Ibid., 1. m, ch. Txxi, n
L\ PREMIERE EXPANSIOI*
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Vers l'an gb, le paternel gouvernement de Jean fut subitement troublé par la violente persécution de Domitien. Voici quel en fut le point de départ. Les étonnantes profusions du dernier des douze Césars avaient ruiné le trésor public. On ne pouvait songer à en combler le vide par une augmentation des impôts fonciers ou des contributions indirectes, qui pesaient déjà d'un poi&s très lourd sur le commerce de Rome. L'empereur se rappela l'impôt que, depuis 70, les Juifs d'origine payaient à leur vainqueur ; il l'étendit à tous ceux qui « vivaient de la vie judaïque ^ ». La formule était vague ; elle ouvrait la voie aux plus odieuses inquisitions. En toute hypothèse, elle atteignait les chrétiens, et peut-être les visait-elle principalement. Par la troupe innombrable de ses délateurs officiels ^, Domitien avait pu connaître les progrès accomplis par la religion nouvelle parmi les grandes familles de Rome. On sait que les biens des condamnés à mort et des proscrits allaient à l'empereur.
Beaucoup de chrétiens refusèrent de se laisser confondre avec les Juifs. La séparation des deux religions était alors, nous le savons, un fait accompli. Payer la taxe juive leur parut un mensonge, bien plus, une sorte d'abjuration. L'empereur s'irrita. Quels étaient ces hommes qui, étrangers aux cultes oJBficiellement admis à Rome, et « vivant à la juive », répudiaient ainsi la religion du peuple juif? On leur jeta à la face les noms de novateurs et d'athées.
Les recherches inquisitoriales redoublèrent. La fureur c'e Domitien fut à son comble, quand un de ses délateurs lui signala, parmi les judaïsants et les athées, son propre cousin germain, Flavius Clemens, le père de deux enfants qu'il destinait à l'empire. Flavius Clemens, consul de cette année gS, était fils du frère aîné de Vespasien, Flavius Sabinus, qui, préfet de Rome, au temps de Néron, et témoin, en 64, du massacre des chrétiens, en avait gardé, paraît-il, une impression douloureuse et profonde. Tacite raconte que « dans ses dernières années », on remarquait « sa douceur, sa modération,