Eusèbe, H. E., 1. V, ch. xi, n
(le son témoignage.
l4^ HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGUSE
doaua beaucoup de peine pour réunir les IradiLions orales relatives à la vie et aux paroles du Sauveur ; il visita plusieurs Eglises à cec effet, et résuma ce qu'il apprit en cinq livres inlilulcs : Exéfjèses des paroles du Seigneur. Les fragments qui nous ont été conservés de ce livre sont des plus précieux pour l'histoire des origines chrétiennes *. La valeur Mais, consciencieux dans ses relations, Papias paraît avoir manqué de tact et de discernement dans l'interprétation de la doctrine. « Il comprit mal les récits des apôtres, ditEusèbe, et ne vit pas qu'ils se servaient (parfois) de figures et s'exprimaient dans un langage symbolique^. » C'est ainsi que son travail, entrepris pour conserver les traditions les plus authentiques, servit plus tard aux millénaristes, qui invoquèrent son autorité en faveur de leurs rêveries.
Nous avons vu que parmi les « disciples du Seigneur » qu'il avait vus et consultés, l'évêque d'Hiérapolis citait encore « André, Pierre, Thomas, Jacques et Matthieu 3 ». Ces apôtres ont pu ne venir qu'en passant visiter leurs frères d'Asie. En somme, les deux chefs dont l'Orient se glorifia furent Jean et Philippe, a Deux grands astres, écrit Polycrate, évêque d'Ephèse, se sont couchés en Asie, qui se Saint Jean, lèveront au dernier jour : Philippe, l'un des Douze, qui repose à '^^^^ Iliéropolis, et Jean l'apôtre, qui a dormi sur la poitrine du Sauveur;
ie la province et qui, martyr et docteur, a son tombeau à Ephèse*. » Le vrai chet d'Asie. jgg Eglises d'Asie fut Jean l'apôtre. Nous en verrons bientôt la preuve dans la Lettre aux sept Eglises. Quand saint Jean arriva en Asie, les Eglises que saint Paul avait fondées étaient en voie de prendre la forme définitive généralement adoptée plus tard ; elles abandonnaient, l'une après l'autre, ce collège d'Anciens qui les avait gouvernées, sous la direction d'un évoque résident ou sous celle d'un apôtre, pour se placer sous l'autorité d'un évêque. Sans s'attacher particulièrement à aucun siège, Jean exerça sur tous cette juridiction universelle dévolue par le Sauveur à ses apôtres et qui ne devait s'éteindre qu'avec le dernier d'entre eux.
I. ils ont été publiés par Hahnack, Palt-um apostoUcorum opéra, Leipzig, 189a, et par FuNit, Patres aposlolici, Tubinguc, 1901. Les Ex<'(j^ses Je Papias existaient encore au xiii^ siècle. On en trouve mention dans un catalogue de la cathédrale de Nîmes remontant à cette époque.
3. EtsÈBE, I. III, ch. xxxiv, n. la. Aussi Ëusèbe l'appelle- t-il ua homme « d'esprit médiocre ». Ibid., n. i3.