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En attendant, l'Eglise chrétienne profita de la large tolérance que lui accorda l'empereur. La foi pénétra dans les rangs de la plus haute société de Rome, et fut pratiquée ouvertement, en toute sécurité. Nous en trouvons le témoignage dans l'aspect des cimetières contemporains des Flaviens. Ils sont tous à fleur de terre; leurs entrées ne sont jamais dissimulées; elles s'ouvrent sur la campagne, le long des voies publiques, et quelquefois étalent aux regards des la(;ades monumentales. « Quelques-uns de ces lieux de sépulture, creusés avec un soin magnifique et presque royal, sont ornés de tous les rafîiuemenls de l'art ^. » Parmi les cimetières de cette époque, on remarque, sur la voie salaiienne, la catacombe de Piiscille, appartenant à la noble lignée des Pudens ; sur la route d'Ostie, le cimetière de Lucine, laquelle n'est autre probablement que la célèbre patricienne Pomponia Grœcina, et près de la porte ardéatine, le grand domaine funéraire des Flaviens, appartenant à la propre petite-fille de Yespasien, Flavia Domitilla^,
Or, les trois papes qui présidèrent, pendant cette période, aux destinées de l'Eglise de Rome appartenaient aux conditions les plus basses du peuple. Le premier, Linus ou Lin, était, croit-on, un ancien esclave. G'eJt, du moins, ce que certains historiens ont cru pouvoir conclure de son nom même 2. Le premier successeur de saint Pierre parait avoir appartenu, en toute hypothèse, à une classe très humble. On sait fort peu de chose de son pontificat. Saint Epiphane, qui
I. J -B. DE Rossi, I-iscr. christ., Urb. Romœ, p. 2. On a divisé l'histoire des catacombes en quatre périodes. Pendant la première période, qui comprend les deux premiers siècles, les catacombes sont des tombeaux de famille, protégés par le droit privé et reconnus comme loca sacra, loca religiosa. IjCS propriétaires de ces tombeaux, ou plutôt de ces cimetières privés, parfois très vastes, et comprenant jardins et maisons, avec salles à manger pour les festins funéraires, pouvaient y recevoir les corps de leurs clients. Les chrétiens riches y admirent les corps des chrétiens pauvres, et on y célébra, au lieu de banquets funéraires, des réunions liturgiques Pendant le iii^ siècle, l'Eglise, profitant de la loi romaine sur les associations, fonda des cimetières communs. Ce fut la seconde période. Pendant la troisième période, qui va de Constantin à Alaric (3i3-4io), on n'établit plus de cimetières qu'à la surface du sol; les catacombes restèrent cependant toujours un lieu de pèlerinage et beaucoup de chrétiens tinrent à reposer après leur mortauprès des restes vénérés de leurs prédécesseurs. C'est la période des grandes inscriplions, dont beaucoup sont dues au pape Damase. Enfin, à partir do 4io, les catacombes cessent d'être des lieux de sépulture, on n'y fait plus d'inscriptions sur les tombeaux, elles continuent néanmoins à être visitées pendant plusieurs siècles. C'est la quatrième période de leur histoire. Cf. M.inuccm, Eh'ments d'arch. chr<!t., t. I, p. Ii3-