‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 124 sur 413 · Beurlier, le Culte impérial, Paris, 1891, p · texte numérisé non relu

Beurlier, le Culte impérial, Paris, 1891, p

a. E. Bréhier. les Idi'es philosophiques et religieuses de Philon d'Alexandrie, Paris, 1908, p. 3ii-3i8. Cf. Lovis, Philon le Juif , Paris, Bloud, 1911. Le P. J. Lebre- TON {les Théories du Logos au début de l ère chrétienne. Eludes, 1. CM, 1906, et les Origines de la Trinité), a monlré que la doctrine de Philon est fondamentalement une doctrine juive, altérée et déviée, non pas une doctrine empruntée aux païens, comme on l'a parfois prétendu. Le Logos, pour Philon, c'est « le monde des idées du Dieu personnel selon Moïse ». L'origine de cette conception se rattache à la littérature sapientielle de l'Ancien Testament. « En Palcsliiie, comme en Egyplo, on méditait ces pages inspirées, notamment Baruch, m, io-38; Job, xxviii ; el plus encore Prov., i-ix, i, 18; Eccli., xxiv, 5-47; ^'^P ■, ^"' i*^ • *• '7- A considérer l'opération extérieure de cette Sagesse, on la trouve assez semblable soit au Logos .stoïcien, soit à l'Hermès populaire d'Egypte, soit aux Anicshas Spcntas de Perse, soit au Logos philonien. Mais au matérialisme panthéiste du Portique, aux fantaisies mythologiques de l'Egypte et de la Perse, produit iiuléHnissable de Ih spéculation alexandrine, l'Ecriture opposait la ferme notion de la Sagesse hypostatique, en qui Israël adorait le seul vrai Dieu. A quelle profondeur cette notion avait pénétré la conscience du peuple élu, les apocryplics contemporains en rendent témoignage, comme les livres de la Bible. » A d'Alès, Etudes, I. CWXI, 191a, p. 90.

'6. E. Bhéhier. ibid.

LA PREMIEUE EXPANSION

des rêveries vagues et dissolvantes ; mais ou pouvait aussi espérer que, sagement réglée, elle deviendrait, par son esprit largement ouvert, un puissant instrument de propagande chrétienne. De fait, Alexandrie fut abordée dès la première heure par les missionnaires de l'Evangile. D'après Eusèbe, la première communauté chrétienne y aurait été établie par saint Marc^. Il est probable que les Alexandrins et les Cyrénéens présents à la Pentecôte l'y avaient devancé. Les Actes nous apprennent qu'un des plus éloquents prédicateurs de la Bonne jNouvelle, Apollon, âme ardente et esprit puissant dans la science des Ecritures, était d'Alexandrie. Les Juifs alexandrins sont cités parmi les adversaires d'Etienne^. On verra bientôt, à côté des brillants apologistes de l'école de Clément d'Alexandrie, les sectes gnostiques y pulluler. Tout, erreur et vérité, s'y manifestera d'une manière puissante, vivante, débordante de vie et d'éclat.

La culture alexandrine n'avait pas seulement exercé son action dans la province romaine d'Egypte ; elle avait pénétré dans la province romaine d'Asie, dont Ephèse était la capitale. Cette dernière région ne se bornait pas à l'Ionie proprement dite, c'est-à-dire aux trois bassins du Méandre, du Caystre et de l'Hermus ; elle comprenait la Mysie jusqu'au mont Olympe, la Lydie, la Carie et une portion de la Phrygie ^. L'apôtre des Gentils y avait dépensé l'ardeur de son zèle et saint Pierre était venu y confirmer la foi des néophylcs conquis par saint Paul. Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée, comme Ephèse, gardaient fidèlement le souvenir de leur grand fondateur ; mais d'étranges rêves mystiques, germes des hérésies gnostiques et judaïsantes qui allaient bientôt s'affirmer avec force, menaçaient d'y corrompre la pureté de la foi. Rien n'avait été plus opportun que l'arrivée en ces pays du « disciple que Jésus aimait ». Paul leur avait donné, en discutant contre les docteurs d'une loi asservissante, la théorie d'une grâce libératrice. Jean venait leur parler, en témoin authentique, de ce « Verbe de vie, qu'il avait vu de ses yeux et touché de ses mains* ». Ces ardentes populations de l'Asie, après avoir été conquises par la dialectique enflammée de Paul, allaient nourrir leurs âmes de la parole plus tendre et plus mystique de Jean. Non point certes que « l'apôtre de

Origines

chrétiennes

d'Alexandrie.

La culture

alexandrine

pénètre

dans

la province

romaine

d'Asie.

Germes d'hérésie à Ephèse.

Opportunité

de

l'arrivée

de saint Jean.

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