‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 66 sur 278 · Mon, XI. 7oJ · texte numérisé non relu

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l'église dans son centre 1 19

teite que nous avons rapporté '. On doit seulement remarquer, et cela sulfit pour montrer que le dogme de l'infaillibilité pontificale est de ce chef à labri de toute attaque, que nulle part le Pupe ilonorius n'est condamné comme ayant enseigné l'hérésie ex cathedra. L'adhésion solennelle faite par les Pères du Concile à la lettre du Pape Agathon, où il est dit que nul de ses prédécesseurs n'a manqué k son devoir de confirmer ses frères dans la foi, corroborerait, s'il en était besoin, cette inlerprélution '.

Ainsi finit la dernière des grandes hérésies christologiques *.

l. HÉrÉLB, Eht. des Conc, t. IV, p. 176-191.

2 « Vous lîies assis sur la pierre ferme de la foi, disent les Pères eu Irausmettant au pape Agathon les actes du concUe, noua vous laissons le soia de Tuir ce qui reste h faire Nous avons la profession de foi que votre Béatitude a envoyée à noire très pieux empereur ; c'est en nous inspirant rto celle lelti-e, écrile par celai qui est au sommet de la biérarchie apostolique, que nous avons cbaseé l'erreur hérétique et sectaire » (Maksi, Xi, 6i<3). Un fail trcjp peu remarqué, et qui nous parait avoir une très graude iraporlance pour l'éclaircissement de la « question d'Uonorius », c csl que. dans tout le cours de la dispute monolhélite, 1j loi de l'Eglise d Orient, comme de celle d'Uccicent, eu l'indéfcctiliililé de la cUuire de Piene s'affirme aussi fort que jamais Le fléchissement dHouorius ne l'u nullement iruublée ; on ne la sen^ pa» atleinle par la déplorable fuib'es^e du poutife. Ku 043, cinq ans après la mort d'Uonorius. 1 évèque de Cliypro, Sergius. pcrit au pupe ïliéodore : • Vous èles Piètre... destrucleur des hérésies profanes... docteur de la loi orthodoxe et immaculée » (Minsi, X, 913). Trois ans plus tard, les évëques d'Afrique, alors province byzantine, écrivent au même Pape ; « Votre siège apostolique a reçu, par décret divin, la charge d'examiner et de scruier les saints dogmes de l'Eglise » (Maksi, X. 921. 922). En 6i8, Sophrone de Jérusalem conduit au calvaire Etienne de Liora et lui dit : " Jurez moi d'aller tout de suite jusqu'au siège apostolique où sont les fondements de la doctrine orthodoxe» (f. ti-, t. LXX.Ull. col. sut et Boliand , II, tiô et s). On multiplierait facilement les citations. Contentons-nous d'ajouter que les Pères du Concile qui condamua Bonorius disaient à l'empereur dans une adresse : « Le chef suprême des apôtres nous assistait. C'était Pierre qui parlait par Agathou » (.Majsi, XI. ôSbi. A l'issue du Concile, c'est devant le pape Léon 11, que le patriarche .Macaire et ses amis condamnés veulent plaider leur cause (Z,tA Pont., I, 354-3.=jy).

i'ur la question d'Honorius, voir surtout Hirtii, Hist. de» Cono., t. IV, et HïEGKiaoBTHiiR, Hiit. de l'Effl., t. Il, trad. Belet. Le traducteur français d'Héfélé, iabbé llelarc. a «jouté en appendice du t. IV de l'Hist. des Conoiles, toutes les pièces originales qui ont trait à cette question. Ces pièces sont empruntéen h la collection générale des Conciles de Mansi. Voir aussi Wiii et Lot, Lu cause d'Uonorius, documents originaux avec traduction, Paris, ISiU, in-4«. Pour la liltéralnre complète de cette question qui a donné lieu h un trè» grand nombre de publications à l'époque du Concile du Valican, voir Ulyss» CubïALiER, Répertoire de* sou>ces historiques du Moyen Age, Bibliographie, y Uonorius.

3. Quelques anonolhélites insoumis se réfugièrent dans les montagnes du Liban. Ces monothélites sont-ils les ancêtres des Maronites 1 Les témoignages de saint Germain de Constantinople et du patriarche nestorien Timutliés •u t:;i« liilcle (l'. G., XCVIH, 82. J. LiBocar, De Timotheo I iialriarcha.

