‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 75 sur 278 · Dial., II · texte numérisé non relu

Dial., II

Uiet. géD. d« l'E^lii*. V

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les Francs et les Bretons ; dans la Grande-Bretagne, les Bretons et les Anglo-Saxons ; vers la mer du Nord, les Frisons et les Saxons ; entre la V'istule et l'Elbe, les Slaves '. Erreur du D'où venaient ces peuples ? L'antitjuité gréco-romaine l'avait rùm'am '«u" le toujours ignoré. Les Grecs s'étaient longtemps imaginé que la uionjs bar- monde finissait au Danube. Au delù, c'était l'ilyperborée, la région polaire, peuplée de ténèbres et de fantômes ; et le plus savant d'entre eux, Hérodote, n'était guère fixé sur le cours de ce Danube, dont il plaçait la source dans les PjTénées. Les Romains, au moins ceux de l'époque de Tacite, soupçonnèrent bien qu'autour d'eux se mouvait tout un monde inconnu. Dans une première zone de cette terra ignola, ils ne connaissaieD^ que trop les Germains, ces guerriers à la taille de géant, aux yeux bleus, qu'ils avaient vu se battre demi-nus dans les batailles et braver la mort. Avec ceux-là, depuis l'époque de Marius, il avait fallu compter. Mais celte race ne devait former, croyait-on, qu'une sorte de cordon autour du monde romain. Par delà était ce pays de l'ambre jaune dont parle Tacite, le pays des Chauques ; puis, plus au nord, la région mystérieuse où les hommes avaient des pieds de cheval et des oreilles si longues qu'elles retombaient en couvrant le corps entier '. Troin Kwes de Telles étaient les illusions. En réalité, il y avait, autour du barbares, monde romain, trois zones de barbares, occupées par trois races différentes : les Germains, les Slaves et les Mongols. Premièreione: La première zone, la Germanie, comprenait la région qui 1» Germain., g'^tend entre le Danube, le Rhin, la mer du Nord et la Vistule. C'était la patrie de ces soldats vigoureux qui avaient fait reculer les légions. Une migration de ces hommes était allé» peupler la Scandinavie. Us en débordèrent plus tard, améliorés, transformés, semble-t-il, par celte vie de pêcheurs côtiers, qui modiGa leurs institutions familiales et politiques, en mêma temps qu'elle endurcit leur constitution physique '. Les Romains ne furent jamais en contact avec la branche scandina\»* de la race Germaine. C'est là qu'ils placèrent les hommes aux pieds de cheval et aux oreilles énormes.

1. Ch. MdiLti», Bistoire du iJoyen-Age, p. 7* et IuIt. Scibâdcb, Allât hittortque, cart« n' 15, notice de .M l'aul Giitrainl.

2. 0. KoirrH, Les orighin de la civilimlii^ii mo'Itme, t. I, p. 61.

3. H. de Ton«»iLLi, Uismire de ta furmctioii parUcularUtt. Origine dei princiiialei naiioru modernes, un »oJ in-8*, Paris, Didot, 1905.

l'église chez les peuples BARBAULî. 131

La deuxième zone, à l'est et au nord de la Germanie, était Deaiièmt le pays des Slaves. C'était des peuplades instables, toujours Slave», mouvantes, toujours en guerre ou en incursions. Elles occupaient la région qui s'étend de la Vistule au Don.

La troisième zone, toujours plus à l'est, comprenait les Mon- .one°VesMoik gols, les Huns, les Avars, les Magyars, les Turcs, etc. Plus gol». sauvages encore, plus nomades, plus cruels, on les avait vus plus d'une fois, sur leurs chevaux rapides, apparaître aux frontières méridionales de l'Europe. Ils s'enfonceront, comme un coin vivant, au milieu des races germaines et slaves, en Hongrie, et, jusqu'à nos jours, y demeureront une cause de trouble et d'instabilité. Leur pays d'origine était à l'est de l'Oural et s'étendait jusqu'aux monts Altaï, dans l'Asie centrale.

