TâC, Oerm
ment de liturgie et de discipline religieuse, mais d'administration civile, de police judiciaire et de juridiction criminelle '. Lenri inslil»
Une différence plus profonde se rencontre entre le Romain «•'ont pnl^ et le Germain, si l'on considère leurs institutions politiques et eitie». sociales. Ainsi que l'a dit Chateaubriand, après Bossuet, « l'indépendance était tout le fond de ces barbares, comme la patrie était tout le fond d'un Romain * ». Toute autorité politique, hors celle de l'Etat, est prohibée par le droit de ^ome ; le Germain n'a, pour ainsi dire, pas de pouvoir pujlic. Les hommes libres de Germanie se groupent en de petites con.munautés solidaires et, en quelque sorte, concentriques. Z'est la famille, c'est le voisinage, c'est l'intérêt commun ou le libre choix qui les forment. Ces confédérations sont de vraies puissances. Elles font profiter leurs membres des biens en déshérence ; une sorte de haut domaine de la collectivité empêche chaque individu d'aliéner son bien sans le consentement de ses confédérés '. En revanche, si l'un d'eux est lésé, — tous devront se lever pour le défendre '.
Ces libres confédérations n'absorbent pas, on le voit, les droits individuels. La communauté n'est pas une personne civile : elle ne possède pas, en tant que telle ; elle n'est instituée que pour garantir les droits de l'individu. Une discussion s'élève-t-elle entre Germains ? Le procès se résoudra da la manière suivante. Chacun des plaideurs jurera qu'il a agi en honnête homme, et il amènera le plus grand nombre pos- •ible de ses amis, qui jureront que son action est bien celle d'im homme d'honneur. L'assemblée jugera, en pesant le nombre et la valeur de ces témoignages. Si la question ne peut se résoudre parce moyen pacifique, il y aura combat singulier '. De bonne heure cependant, on admit la composition pécuniaire ou wergheld '. Les procès criminels se résoudront
1. Neque animadrertere, neque rincire, ne verberare quidem nUi taeer^ iolibus permixsum. TiCiii, Germ., 7.
2. CHiiEAnBRiiHD, Etudes historiques, étude VI, 1™ partie, Œuvres, édii de 1856, t. X. p 315.