120 HlâTUlIlE Gh'MLllALE UE l'lGLISR

L'OrienI, où dlaient nées la plupart d'entre elles, avait vu 6ii?};er tous les grands conciles qui lus condamnèrent. Les patriarclies de Byzance, en s élevant contre l'orthodoxie catlialique, n'avaient fait que grandir l'autorité spirituelle des évoques de Home. Nous allons voir les emjiercurs, ens'atlaquantà leur pcrsinne et à leur territoire, manifester aux jeux de tous et roil'cnnir plus quo j^iniuls leur pui.-.jaace IciniJuiolle.

JaBunioB n. En passant des mains de Constantin IV à celles de Justii.'en 11, le pouvoir inipéiial avait fait une cLulc profonde. Jus- (;nicn^ll fut un empereur détestable. Présouiptueux ctmaliia- Mle, il passa les dix années de son règne à rêver les plus gipantesques entreprises et ù subir les plus relcntissaiils revers. Les plus humiliantes de ses méhaventures lui \ lurent de sa j'olitique religieuse. Infatué du tilre de Souverain Poulife, que SCS canonistes olliciels prétendaient justilicr en alléguant qu'il avait légalement appartenu à ses prédécesseurs païens, Justiulcn II prit au sérieux, et même au tragique, ces noms de « docteur de la foi orthodoxe », d' <. arbitre du ciel et de la terre », que lui prodiguait la llagornorie de ses courtisans. On le vit ressusciter, pour défendre la foi orthodoxe, les sanglants édits que les empereurs païens avaient jadis portés contre les c'.irétiens, soumettre à la question et punir de la peine du bûcher les manichéens conformément aux lois de l'empereur î ioclétien '. Le zèle intempestif du monarque oriental ne se

Tirli, 1904, p. 18), de Théodore Aiioukiira au «• siècle et dTCutychlu» d'Alexandrie BU X" eiècltf (P. G . f.XI. I07!<, lOyi, lo'jr., Ui9G, clc.j la»iiuicnl. Mois I i vaillanlo nution niaronile, si jaluuée de la pureté de sa fui calliuliqiie. si I.iïre d'avoir défemlu la clirctii'iité cmitre les Sarrasiai avec un coiinift liiilomijliilile, Si! difond d'avoir uue |iarcille asci-ndaiice. El de (ait des >aviiM:i lomiiie i'uubla .NiiRon, Ùnteilutiu de o. 117111 « MuiunUnrujn, biniuii Astiu^m, {liibli'A.'iia OtitntAit, t 11), W'oLima ,11. st. eccUt..l. Il, p. <.5 oni rontctU les concinsluiis que l'on tire des ancien!' nuleurs La llièse qui rnit dc.iepr.dra la nslioii maronite d'hérétique« monol!<>'l'< s a éli^ soutenue n'ceinuieul par ti* P. PAiiuonii L'I'.glist i/i/cantiiie. p. l'"J el liai le I'. \V iiLoi (/-.cAoj d'Orient, 19<)H. p. 2J7 et «., 34* et s.), qui Invoque suinl Jean Iiaïuiiseène, /'. O , XtJIV, 143. V.'ùe a ité combattue par Mgr bcbd, archevêque oiuronilo de licyruulh (fic/io.» d'Orient, l. V, p 285).

