette lutte.
L'acte impérial avait prescrit qwe nulle élection de Pape ne serait confir née sans une soumission préalable à l'Ecthèse par le nouvel él ■\. Séverin ' refusa de la contresigner, et l'un de Siveria (640). ses premier - actes fut danathématiser le monothélisme. '^EAN IV 2, peine intronisé, renouvela l'anathème de son •ii'an IV prcdécesseui Terrifié, Héraclius déclara, peu de temps avant de mourir (l ^ février 6i-l), qu'il n'avait été pour rien dans la rédaction de V Ecthèse, q\;i était l'œuvre exclusive de Sergius. TiiÉODonE l" ' "e trouvant en présence des deux empereurs, Théodore 1«» Constantin III 't Héracléonas, dont les dispositions paraissaient pacifique. . essaya de les amener à la foi catholique ; mais, quelques mois après, Constantin empoisonné et Héracléonas expulsé 'lissèrent le trône au redoutahle empereui- Constant II.
Le cler^ré et les l'dèles, de mieux en mieux éclairés par les Le rnood» événements, «e gro. ■qaient courageusement autour du siège ^*^„\-^p"'^8.a>,o. de Rome. Ce n'était ^lus seulement de l'occident, c'était de "^"^ * '* ^Î"J'
' taoce au*
l'orient, de pms en plu? désabusé, que venaient les adliésions Papes, à la foi du siège oe '^ierre. De Chypre, de Palestine arri-
1 Le tib. Port' /. no nous dit f! n de ses origlnes.sinon qu'il était Homain ^. 32S)
2 II était Dain ite et son pftrs '" nUnce était Sc'iolaficHs, c'est-à dira avocat (Lié. Fon ,, 1, 330). lia Ctuon. il'ixsafiam, V Ha/iola^iicus.
3. Théodore Btav ; Gret. doritfiurt S<»«> père, ualit do J6iasiilB.ii, avait étâ évêque, Lib. Po«ri/., 1, 331.
b<'i. géD. d( 'Eglise. t
• fH HISTOIRE CÉNÉa.VLF. DE L ECU SE
vfrent, en 6t3, des protestations indip^m^es contre les menéos de l'hérésie byzantine '. Le successeur de Sergius, le patriarche Pyrrhus, démissionnaire et désabusé, revint lui-même, un moment, à la foi catholique '. De Constantinople enfin vint à Rome celui qui allait reprendre le bon combat de saint Solihronius, avec une ardeur pareille et une science plus prolonde, Maxime le Confesseur.
8«1d1 Maiiuip Issu, vers Îi80, d'une noble famille bv/.antine, ancien pr.'iiiier secrétaire de l'empereur Héraclius, Maxime, que la posgoD poriraii 1 >rité devait décorer du nom de Maxime le Confesseur et que i'Eglise devait placer sur ses autels, avait renoncé aux honneurs terrestres vers C30 et fait profession monastique dans le couvent de Chrysopolis, de l'autre côté du Bospliore. On l'avait TU, en 633, à Alexandrie, à l'époque des négociations engagées par Sergius avec les mnnophysites, prendre la défense de la vraie foi à côté de saint Sophronius. C est lui qui, dans un colloque mémorable, tenu en Afrique, et dont les actes précieux nous ont été conservés ', avait ébranlé les convictions de Pyrrhus, ex-patriarche de Constantinople, et l'avait amené à confesser la doctrine des deux volontés.
Dans de telles conjonctures, Constant II, si attaché qu'il fût
h l'hérésie monothélite, ne crut pas pouvoir maintenir l'Ec-
Ihèse. Il la remplaça, en 648, par un nouvel édit, qu'on appela
Le Tup* (M\. ig Type (^j"»;, règle). Il était désormais défendu de disputer,
non plus seulement sur les deux énergies, mais sur les
deux volontés, et cela sous les peines les plus sévères. Maii
Maxime ne se laissa pas prendre à ce nouveau piège.
Sur le siège de Rome, venait de monter, en 649, un pon-
8«\r.j Mar ^jfg ^ l'àmc indomptable, Martin I" '. Simple prêtre, il
(64iMij.i>i i'était signalé déjà par sa science et sa vertu. Apocrisiaire
à Constantinople, il avait été à même de savoir à quoi s'en
tenir sur la politique tortueuse des patriarches et des erap«-
1. Voir, dans M..1SI, t. X. col. 900 «t 913 91G, laa IMlr»i de Sergiui <U Chypre et J'Klienne de Dora.
2 LU) Pon( . t. t, p. 332.
:t r.a» ofl«a, très distaillé». »e tronvent dsn* Mijd, X. col. 7()0-7S'1 ni dnn* M.oM. t. XCI. col. 287 35* li*J*lé «a a donné qd réiumé Im» compilai dan» Hi.c. <f« Corc. trad. Delanc. t. III, p 62-79.
4. n tUit nf, h Todertom, ou Toai, m T»*Ma«, tt aralt M l^at k Cou aotiDopl» Lib. Pont., I, SM.
l'ÉGUSE dans SOS CENTI.E 115
reuK. Soutenu, aidé, inspiré par Maxime, il réunit, au mois t« ConciU r»d'octobre 649, le fameux concile de Latran où cinq cents irwôsw)évêques, sous sa présidence, anathématisèrent l'Eclhèse, le Type, le monothélisme tout entier, avec ses chefs, ses adhérents et ses complices, Sergius, Cynis, Pyrrhus, Honorius '.
