Histoire générale de Latibsi et RtuiAUD, t. I, p
2. Les mêmes auteurs qui ont accusé l'épiscopat des Gaules d'avoir négocié par pure politique le mariage de Clovis avec la lille dn roi des Burgondes, n'ont vu dans ces premières démarches que les préliminaires d'une lactique plus perfiile, ayant pour but de soumettre il Clovis. roi c.ilholique, les royaumes ariens des Burgondes et des Vii>igolh3. l^n conséquence de ce dessein, ces évfqucs. cl en particulier saint Avit, auraient favorisé la conquête de leur pays par le roi de Krance Le caractère des évéques des Gauler et tout spécialement relui de saint Avit proteste contre cette accusation. « Qui ne voit, dit M. Kurlh. ce qu'aurait perdu l'archevêque de Vienne à passer sous le jnug des l'rancs, restés aux trois quarts païens, lui qui était l'ami de ■es souverain'i ei ipii voyait les Burgondes, conquis par l'exemple de leur prince royal, revenir rl.nque jour plus nomlircux k sa fol? {Clovis, p. 36S). L'abbé Goriui dans ses l-.iudes pour la détente de l'Eglise, t. I, p. 256-376, • réfuté par des textes les auertiuus d'Augustin Thierry k ce sujet.
L'ÊniISE CHEZ LES PEUPLES BARBARES 145
c'est-à-dire d'un état permanent de violences individuelles, de superstitions religieuses et d'instabilité sociale. Ces désordres Per«IiUnc« ne disparaîtraient vraisemblement qu'à la faveur de solides ins- barbare», titutions politiques. D'autre part celles-ci ne deviendraient possibles et acceptables que par une réforme profonde des individus. La nécessité de cette double tâche simultanée du progrès social ne fut jamais plus évidente qu'au lendemain de la jonversion des barbares. Réprimer les instincts brutaux et les tendances dissolvantes par une lutte de chaque jour, en prévenir le retour par l'établissement de bonnes coutumes et de sages institutions : ce fut la mission de l'Eglise. Après l'œuvre de l'évangélisalion, l'œuvre de la civilisation chrétienne s'ira-posait.
Le récit des meurtres qui ensanglantèrent les dernières années de Clo-vis, les scènes de violence rpi bouleversèrent les règnes de ses successeurs, présentent sans doute, dans VHisfoire des Francs de saint Grégoire de Tours, les car».ctère» de légendes dramatisées par l'imagination populaire (1) ; il n'est point sûr, d'ailleurs, que les crimes attribués à Clovis, s'ils sont réels, soient antérieurs à son baptême. Toutefois les pénalités édictées par la Loi salique révèlent un peuple violent et brutal, où les attaques par bandes contre les personnes et les biens sont fréquentes, où l'on vole les moissons, les animaux, les esclaves, les tiommes libres eux-mêmes. Mais ce qui n'est pas moins inconte.'-^able, c'est que toutes les fois qu'un barbare, fut-il le roi h même ou la reine, commettait un de ces crimes, il jj^tion ei»ili. «'expwait à voir se dresser devant lui la fisrure courroucée '"'•"'^f. •*« *'*^ d'un représentant de l'Eglise. « Un jour, raconte la chronique de Frédégaire, il arriva que saint Colomban se rendit auprès de Brunehaût. La reine, l'ayant vu venir dans la cour, lui amena les enfants que son petit-fils Thierry avait eus de ses désordres. Le saint demanda ce qu'ils voulaient. Brunehaût lui stmi Cotomdit : « Ce sont les fils du roi, donne leur la faveur de ta bénédic-'""' î^ ^.' "*"•" tion ». Colomban répondit : « Sachez qu'ils ne porteront jamais le sceptre royal, car ils sortent d'un mauvais lieu. • Elle, furieuse, ordonna aux enfants de se retirer, et se prépara à tendre au saint des embûches *. » Le chroniqueur ajoute que