Les Germains et les Slaves appartenaient à la race que les etlmographes modernes appellent- indo-européenne ou aryenne ; les Mongols, et les autres peuples au teint jaunâtre qui les avoisinaient, à une race spéciale généralement dénommée race ouralo-altaïque.

L'Eglise atteindra successivement chacun de ces peuples. Vue d'ensem- Remontant, en quelque sorte, le cours des grandes migrations, Terrion dea " elle convertira, à la fin du v° siècle, les Francs ; cent ans plus barbares, tard les Anglo-Saxons : puis au cours du vin^ siècle les Alamans ,les Bavarois, les Thuringiens et les Saxons ; enfin pendant la première moitié du ix'^ siècle les peuples de la Scandinavie. Toutes les principales nations de race germaine seront dès lors conquises à l'Evangile. Pendant la seconde moitié du ix^ siècle, le christianisme sera prêché aux Slaves de Moravie et passera de là aux Slaves de Pologne, ensuite, vers la fin du x° siècle, aux Slaves de Russie. Restera la race ouralo-altaïque. Le groupe de Hongrie recevra la foi chrétienne pendant les x° et xi" siècles ; mais les groupes d'Asie ne seront sérieusement ébranlés qu'au xm* siècle par les missions des Dominicains et des Franciscains, et surtout au xxï" siècle par les prédications de saint François Xavier et de ses disciples '.

Nous a'avons à nous occuper présentement que da U con-

1. Sons n'avons pas à parler ici de la race celtique. Son inQuenca n'a pai moiQ3 grande, daos la formation de l'Europe et de la Chrétienté, que celle races germanique et slave. Mais les Celtes étaient mêlés aux mond ain depuis longtemps, ils avaient été atteints depuis longtemps par la p:é .

lo2 HISTOIRE GÉNÉRALE DE L'ÉGLISE

Tersion des peuples de race germanique, en particulier de ceux qui ont formé depuis la France, l'Angleterre, l'Allemagne et les élats de la Scandinavie.

M»nr« de« Cette race, qvd venait d'Asie, mais qui avait séjov.né sui le GeriDsin. liUoial de la Baltique et de la mer du Nord, où le Grec Pylhéas de Marseille lavait rencontrée ', révèle dans l'ensemble de ses institutions une homogénéité originale et puissante '. Il importe, pour l'intelligence des institutions ecclésiastiques du Moyen Age, d'en dire un mot. Telle coutume, qu'on veut attribuer à la tradition chrétienne, n'est souvent que le reste d'un vieil usage germanique.

La religioc A ne la considérer que dans son objet, la religion des Gerim eeriualn». ,^j^jjjg apparaît comme une grande poésie, qui a déifié les forces de la nature. Le Germain n'a ni temple ni idole, mais il adore le Soleil, la Lune, le Feu, la Foudre, les grands Arbres des forêts, et, par-dessus tout, une Puissance infinie, qui plane au-dessus de toutes les autres, qui est peut-être le Gel, et qu'il appelle Wodan ou Odin '.

La religion du Germain n'est pourtant pas un pur rêve de poète ni ime pure abstraction de philosophe, comme pouvait l'être, à cette époque, après la critique d'Evhémère, la religion du Romain. C'est une foi et un culte qui pénètrent sa vie privée comme sa vie publique. Le fidèle d'Odin n'entreprend rien d'important sans avoir consulté ses dieux *. Les assemblées publiques de Germanie se tiennent dans des lieux sacrés. Le prêtre d'Odin a des pouvoirs très étendus, non pas seule

dicntion de l'Evangile. Le monde antique et l'Eglise les connaissaient déjà. Ch n'était pas un peuple nouveau.

C'est pour la même raison que nous n'avons pal tait entrer dans notr* tableau les peuples de race sémitique.

1. LsLtwu., Pylhéas de Marseille et la géographie de ton tempe. DnixcUes, 1?36.

2. Les Germains appartenaient k la grande famille Indo-eoropéenne. Ce nom de frtres, l^erma'.i) leur fut donné, suivant Tacite, lorsque leurs premières trilius Imnr.liiri'nt le Kliin. au seronil siècle avant notre ère, par lafl habitants de la Uatilc Belgique ('t'ACiTi, Gfrm. II).

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