1. PiTnuR SiccLos, llijtoria Manicftrorum, t. tî, M10.11. /'. <!., t. tilV, col 1S8I i.>Si2.

l'lclise dans so:< cektf.e ^-*

contenta pas de défendre par le Tô; et le feu les dogmes existants, il prétendit les compléter. Pour parachever rœuvre des \ " et VI« conciles œcuméniques, qu'il trouvait insuilisanle, Justinica convoqua, de sa propre autorité, un nouveau concile général, que l'on appela, de sa prétention à continuer le V* et le ^ P concile, le Concile Quiuisexte (quini-sextum) ou penlhecte {-v- j^ coocil» ekxxT)). On le nomme aussi Concilium trullense, ou concile in Q-nunexui. Trullo, du nom du palais impérial où il se tint. Les latins lui donnèrent, dès le début, le sobriquet de Sijnodus crratica, synode erratique, pour indiquer qu'il ne pouvait prétendre à prendre rang dans la série des conciles et synodes légitimes de 1 Eglise. Des cent deux canons de ce pseudo-concile, plusieurs trahissaient la prétention, non-seulement d'accentuer certains usages propres à l'Eglise orientale, mais encore de les imposer à l'Eglise universelle. Telles étaient les prescriptions relatives au mariage des prêtres et des diacres (canon XIII et siiivants', au jeûne du carême (canon LV), à l'abstinence du sang des animaux (canon LXVII). Le canon XXXVI semblait mettre sur le même rang le siège de Constantinople et celui de « l'ancienne Rome ». Mais ce qui révoltait surtout la conscience chrétienne, c'était la prétention de faire accepter la règle byzantine sous les peines les plus sévères. « Excommunication pour les laïques romains qui se permettraient de jeûner les samedis de carême ; destitution pour leurs clercs qui se mettraient dans le même cas. Déposition encore pour les prêtres et diacres qui refuseraient de cohabiter avec leurs femmes et pour ceux qui le leur interdiraient. Dans ces deux cas, la menace de déposition s'étend évidemment au Pape comme aux autres et même plus qu'aux autres. S'il ne se hâte pas de sacrifier aux prescriptions byzantines les antiques usages de l'Eglise romaine, on le dépossédera de son siège et de sa dignité sacerdotale '. » On ilait en G'J2. Le Saint-Siège était occupé depuis cinq ans par le pape Sergius I". Après les pontificats très courts de Léon II i682-683), de Benoit 11 (68i-68o), de Jean V (68S-686) et de CoNOX (G86-687), qui avaient duré chacun un an à peine, entrecoupés d'interrègnes pleins de troubles, Sergius avait été élu au g^i^j p»r«M tûilieu de scènes tumultueuses. Mais des deux compéLileuis que (**'-7uiJ.

Aocaz^n, Eglises séparées, p. 211.

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les factions populaires lui avaient opposés, l'un, l'archiprêtre Théodore, s'était soumis, l'autre, l'archidiacre Pascal, esprit remuant et irréductible, enfermé dans un monastère à la suite d'intrigues auxquelles se mêlaient, disait-on, de louches pratiques de sorcellerie, venait de mourir impénitent '. Scrgius était de la race des grands Papes. La popularité qui l'avait soutenu dès Je début contre les prétentions des deux antipapes, s était accrue de la déconsidération dans laquelle ceux-a étaient tombés. Il se sentait fort de cette estime générale. Les Romains, qui l'avaient vu, à la Schola cantorum, gravir tous les degrés de la hiérarchie ecclésiastique ', puis, une fois prêtre du titre de Sainte-Suzanne, se consacrer avec zèle à la desservance régulière des cimetières romains ', le connaissaient et l'appréciaient de longue date. D'ailleurs le pouvoir de la Papauté, même sous les courts pontificats, si peu propres aux grandes entreprises, de ses derniers prédécesseurs, n'avait pas cessé de s'accroître par la force des événements. La milice impériale de Rome, l'exercitus romanus, que les empereurs avaient pris l'habitude de ne plus payer ', était devenue tout à fait indigène, presque sans attache avec Constantinople. La troupe impériale de Ravenne elle-même, en présence du discrédit croissant de l'exarque, suivait le mouvement de l'opinion publique, se détachait de l'empire et s'attachait à Rome. Dans toute la péninsule, en eiïet, et au delà, « les peuples, dit H. Charles Diehl, cherchaient auprès de l'Eglise l'appui dont ils avaient besoin. Contre les vexations des gouverneurs ou iïontre les attaques des Lumbai'ds, ils ne connaissaient pas d« plus sûrs ùéfeubturs que leurs évoques, et, parmi eux, que le |joutife romain. Aussi, de tout l'Orient byzantin, des villes d'Italie, des lies de la Méditerranée, de l'Afrique même, Ie$ populations suilicilaient la jirolcctiou de l'évêque de Rome... Entre les rc^nésentauts de lenipeicur et le Pape, leur choix

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