L'irritation de l'empereur ne connut alors plus de bornes. Irritailon d«
* ^ . i empereur
Elle se porta à la fois sur l'évêque de Rome, Martin I""", sur Constaoi U.
son intrépide conseiller, Maxime, et sur les principaux inspirateurs de la résistance. Dès avant le concile de Latran, l'exarque Olympios, chargé d'imposer le Type au Pape, ou de se saisir de sa personne, avait misérablement échoué. L'exarque Calliopas fut plus heureux. Il réussit à occuper "^'**' «J^ f'église et le palais du Lalran, s'empara du Pape malade, l'em- Un I». barqua furtivement sur le Tibre, dans la nuit du 18 au 19 octobre 653, le traîna pendant près d'un an, de prison en prison, des rives de la Calabre à Naxos, de Naxos à Constantinople. Condamné, en septembre 654, sur la déposition de faux ^^"'."Ji témoins salariés, comme usurpateur du Saint-Siège, traître à damo* «t d*l'empereur, complice des Sarrasins et blasphémateur de la ^ aonéa». Sainte Vierge, le pape Martin fut déporté en Chersonèse, où, accablé de mauvais traitements, livré à toutes les horreurs du froid et de la faim, il quitta ce monde le 15 décembre 654. L'Eglise l'honore comme un martyr '. Maxime le Confes- Soa «nirtjr*. seur avait subi aussi le martyre pour sa foi. Arrêté avec deux de ses disciples, Anastase le moine et Anastase l'apocrisiaire, il fut successivement dirigé à Bizya, sur la mer Noire, puis sur la forteresse de Perbera, à l'extrémité de y wnpire, puis à Constantinople. On lui arracha la langue, MtrtyM de OQ Im coupa la mam droite, on le promena dans la ville en «t d« «es oomle frappant de verges ; enfin on l'enferma dans une prison située P**»»*»* au pied du Caucase, où il mourut le 13 août de la même annéo. Ses deux disciples subirent les mêmes tourments.
Le sang versé pour la vraie foi porta ses fruits. Les tombes des martyrs devinrent des lieux de pèlerinage. On se rendit en foule en Chersonèse, prier auprès des restes du pape saint
1. Musi, oc, 1157, 1153. Disubcu-Bajihtirt, EncMridian, a" 27î.
2. LU. Pont., t l, p. 338, Mugi, X, 851-«54 ; «I. 971. Miom. P. (}., t CX, 197 Dom Lieuse, La Uartyr$, tom« IV, p. 234 245.
IJO HlSTOir.E GÊNÉHALE DE l' ÉGLISE
Fin de la [et- Marlin. Une émotion de sympalliie pour les victimes parcourut le monde chrclien '. Constant II s'arrêta dans la voie de U persécution. Les caractères les plus déterminés et les plus emjortcs deviennent impuissants devant un mouvement profond Je l'opinion publique. Celle-ci se prononçait pour la cause des mart^Ts, qui était celle du bon sens et de la logique du Pnint dogme. Le pape Eugène *, élu pendant l'exil de saint Mar- 654-657). tm I", put impunément se prononcer poiir la doctnne des ueui «lit Viialici. volontés '. Sous son successeur, \'itauen *, l'empereur se ' *' décida à venir à Rome pour y négocier la paix. Ses intentions
n'étaient pas aussi désintéressées qu'elles le parurent. Terriblement menacé par les Arabes, devenu impopulaire à Constantinople, Constant cherchait à établir le centre de son gouvernement en Italie et redoutait une opposition de la part du Pape. Celui-ci ne crut pas devoir lui refuser les honneurs dus à la majesté impériale. Mais, peu de temps ajjrès, pendant qu'il
M.>pi de c.nnt- était à Sjracuse, Constant II reçut le châtiment de ses crimes et de sa mauvaise foi : il fut assassiné dans son bain par un de
Con>taniio IV ses serviteurs (octoLreCGS';. Son successeur Constantin IV(CG8-
(tioieÎAj. ''^^) entretint de bons rapports avec les papes Adèodat (672-
(>7G) et DoMJs (G7G-G78). Constantin IV, surnommé Pogonat ou
Sei vicioirfg le Barbu, fut un des plus grands empereurs de Byzance. Atlap»rifi(ioe."^ que de toutes parts, obligé de se ballrc contre une de ses 1 ropres armées, qui lui opposa un compclilcur, assiégé jjcndunt plusieurs années par les Arabes dans Constanlinoplf, harcelé par des bandes de Bulgares sur ses frontières, il fit face à tous ces dangers. L'exécution de son compétiteur Miziz, la défaite de la flotte arabe par le feu grégeois, que venait d'inventer, dit-on, le syrien Cailinicos ', la cession aux bandes bulgares de la région qu'on nommera désormais Bul -
1 A la fin dn vin» pifrlo, en 787, une lettre de Gri'goire II k Lfion l'I^anrien, rnii!>tjk(e i|ue Irs pèleiinn(!e!i au looit<cau do painl ^Ja^tin Font toujuun fréquents et ol>lit>iinent des guiiriy'oug luiruculcuM'S Jleatum rt>e ytartinutt tetlntur ciiiiui Cheraoïiit, in 9uai>i relrgatuj fst, et Botphori totusçul lepttntrio et incotœ Meyltntrionis, i,'ui ad monumentum ejut aocurrur» i-t ciirationf» occipitiui Makii, XII, V,2
i. Il était ué eur le mont Avenlio, à Rome, et avait ité clerc depuis aol lafance. cleriout a cunabulù. Lit. Pont., I, 341.