KusÈBE, //. /i., I. III, cil. II el ixm
k. Ilnd., I. IV, cl.. V.
LA PREMIERE EXPANSION
pauvres « les élus de Dieu, les riches de foi, les héritiers du royaume * ». Mais ces admirables chrétiens ne paraissaient pas devoir essaimer autour d'eux. Pieux et austères, attachés au Christ de toute leur âme, mais pas assez détachés encore du passé d'Israël, ils restèrent presque totalement en dehors du grand mouvement qui allait régénérer le monde en l'afiFranchissant de la loi.
Malgré les apparences, la situation n'était guère meilleure à Rome. A bien des égards, les deux premiers empereurs Flaviens, Vespasien et Titus, avaient mérité l'éloge dont saint Augustin se fit plus tard l'écho en les appelant « les plus aimables des Césars ^ » . Les sympathies qu'ils accordèrent aux Juifs s'étendirent aux chrétiens^. Mais ni l'un ni l'autre n'abolit ce principe de droit public qui, reconnaissant dans le christianisme une opposition à la civilisation romaine, avait servi de base à la persécution néronienne. « Tout fut aboli des institutions de Néron, dit Tertullien, sauf son édit de persécution *. »
Les débuts du troisième empereur de la famille des Flaviens, Domitien, donnèrent aux chrétiens des espérances non moins grandes, mais suscitèrent en même temps des suspicions terribles. Tandis que les hommes de lettres, comblés d'honneurs par le nouvel empereur *, lui prodiguaient leurs éloges ^, la rumeur publique l'accusait de la mort de son frère Titus '', et quelques esprits perspicaces se demandaient si ses vertus n'étaient pas des vertus de parade. Les deux dernières années du règne de Domitien devaient réaliser les plus sinistres prévisions.
Situation
du chrislia-
nisme à Roma.
Domitien